‹ Le musée d'artChapitre 216 sur 311 · A NUREMBERG · texte numérisé non relu

A NUREMBERG

sance allemande, UN balcon, a colmar

fit fondre toutes ses œuvres. Son

[dernier travail fut le tombeau de l'archevêque Ernest, à la cathédrale de Magdebourg. Mais son chef-d'œuvre est le tombeau de Saint-Sebald dans l'église du même nom à Nuremberg. Le sarcophage, de date plus ancienne que le reste du monument, repose sur un soubassement décoré de scènes de la vie du saint. Trois baldaquins couronnent le tout. Ils sont soutenus par quatre couples de piliers portant à mi-hauteur les douze Apôtres et au sommet les douze Prophètes, ceux-ci de taille moitié moindre. Sur le baldaquin central se dresse l'Enfant Jésus, tenant le globe terrestre entre ses mains. Outre cette œuvre élégante, d'une harmonieuse composition et d'une grande richesse de détails, on présume que Peter Vischer collabora au vaste et beau Monument de l'empereur Maximilicn à Innsbruck. Il exécuta encore un Couronnement de la Vierge, qui appartient à la cathédrale d'Erfurt et dont on voit une réplique à Wittenberg, un tombeau en bronze pour la cathédrale de Ratisbonne, et diverses plaquettes, dont un Orphée.

LA PEINTURE

Il y avait en Allemagne une peinture très riche,- très développée, ayant ses caractères propres, qui s'étaient affirmés dans les écoles du moyen âge lorsque survint la Renaissance. L'influence flamande — celle des van Eyck par exemple — s'était fait sentir déjà. Au réalisme foncier des écoles allemandes, qui s'accorde d'ailleurs fort bien avec une imagination tout à fait fantaisiste, l'influence italienne vint ajouter le souci d'une beauté nouvelle et ouvrir des horizons inconnus. En même temps, le mouvement des esprits qui suivit la découverte de l'imprimerie et la Réforme avait sa répercussion dans la peinture, modifiait les idées des artistes et, en leur donnant de plus larges conceptions et un plus vaste choix de sujets, ne laissait pas d'agir encore par là sur la technique.

On regarde Hans Burgkmair (né à Augs-

CaUijdrale d Innsbruek.

LA REINE MARIE-BLANCHE Statue en bronze du tombeau de l'empereur Maximilicn.

Phot Brogi

bourg en 1472, mort en 1531) comme le premier artiste allemand qui ait rapporté d'un voyage au delà des monts les préceptes des peintres italiens. A partir de to08, date de son retour à Augsbourg, ses tableaux perdent un peu de leur aspect tout gothique. Les f< > 1 1 < 1 s d'or, selon la tradition du moyen âge, font place à des fonds de paysage mis soigneusement en harmonie avec le sujet principal du tableau : ainsi dans te S/iinl Jean à Pathmos, delà pinacothèque de Munich. Burgkmair était même assez pénétré des idées de la Renaissance pour peindre en 1529 une Bataille de Cannes.

A Nuremberg, où nous avons vu l'architecture et surtout la sculpture atteindre un haut degré de perfection, la peinture n'était point négligée non plus. Mais l*Ke.de de Nuremberg devint particulièrement célèbre pour avoir compté Le [dus grand maître

de la Renaissance allemande, Albert Durer (1471-i:i28).

Celui-ci avait reçu sa première éducation d'art de son père, qui était orfèvre, puis était entré dans l'atelier de Mie bel Wolgemut, où persistaient les traditions du moyen âge.

Dans l'œuvre considérable de Durer, il faut distinguer deux parts : la peinture et la gravure ; rappelons pour mémoire ses travaux théoriques sur la géométrie, la fortification, les proportions du corps

Offices, Florence.

FOUTRAIT t> ALBERT

Pinacothèque de Munich.

Page 1