‹ Le musée d'artChapitre 203 sur 311 · GE H M AI N 1' I L O N · texte numérisé non relu

GE H M AI N 1' I L O N

STATUE FUNÉRAIRE DE VALENTINE te A L B I AN] , FEMME l'E III

Foulon, qui travailla dans le même génie sans hériter de ses talents. Jean Decourt, auteur peut-être d'un Henri III jeune, à Chantilly, lui succéda dans sa charge. L'auteur anonyme des dessins du recueil Lécurieux, à la bibliothèque .Nationale, llorissait aussi vers le même temps-. Plus on avance?, plus cette sorte d'artistes se multiplie. Le maître à la marque IDC mêle de la manière à un des premiers talents de L'époque. Nicolas Quesnel et François Bunel ne sont que médiocres.

Un Anglais. Nicolas Helliard, se joint à cette presse. Les Flamands Henri Vander Masl, Jérôme Franck, Lucas de Heere el Georges VanderStraeten, dit de Garni, se rencontrcnl à point à la cour de France pour y faire briller en ce genre les mérites séculaires de leurs pays. Quatre crayons de la bibliothèque Nationale, les plus admirables de tout le siècle, et où perce quelque chose de la manière du vieux Pourbus, paraissent émaner de quelqu'un de ces derniers.

Les portraits au crayon ne requièrent plus de copistes. Des graveurs cette fois leur sont nés. C'est une révolution dans la mode. Thomas de Leu, qu'on croit Flamand, el Léonard Gautier, son beau-frère, en tirent ces petites estampes délicates et savantes, que le burin de Wierix ne dédaignera pas de copier. Quelques artistes travaillent expressément pour eux, el Pierre Dumontier, tils d'Etienne, marque ses débuts de celte modeste manière. D'autres reproduisent en bois les mêmes ouvrages. Héritiers de l'âge précédent, où le vieux Geoffroi Tory tirait du musée de Paul .love les parfaites estampes <l«-s Ihmze Visrutiti, où Reverdi, improprement nommé Cesare Reverdino, gravait d'après Corneille de Lyon plusieurs pièces de son Promptuaire des médailles, l'auteur des Hommes illustres de Bèze, et celui du duc el de la duchesse de Nevers dans leur Fondation pour marier las filles, ont montré en ce genre les plus parfaits talents.

Pendant ce temps l'Ecole de Fontainebleau se prolonge en des disciples do moins en moins dignes d'elle. N'iccolo dell' Abbate, mort en LÏ71, son lils Jules-Camille, puis Antoine Caron de Beauvais régnent sans partage. Celui-ci est l'auteur de {'Histoire d'Artémise, dédiée à Catherine de Médicis, et de plusieurs dessins aussi médiocres dont on ignore l'objet. Niccolô dessina l'Entrée de Charles IX; Caron dessine celle de Henri III, élu roi de Pologne. Il donne des modèles aux peintres verriers de sa ville natale. Un graveur en petit, Etienne Delaulne. natif de Strasbourg, imbu des mêmes influences, répare cependant l'honneur de l'École. Égal à Ducerceau dans l'ornement et supérieur dans la figure, la grâce de son dessin et l'excellence de sa gravure lui valent une réputation qui manque à de plus grands ouvrages.

C'est aussi le temps que la gloire de Fontainebleau déjà portée en Flandre par les dessinateurs d'ornement, aborde désormais ce pays parla figure. Fontainebleau est l'Italie des Flandres Les jeunes artistes y débarquent de ce pays et en remportent les enseignements. Corneille Kétel et Lucas de Heere, Thierry Aertsen, lils de Long Pierre, en sont les plus fameux exemples. Mais nulle part cette influence n'éclate davantage que dans les œuvres de Spranger, qui, par !e burin de Goltzius, l'a répandue dans toute l'Allemagne.

Les dernières années de la monarchie valoise, ensanglantées de guerres civiles, n'en laissaient cependant pas moins place au mécénat de Catherine. Philibert Delorme mort peu après le Pri malice, elle remit p. Huilant le soin des édifices de Fontainebleau en même temps que des Tuileries el de l'hôtel de Soissons, qu'elle voulait habiter et faisait rebâtir dans ce dessein. Mais son plus cher ouvrage de ce temps-là fut la rotonde élevée à Saint-Denis pour contenir le tombeau de son mari et de ses lils. Le Prima lice en avail donné les plans, et Huilant la transmit à peine commencée à Baptiste Ducerceau, lils de Jacques, nommé directeur des bâtiments el qui ne parvint pyint à l'achever. Lescot mort en lû"78, le nièine ai liste lui succédait à la conduite du Louvre, donnait les dessins du Pont-Neuf et bâtissait le château d'Ollainville. Il fut le dernier architecte des Valois et ne survécut que d'un an au dernier de ces princes. Avec Henri III et sa mère finit l'illustre histoire de la protection des arts exercée par cette maison. Elle durait depuis soixante-quinze ans. n'ayant cessé de porter le témoignage d'une clairvoyance de goût, d'une suite de vues et d'une constance d'efforts dont il n'y a pas de plus illustre exemple. Un IS94, les guerres civiles enfin terminées. Henri IV recueillait de leurs mains l'héritage d'un État en ruine et d'un art florissant, qui ne demandait qu'à recommencer sous nu nouveau règne une \ ic nouvelle.

Règne de Henri IV. La dernière époque de la Renaissance Française commence avec ce roi, qui n'eut rien de si cher que la protection des arts, mais qui dut se contenter d'ouvriers moins habiles. Fontainebleau par ses soins retrouva les jours brillants de François I". Une quantité d'artistes l'emplirent de nouveau, dont le premier, Ambroise Dubois d'Anvers, imitateur du Primalice, peignit dans l'ancienne salle de la reine {'Histoire de Tliéagène el de Chaticlêe et dans le cabinet de Catherine de Médicis {'Histoire de Clurinde. Son chef-d'œuvre fut la galerie de Diane, aujourd'hui détruite, pendant fameux el longtemps admiré' de la galerie d'Ulysse. Jean de Hoey, dit d'Hoey de Leyde, conduisit avec lui la décoration de la chapelle au-dessus de la chapelle de Saint-Saturnin. Un troisième Flamand, Josse de Vollighem, dit Voltigeant, l'aidait dans les copies que lit faire llem i IV des tableaux laissés par François l" aux murs de l'appartement des Bains, destinées à tenir désormais la place des originaux. Tout cet appartement fut refait, el la salle de la Conférence décorée de nouvelles peintures. En même temps fut peint le cabinet des Empereurs et dressée l'ordonnance de la salle de la Belle Cheminée. Fréminel peignit dans le style florentin, à la voûte de la chapelle de la Trinité, les fresques qu'on y voit encore.

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