ANGE TENANT UN CANDÉLABRE
dell'Arca, a toute lu grâce juvénile de Civitali et dos Florentins. Dans cet art des sculpteurs de marbre tout est calme, grâce et sourire. Les portraits eux-mômes prennent un air de candeur ou de bonhomie.
C'est une autre humanité qui vif dans les oeuvres des sculpteurs d'argent el <!<• bronze*. Fondeurs el orfèvres, ils sont les vrais disciples, les vrais continuateurs de Donatello. Au milieu des marbriers, ils forment une minorité très réduite; leur travail est plus lent, leur production bornée : mais chacun d*eux est un individu puissant et chacun de leurs bronzes csl m 'livre capitale.
Antonio Po 1 1 ajuolo et son frère Piero ont laissé des bustes, soit fondus en bronze, soit restés à l'état de modèles en terre cuite.
Ce ne sont plus ni des femmes, ni des enfants, ni des bourgeois, mais des hommes jeunes et tiers, cuirassés et prêts pour le combat. Dans leur attitude et dans leur regard s'exprime une vie tendue vers les ambitions qui firent les tyrans artistes de la Renaissance. Les Pollasj-uolo, comme Donatello, traitèrent en Florentins des sujets antiques; un précieux petit bronze du Bargello, oeuvre d'Antonio, rep ré sent e Hercule étouffant Antée. Appelés à Rome, douze ans après le départ de Mino, les deux frères y fondirent le tombeau de Sixte IV (1493) : un lit. ,1e parade en bronze noir, ciselé comme une broderie ; autour du cadavre du pape, dans ses ornements pontificaux, les Ver
titS et les .1 (7.5 / des
femmes demi-nues , et crispées.
Les Pollajuolo avaient consacn des bàssreliefs. Andréa de! Verroi
un adolescent qui sourit; mais son visage n'a plus le calme divin du beau berger de Donatello. Son sourire n'exprime ni la joie du triomphe, ni l'orgueil de la jeunesse; il est comme voilé d'une tristesse voluptueuse. I.a pensée de cet éphèbe florentin, nul texte sacré el nulle parole humaine ne la traduira; le sentiment qui se reflète sur ses traits n'a jamais été saisi par des mots ; l'âme qui (''claire son front pensif est l'âme même de l'artiste, c'est-à-dire quelque chose d'unique et, dans le sens le plus net du mot, d'inexprimable. La profondeur et l'obscu-
Phot. Minai-:
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f1 I i ca I i o n s s \ m boliques du moyen âge. est sans doute ce (fui, dans tout l'art du xvc siècle, est le plus « moderne ».
Un mystère plus singulier encore et plus séduisant peutêtre que le sourire du David de Verrocehio entoure l'œuvre d'un artiste unique, Agostino di Duccio', Florentin qui a travaillé hors de Florence : il se distingue des sculpteurs de bronze parce qu'il n'a laissé que des œuvres en marbre ; il se sépare des marbriers, ses contemporains, par tout ce que ses œuvres ont de tourmenté et de bizarre. Lés anges dont il a couvert la façade de l'oratoire de Saint-Bernardin à Pérousé, les figurés allégoriques de Vertus et de Planètes, dont il a peuplé la m l' du temple de Rirciini, qui était devenue h- temple des Malatesta, sont des ligures Indes, aux yeux fous . aux gestes mignards, ende longs voiles ser-
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une moine de leur travail à hio (y 1 488 fut un statuaire, le [dus grand créateur dans l'art florentin, après son maître Donatello. Il sculpta, comme Donatello, de jeunes saint Joan-liaptiste amaigris et souffrants, un David et une statue équestre de guerrier. Mais du maître à l'élève le culte de l'antiquité a fait place à des recherches de mouvement et d'expression nouvelles. Le Colleone de Yerrorchio, sur son haut piédestal de la place San Zanipolo, à Venise, n'a plus la silhouette d'un empereur romain : le mouvement du cheval en avant est si vif qu'il est forcé; l'homme a revêtu l'armure de guerre qu'il avait portée de son vivant ; sous le casque vénitien, la « celata », sa face violente et sanguinaire se tord en un rictus attrayant. Le David, au contraire, est
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d'Agostino di Duccio se résout par la constatation même de leur complexité. Des draperies pareilles à celles que Donatello modelait dans sa vieillesse pour les reliefs qui composent les ambbns de San Lorenzo couvrent des corps aussi plats, aussi mous que ceux des figures de Mino : l'expression des regards fait penser à Donatello, les bouches ouvertes et hébétées au marbrier de Fiesole. Agostjno di Duccio est un élève de Donatello, qui a laissé le bronze à Bertoldo et qui s'est fait marbrier, comme la plupart des Florentins, sans jamais se soustraire à l'influence de son maître. Ce qui est unique dans son œuvre, c'est la combinaison fortuite de deux arts llorenlins, celui du bronze et celui du marbre : c'est Mino jouant au Donatello.