‹ Le musée d'artChapitre 14 sur 311 · UN HO M A ! N · texte numérisé non relu

UN HO M A ! N

Musée du Vntican, Rome* JUPITER

Musio ilo N.iplc

P O M P (■: B Phnt. Alinari, Brngt, Gtraudon

L'ART GREC

'art grec doit beaucoup à l'Orient; et cependant, quand on passe d'Orient en Grèce, on croit entrer dans un monde nouveau, le monde des belles formes, de l'harmonie, de la lumière et de la libel le La Grèce n'a imité d'abord que pour mieux dégager son originalité; elle a su respecter la tradition sans s'y asservir. Son art n'a plus rien de hiératique ni de conventionnel ; malgré ses origines religieuses, e| bien qu'il soit resté longtemps au service presque exclusif de la religion, il s'esl vile affranchi de toute contrainte extérieure pour se créer un domaine propre, relui du beau. Sans brusque secousse, suivant les lois d'une évolution naturelle cl logique, il s'est renouvelé d'âge en âge, cherchanl loujours à réaliser une plus grande somme de vérité. Aux temps de sa splendeur, il a visé un idéal, mais sans y sacrifier la vie; car son idéal n'était qu'une vérité plus haute, comme les dieux de la Grèce n'étaienl que des hommes supérieurs aux hommes. El ce! arl presque loujours a été à la fois national et personnel : national, car c'était le patrimoine collectif de toute une nation, et c'est la [dus frappante expression du génie des Hellènes, donl il résume tous les dons, les ambitions, les triomphes; personnel, car il s'esl transformé, de génération en génération, par les inspirations créatrices d'une série de grands artistes, qui, chacun, à un moment donné, t'onl marqué de leur empreinte.

On peul distinguer cinq périodes dans l'histoire de l'ai l grec : période des origines el art mycénien ; art archaïque, du vuie siècle au temps des guerres médiques; le v" siècle ou siècle île Périclès; le ive siècle; l'art alexandrin, depuis la lin du i\" siècle jusqu'à la conquête romaine.

Musée de Naplcs.

A n 1 L.M1S Statuette de stylo archaïque, trouvée à Pompci.

Les origines et l'art mycénien. Une série de .Ici ouvertes faites en ces trente dernières années, surtout les fouilles de Santorinj de Mycènès et de Tirynthe, de Nauplie, de la Thessalie méridionale, de Troie, de Rhodes, de Chypre et de Crète oui renouvelé complètement nos données sur les origines de l'art en Grèce. Bien des siècles avant l'époque où commence à se dessiner l'art grec proprement dit, deux civilisations se sont succédé' autour de la mer Egée : d'abord, une première civilisation indigène, dite protohellénique on f/rt'cu-pélasgi'i'ue ; puis, une civilisation beaucoup plus développée, déjà puissante el originale, bien qu'à demi orientale, la civilisation dite mr/eéniennë.

La Grèce primitive n'a pas connu cet âge d'or dont rêvaient plus tard ses poètes. Comme lesaulrcs pays, elle a èié livrée d'abord aux tâtonnements et aux brutalités de l'âge de pierre. Les premiers habitants vivaient dans des cavernes, taillaient dans le silex leurs instruments el leurs armes. Plus lard ils apprirent à travailler l'argile, le cuivre, l'or et l'argent, enfin le 1er. Des bandes aventureuses, Cariens, Lélèges, Minyens, Crétois, Tyrrhéniens commencèrent de bonne heure â courir à Iravers l'Archipel, à écumer la mer sur leurs barques, à piller les cotes. Toutes ces vieilles populations appartenaienl sans doute à cette race pélasgiquo qui du Tanins à l'Apennin bâtit des acropoles, dessécha îles marais, fonda les anciens cultes.

De ce premier tige datent probablement les murailles brutes

des plus vieilles aCl'OpoleS, les premières de ces forteresses, diles

pélasgïques, où s'entassent d'énormes blocs irréguliers; les vieux temples cavernes de Délos et du mont Ocha; des vases de San-

torin mi d'flissai lik, à décoration géométriqi u végélale, dont

la panse imite parfois la forme humaine; d'autres poteries, trouvées dans les îles de Milo, de Rhodes, de Chypre el ailleurs, où sur un fond grisâtre se détache le brun terne des courbes et des zigzags.

