FRAGMENT 1> I TRIBUT DE SAINT P I E II H E
Fresque de l'église du Carminé, à Florence.
Kit A ANGELICO. — I. A CRUCIFIXION (DÉTAIL) Fresque du couvent de Saint-Marc, a Florence.
de l'histoire évangélique : dans la Cène des Apôtres, il d
place à la Vierge, qui, la première, reçoil l'hostie des mains il''
son Fils. La pureté des à s. « I • ■ 1 1 1 le moine a été l'interprète;
n'anéantit pas les corps qui obéissenl à ces à s. Dans la cathédrale d'Crvielo, sur la voûte de la chapelle du Sairil Sacrement, j,.s Patriarches el les Apôtres, peints, de grandeur naturelle, par Fia An«elico. tl i m m-ii I i-n< < >i<- l'impression d'une assemblée d'élus qui seraient des vivants, même à côté des robustes docteurs et des redoutables prélats que Luca Sîgnorelli a assis sur les nuées.
Fia Angelico lui appelé à Home presque en même lemps que son compatriole Masolino. Il peignit clans la « liaficlli- du pape Nicolas V, au Valiean. 1rs Histoires de saint Étienne et de suint Laurent, qui se déroulent avec une gravité sacerdotale et une grâce souriante devant de classiques architectures, l.e dominicain mourut à Rome en l'ioijel y lut enseveli dans l'église de son ordre, Santa Maria sopra Miuerva : on peut lire encore, sous son elïigie funéraire, l'épilaphe qui le compare à Apelle et qui mentionne sa patrie la « Fleur de l'Ëlrurie ». — Lorsque Fra Angelico termina sa vie laborieuse, Fart llorentin s'était depuis longtemps transformé autour de la retraite où travaillai! le bienheureux.
Cet affranchissement n'avait pas été provoqué par les peintres, niais par les sculpteurs de Florence.
La sculpture et la peinture toscanes se pénétrèrent intimement au xv0 siècle. Cette union fraternelle des deux arts plastiques marque l'un des caractères pai lesquels l'ai l italien de cette période se sépare de l'art flamand. Sans doute les van Eyck avaienl été peintres de statues el avaient copié en grisaille, sur leurs panneaux, des ligures de ronde bosse; mais la révolution artistique dont ils lurent les auteurs consista précisément à enrichir la peinture de toutes les qualités non sculpturales. Tandis que les sculpteurs devaient se limiter à exprimer la vai ié lé dés formes, les peintres néerlandais trouvaient les moyens de traduire avec la plus étonnante puissance d'illusion la diversité des matières inanimées ou vivantes, depuis les marbres et les joyaux jusqu'aux fourrures, aux chevelures et aux épidermes. Cette virtuosité technique dans le maniement des couleurs, les peintres toscans ne la possédèrent point; à peine si deux ou trois d'entre eux la recherchèrent.
Par tradition, ils restèrent fidèles à la fresque, dont les tons crayeux ne peuvent imiter la réalité en trompe-l'œil. Dans les œuvres îles peintres, la netteté des silhouettes et la précision des contours montrent l'influence de la sculpture en ronde bosse ou
de ces bas-reliefs que les sculpteurs traitaient en « stiacciato », comme un travail de gravure.
L'action directe de la sculpture sur la peinture, sensible d'un bout à l'autre du xv° siècle, se manifeste expressément dans la formation et la division des écoles. La génération de peintres qui suivit les réalistes spontanés et inexpérimentés connue Pisanello, Genlile da Fabriano et Masôlino, se donna pour lâche d'introduire dans la peinture les acquisitions el les progrès réalisés par l'architecture el la sculpture. Brunellesco, tout en élevant à Florence des édifices d'un type nouveau, enseigna aux peintres le moyen de représenter les colonnades et les ordres classiques suivant les lois de la géométrie el de la vision : il retrouva la • perspective linéaire ». Celte découverte fui accueillie avec un véritable transport par des artistes laborieux, donl le plus acharné fui Paolo Uccello 1397-1475). Celui-ci appliqua i la représentation des êtres animes les principes formulés par Brunellesco : de la perspective il lit le « raccourci ». En même temps, des maîtres vigoureux, Andréa del Castagno (f l'i59 . Domenico Venezîano, Pesellîno, cherchèrent à ravir aux œuvres les plus audacieuses de Donatello le secret de leur énergie brutale; en peignant leurs maigres figures aux chairs bronzées, ils ne reculaient pas plus que l'âpre sculpteur des Prophètes el des Saint Jean- Baptiste , devant la vulgarité et la laideur. L'héritage de ces grammairiens de l'art fut repris par des artistes qui, tout én suivant les traces des peintres imitateurs île Donatello, achevèrent d'unir aussi étroitement que possible la peinture et la sculpture. Ces artistes fuient, en effet, les sculpteurs de bronze, qui, (es uns et les autres, tirent œuvre de peintres. Antonio Pollajuolo traduisit sur de petits panneaux ses petits bronzes des Travaux d'Hercule. Son frère Piero enrichit la science du modelé et la vigueur des corps nerveux par l'imitation des matières précieuses qui attiraient son œil d'orfèvre. Il raffina sur les procédés néerlandais cuir inèmés, essayant des vernis compliqués, combinant l'huile
avec la sandaraque. Il produisit ainsi de grands tableaux, ci e
celui de la collégiale de San Gimignano, qui par l'imitation
rhot. AndcrsoD. Mutée de» Offices, Kl