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EA RENAISSANCE EN FRANCE

D'autres peintres donnaient des dessins pour la tapisserie. Dès le commencement du règne, Henri Lerambert dessina, dans un style affaibli de Niceolù et de Dubois, la fameuse tenture de Sain I Merri, représentanl le Nouveau Testament, nue Dubourg exécuta dans l'atelier de la Trinité. En 1597, Henri IV établit ses tapissiers dans la maison professe des jésuites el mil à la tète Toussaint Dubreuil, le plus grand talent de ce temps, auteur des fresques à la voûte de la petite galerie du I, ouvre, depuis rebâtie sous le nom de galerie d'Apollon, et de tableaux de l'Histoire d' Hercule dans l'appartement de Gabrielle d'Estrées, au pavillon des Poêles de Fontainebleau. Dubreuil mourut en I6lr2. Lerambert lui succéda aux tapisseries, et fut à son l^ir remplacé, peu avant la mort du roi, par Guillaume Dumée et Laurent Guiot, ce dernier auteur des célèbres cartons de Cminbaiit et.

Mncée, tels au moins qu'ils nous sont parvenus. G'esl durant celte période aussi que furent lissés, pour Marie de Médicis, les dessins de l' Histoire d'Artéinise de Caron.

Des sculpteurs de renom se joignent à tous ces peintres. Le (dus célèbre est Francheville, issu des Pays-Bas et élève de Jean Bologne, dont il tenait des façons florentines, par lui mêlées de quelques souvenirs des décorations de Fontainebleau. Un Or/ihée et un David sont ses principaux ouvrages. Pierre Biard l'a fort surpassé dans sa fameuse Renommée de Cadillac, longtemps admirée comme ouvrage anonyme, et son jubé de Saint-Etienne du Mont. Mathieu Jacquet, dit Grenoble, fils d'Antoine, sculpta la belle cheminée de Fontainebleau. Barlhélemy Prieur, toujours vivant, fondit sans doute la fontaine de Diane pour les jardins de ce château. On ne connaît pas en ce temps-là d'ouvrages de Barthélémy Tremblay, auteur plus tard d'une statue de Henri IV.

Pierre Biard fui directeur des bâtiments du roi, qui ne chômé icnt guère en ce temps-là. De Henri IV date la grande galerie bâtie par Etienne Dupérac, qui relia le Louvri aux Tuileries, les maisons de la place lloyale aujourd'hui place des Vosges et celles de la place Dauphine ; à Fontainebleau, la galerie des Cerfs, la galerie des Chevreuils, la Volière et enfin la cour des Cuisines,

longtemps attribuée à Jamin et qui est l'œuvre de Demi Colin. Mais le plus magnifique édifice du règne fut le château neuf de Saint-Germain-en-Laye, bâti par Marchand, donl les terrasses à plusieurs étages, qui descendaient jusqu'au bord de la Seine, ont compté parmi les merveilles de noire ancienne architecture.

Toutes ces constructions étaient massives et trapues, autant que celles des Valois étaient sveltes. Le canon change dans l'architecture comme dans la peinture, quelque chose de posé et d'un peu bourgeois fait suite à l'indicible parfum d'élégance qui est la marque distinctive de l'École de Fontainebleau.

Il ne faut plus, pour achever le tableau de cette période, que revenir à l'art du portrait, dont François Quesnel soutenait alors

Phot. Giraudou.

GERMAIN PILON. — IIS TROIS Monument du cœur île Henri II

la gloire. On le présume, non sans cause, auteur d'une grande partie des recueils de Gaigrilèrês, qui sont à la bibliothèque Nationale. I.a touche est agréable, mais il j peu de science, et les plus beaux ouvrages d'alors, quoique leur vogue semble avoir été inoindre, doivenl être cherchés dans l'œuvre de Pierre Dumoutier. Il ne tant pas oublier Antoine de Becouvrance, ni maître Georges de Troyes qui sont de cette époque. Le Flamand François Pourbus, troisième d'une famille célèbre, est le plus connu des

peintres de portrait de Henri IV.

.lanjiies Bunel,qui peignit dans la petite galerie du Louvre les J{nii ni les reines de France, n'appartient que de nom à celle compagnie, car ses portraits furent des pièces de style dans le goùlde l'École de Fontainebleau.

Aux graveurs de l'époque précédente, qui continuaient de briller dans leur art, s'ajoutent Babel, Mallery, Granthomme, Isaïe Fournier et Jacques de Fornazeris.

Continuant de la sorte, il serait facile d'atteindre par les Dumoûtier jusqu'à Nanleuil, si l'histoire de la Benaissance française n'avait à tous égards Son terme naturel à la mort de Henri IV.

Là s'arrête l'influence des maîtres du xvie siècle, là ce style d'ornement cesse d'être, qui préparé durant près d'un demi-siècle, éclos enfin du rapprochement de l'École de Fontainebleau et de Philiberl Delôrme, n'avait guère duré moins de soixante-dix ans. La statuaire des Goujon et des Germain Pilon s'apprête à faire place au style de Sarrazin; les ligures de Niccolô céderont bientôt à celles de Vouet.

Dans l'architecture, Salomon de Brosse présage les façons du premier les Mansart. C'est un art nouveau qui commence et qui parait ne rien devoir à l'ancien, en dehors du profit général qui se tirait pour les artistes d'une si brillante el déjà ancienne culture.

L'histoire de la peinture peut montrer à quel point les temps nouveaux s'écartaient des anciens. En effet, quoique on voie l'École de Fontainebleau se perpétuer dans les familles des peintres de Henri IV, et tout le long du règne île Louis XIII jusque sous le règne de Louis XIV, des d'Hoey, des Dubois, des Voltigeant, survivre à l'éclat de cette résidence, on ne s'aperçoit pas que les plus anciens des maîtres du xvir5 siècle, Vouet, Blanchard ou Vignon, se soient instruits chez eux, leur aient emprunté aucune chose. Cette école poursuit sa destinée à part, et meurt stérile dans ce coin de France, désormais retombé à l'obscurité de la province, tandis que les nouvelles générations s'élèvent. Par là se tranchent les styles et les époques, mieux que par aucune définition, ni distinction de progrès et de décadence, et se marquent aisément le commencement et la fin de cette période de l'art.

Ceux qui vinrent ensuite, tenant une route nouvelle, n'eurent garde pourtant de la mépriser. Le siècle de Louis XIV garda longuement la mémoire de ces fameux devanciers. Séparés par

Musée du Louvre GRÂCES

Phol Neurdeln.

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