Du chaos des races primitives si' dégagèrent peu à peu les tribus proprement helléniques. Elles s'éveillèrent vile au contact de l'Orient. Plusieurs légendes, comme des documents trouvés dans la vallée du .Nil, al testent de vieilles relations avec l'Egypte. JL'Assyrie même a exercé une action, par l'intermédiaire des

Lydo-Phrygicns cl autres populations d'Asie Mineure. Les marins de Phinicie, avec leurs marchandises, ont apporté les éléments de leur art composite sur les cotes de la mer Égée. A Chypre, les Phéniciens se montrent nettemenl dans leur rôle de courtiers de îart; si l'on suit dans l'ordre chronologique la ricin? série des statues ou des figurines cypriotes, on y surprend tour à tour l'influence «le modèles égyptiens ou assyriens, plus lard de modèles grecs. Les découvertes toutes récentes de Gnosse semblent prouver que la Crète a joué un rôle encore plus décisif dans relie première initiation des Hellènes. Bien d'autres trouvailles, à Rhodes, à Troie, à Mycènes et Tiryntliei à Spata cl Ménidi en Attique, atlcslcnl également que les populations indigènes ont reçu souvenl la visite et les marchandises des marins d'Orient, ont étudié leurs procédés et se sont inspirées de leurs leçons pour Caire autrement.

Peu à peu, sous ces multiples influences, se développa la civilisation dite mycénienne, dont Mycènes a été l'un des centres principaux, mais qui a rayonné tout autour de la nier Egée.

( :'esl la Crèce de l'âge héroïque, celle des épopées et de la légende, des Argonautes, du cycle

lliébaill ou de la guerre de Troie. Celle Grèce-là avail une organisation patriarcale ou féodale, avec sa hiérarchie «le ramilles, de phralriesel de tribus, ses rois ou chefs militaires assistés d'hélaires et d'un conseil d'anciens, ses châteaux forts

ou camps de refuge, son goût

des aventures et des grands coups d'épée, avec ses repas copieux, ses défis épiques et ses religions encore imprégnées de naturalisme. Les souvenirs de ces temps héroïques ont fasciné plus tard l'imagination des Hellènes : inépuisable trésor de légendes chères aux poêles cl aux artistes.

Cette vieille société féo.laie, avec ses étonnants contrastes, revit encore dans les épopées homériques, celte Bible de l'âme hellénique. Mais elle nous a laissé bien des témoins authentiques de sa splendeur pierres gravées, petits bronzes, plupart des pays grecs, dans li Troade, en liéoli

tombeaux à encorbellement, dont la structure savante déconcerte les architectes. Puis, la ville haute, l'acropole, avec ses énormes murs partout conservés à une grande hauteur, avec ses poternes, ses rampes, et sa Porte des lions que surmontent deux lionnes affrontées, avec sa mystérieuse agora aux deux rangées circulaires de dalles licliees en tri ré, avec 1rs Irons béants do ces tombeaux înm moins mystérieux, où n'ont probablement pas été ensevelis Aganicmnon Cl ses compagnons, niais d'où sont sortis tant de trésors, masqués funéraires en or, armes, épéeset poignards à incrustations ou ciselures, bijoux, poteries, toutes ces merveilles qui suflisonl à remplir une salle du musée d'Athènes. Enfin, les ruines d'un temple et d'un palais, tout en haut de l'acropole, sur le plateau vert qui domine un horizon de montagnes et toute la plaine d'Ar-

golide.

Non loin de là. sur la route de Nauplie, se dresse la forteresse de Tirynlhe, une sorte de îcfutjr, comme ' liez les Gaulois ou au moyen âge. C'était le château fort du chef, où toute la tribu trouvait un abri en cas d'alerte. Il s'élève sur un rocher long de 300 mètres, large de lllll. Il esl enveloppé de tous cotés par de liés grosses murailles, qui étaient hautes de ■20 mètres, épaisses de 10 à •Jit mètres, Hancruées de tours

;randcs

PORTE DES LIONS, A MYCÈNES Le bas-relief du tympan représente deux liuunes affrontées que sépare une colonne à chapiteau circulaire (xii* siècle av. noire ère).

vases el terres cuites, ivoires et armes el bijoux, trouvés dans la s Mes de l'Archipel, en Crète, en à Ménidi et Spata en Attique, à Salaminc, en

el

'ii

Argolide; débris île fresques el de sculptures à MyceilC

Crète; tombeaux trésors en encorbellement à Orchuntène de Béolie, en Argolide, dans le sud de la Thessalie : ruines de palais, à Tirynlhe, à Mycènes, à Gnosse ; et. presque partout, d'antiques acropoles aux murailles massives toujours debout.

