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UN FOU

Vitrail do I5r,3.

'art allemand avait déjà ses tendances à lui, sa technique, sa manière, en un mot, lorsque vint à poindre la Renaissance. Si l'on ajoute à cette circonstance que les mœurs, essentiellement dissemblables de celles des nations latines, se différencièrent encore plus par les progrès de la Réforme, on comprendra que la Renaissance n'ait pas donné les mêmes résultats en Allemagne qu'en France, par exemple, et aussi qu'elle ait mis beaucoup plus de temps qu'ailleurs à porter ses fruits. Il y a bien eu n n < ■ Renaissance, si l'on entend par là que l'Allemagne produisit alors quelques-uns de ses plus grands artistes, les Durer et les Holbein, mais ce ne fut pas au premier chef une victoire des principes de l'art classique, comme en d'autres pays, où d'ailleurs un mouvement parallèle se manifestait dans la littérature. Un réalisme très accusé, une imagination très libre, voilà le double caractère principal des œuvres allemandes de ce temps. La Renaissance ne montre son influence, bien subsidiairement quelquefois, que par les détails de l'ornementation, par une plus grande recherche de l'harmonie et le souci de la composition.

L'ARCHI TECTURE

Les relations commerciales qui existaient de longue date entre Augsbourg, Nuremberg, etc., et les riches cités italiennes, Venise avant toutes, répandirent eu Allemagne le style de la Renaissance. En même temps des artistes comme Durer voyageaient et rapportaient l'idée d'un ai t nouveau. Il y eut pourtant en architecture une résistance, peut-être instinctive, mais bien visible, de la part des praticiens allemands, qui restèrent longtemps attachés aux traditions du moyen âge. Ce sont des architectes venus d'Italie qui construisent, et cela seulement dans des pays voisins ouïes régions extrêmes de l'Allemagne, la chapelle des Jagellons à Cracovie (1510), le portail de la chapelle Salvator à Vienne, le belvédère de Prague ou la résidence de Landshut.

LE MUSliE D'ART

Quand, vers le second tiers du xvic siècle, les architectes allemands se résignent enfin à accepter le style nouveau, ils n'en adoptent encore que la partie ornementale et ne laissent pas d'y mêler de nombreux éléments gothiques, tout en conservant à l'édifice son toit pointu, son pignon élevé, ses tourelles et ses échauguettes, à la façon du moyen âge.

C'est par l'Allemagne du Sud que débuta cette architecture. Cependant dès 1532 Conrad Krebs, un précurseur, traçait le plan du château de Torgau. En même temps l'électeur de Saxe faisait élever la résidence de Dresde dans le genre nouveau. Dans le Mecklembourg, à YVismar, à Schwerin, à Gustrow, on prenait pour modèles les châteaux français. Ces imitations se succédèrent en grand nombre avec plus ou moins d'originalité : châteaux de Stuttgart, de Gottesau près de Carlsruhe, etc.

Le plus beau de ces édifices, qui est en même temps le plus remarquable monument de la Renaissance allemande, est la résidence palatine de Heidelberg^ Brûlé, comme on sait, au xvii0 siècle durant l'invasion du Palatïnat, il montre encore des restes splendides. Son immense cour est fermée par plusieurs corps île bâtiment : l'un, commencé en 1536, porte le nom de oth on-Henri. Il repose sur un soubassement élevé que I on gravit pai' un double perron. Le rez-de-chaussée, auquel une belle porte richement décorée de cariatides et de ligures diverses donne accès, est orné, ainsi que les deux étages supérieurs, de colonnes et de pilastres alternés, à chapiteaux corinthiens. Les vastes fenêtres carrées sont sépai'ées par des niches dans lesquelles on voit des statues de personnages mythologiques, bibliques ou historiques. Un autre corps de bâtiment, qui porte le nom de Frédéric V, et qui est fermé à ses deux extrémités par de hauts don jons, montre déjà quelques détails du style baroque et a une allure germanique plus accusée. Plus que dans les cons- la maison topler, a Nuremberg

CHATEAU DE 1IEI D E L B E R G. l'AIIE OTHOM-HENRI

tructions royales et princières, on trouve dans celles des particuliers ou des municipalités un caractère national. Sous une décoration Renaissance ce sont toujours des édifices gothiques. Dans l'Allemagne du Sud, pourtant, les influences italiennes sont plus nettement sensibles. U riche cité de Nurcmbera est surtout remarquable à cet égard. Les demeures somptueuses de ses riches négociants y sont en général assez étroites, mais très hautes et ornées de balcons et de pignons. La maison Topler et la maison Peller sont parmi les plus célèbres, mais semblent dater plutôt du xvn- siècle que du xvi«. La curieuse cité de Rothenbourg, sur la Tauber, offre aussi un grand nombre de semblables édifices.

Dans la région rhénane, ce n'est plus l'influence italienne, mais l'influence flamande qui se révèle. Dans le reste de l'Allemagne les constructions en briques et même en bois sont les plus fréquentes, beaucoup portant une riche décoration, souvent des peintures murales : ainsi à Hildesbeim, à Brunswick, à 11ameln, etc.

Le même mélange du gothique et du style nouveau se retrouve dans tout un groupe de constructions : les hôtels de ville. C'est

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