Sur plusieurs points, dans des groupes de ruines imporlanlcs, on sent vivre encore l'âme el l'ai l de la Grèce héroïque; Si l'on parcourt les tranchées récemment ouvertes dans la colline d llissarlik, on y retrouve les tiares de plusieurs villes superposées; et l'une de ces villes, probablement celle de Priant, a conservé une partie de ses gros murs d'enceinte, de ses poternes, de ses longues rampes d'accès. Au fond de la plaine d'Argollde, près d un grand ravin, dans un cirque de montagnes el de rocs nus dont l'aspect sauvage pl presque terrifiant semble évoquer la légende sanglante des Atrides, Mycènes conduit le pèlerin de surprise en surprise. D'abord, la ville basse, avec ses débris de remparts cl de maisons, avec sa nécropole, son Tré-or d'Atrâe el ses autres

charpeiili

terrasse.

Le cliàl

hois el

III loll

rampes, perce

ternes, d'escaliers, d

galeries ogivales el de casemates. Le cbâlcau comprenait Irois enceintes de niveaux > I ■ 11"»"-i ents. Les terrasses inférieures servaient à loger la garnison, à abriter la population. La terrasse supérieure portait l'habitation du cinq', composée d'une vaste cour avec portiques, écuries et magasins, des grands appartements groupés autour du megarou ou salle des hommes, el du gynécée, où se cachaient le dépôt d'armes el le trésor. Sur des soubassements de pierre s'élevaient les murs eu Inique crue, décorés de plaques métalliques ou île fresques, couverts à deux rampants prolon

l'une é en

au de Tirynlhe

— • ■ i iii.ii-

iin rival

ilyle mycénien qu'on vienl de découvrir pn le. un > reconnaît 1rs mêmes dispositions

.m a m ' Lie

muns ri magasins d'approvisionnements, megarou

I edllICU isse, en i : cotn-

ipparlc-

nteol des hommes, gynéci bijoux analogues à ceux di de taureau en plâtre peint, slèles. qui trahissent des m!

une riche collecti le lab)

inscriptions dans uni' langui

I in

Irouvé d.

, Ici h-, des

Mycènes ou de Tirynthe; une tête drs statuettes el des fragments de uences égyptiennes ou chaldéenucs; ■ lies en terre cuite qui perlent des inconnue : surtout une très curieuse

série de fresques: des cortèges d'officiers cl de serviteurs représentés en grandeur naturelle; PUIS des fresques plus petites OÙ

figurent des fem s aux costumes inattendus, jupes bouffantes

à volants, manches à gigot, mèches de cheveux sur le front, flots de rubans dans le cou. Su i va ni quelques archéologues, ces femmes à la coquetterie si moderne scraienl des contemporaines du roi Mîuos, ci le palais de Gnosse, malgré la régularité relative de son plan, ne serail rien moins que le fi :ux Labyrinthe, lin

tout cas

inoiui

il el

nation daienl certainement

L'ART GREC

îTcde date jusqu'ici mycêiamnc. Après in

Mvci-ni's. Gimsse évnque

tour nous, avec une pr nanle, l'âge héroïque de .

la Grèce.

L'art archaïque. — Au ixc siècle avant notre ère , quand les rapsodes allaient de ville en ville, initiant le monde hellénique aux |i re m i e rs chants homériques, la civilisation cl l'art mycéniens n'étaient plus temps qu'un souvei d'autant plus c li e r qu'étaient venus des temps

plus sombres. Aux héros avaient succédé ,* des hommes; et, quand on les avait vus des-

e, Tirynthe cl jcïsion surpre-

l' E H S l: E TUANT M li D U S E

Mftopo iln temple do Sélinonte; comniencomenl du vi° siècle av. notre ère

epuis long; • ; souvenir

JEUNE FILLE SPARTIATE Vêtue du cliiton dorien.

cendre du Nord, ces hommes, qu'attendaient de m brillantes destinées, étaient presque des barbares. Connue plus tard les Francs en Gaule ou wêêê les Vandales en Afrique, ils avaient commencé par anéantir la brillante civilisation des pays conquis. Mais ils se mirent vile à reconstruire ; y la société des lemps héroïques et ù l'ait mycénien ils substituèrent une société nouvelle et un art m niveau.

1/ i n va s i u n des Doriens, en déterminant une formidable poussée de peuples, en jetant une foule de (Jrecs sur des rivages loin tains, avait ébranlé tout, le système des royautés achéennes et du régime patriarcal. Les conquérants et les co-

lons, pour se défendre contre des populations sujettes ou Imstiles, durent resserrer les liens des tribus entre elles. En même temps, le progrès du commerce, de la richesse mobi-

Pupl. Giraudun. Louvre.

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