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DURER PAR LUI-MÊME

humain : ils lui donnent quelque ressemblance avec un autre souverain maître de la Renaissance, Léonard de Vinci.

Durer, dont on a des œuvres datant de sa première jeunesse ainsi son célèbre portrait à la mine d'argent, à l'âge de treize ans), étudia longtemps, d'après ses maîtres préférés, parmi lesquels il faut citer Schongauer et Mantegna, qu'il a souvent imites. C'est sous l'influence de ce dernier qu'il peignit ses premières toiles : l 'Ensevelissement du Christ, la Vierge avec l'enfant, Suint Sébastien et Suint Antoine du musée de Dresde, et le Combat d'Hercule avec les oiseaux du lac Stymphale (à Nuremberg), celle-ci de très petites dimensions.

En loOti se place son séjour à Venise. 11 y apprit à manier le clair-obscur et en rapporta son dramatique Crucifiement du musée de Dresde. Son Jésus disputant avec les docteurs (palais Barberini) date à peu près du même moment. L' Adoration des mages est la plus belle et la plus expressive des œuvres de cette période: originalité de la conception, harmonie et variété de la composition, recherche et soin du détail, tous les caractères de la peinture de Durer y sont réunis. 11 ne gagnera plus qu'une science plus parfaite, une fantaisie encore plus riche el une imagination plus nourrie. Dans sa Fête du Rosaire, exécutée sur la commande des marchands allemands de Venise, qui est aussi de lliOG et a d'ailleurs beaucoup souffert, la légende veut qu'il ait entrepris de montrer toul ce donl un artiste allemand esl capable : c'est bien alors, en effet, que son génie arrive au plein épanouissement.

Parmi ses tableaux à su jets religieux, citons encore une Assomption et une œuvre célèbre du musée de Vienne faite en loi I : les Saints adorant la Trinité, qui représente Dieu le l'ère, entouré d'anges et de saints à qui se joint la communauté chrétienne et qui porte entre ses bras la croix à laquelle est attaché le Christ. Plus bas, au milieu d'un vaste paysage, Durer s'est représenté lui-même appuyé contre une table.

Un autre ensemble de peintures montre avec quel soin il étudiait le nu, en connexité avec ses théories sur les proportions du

corps humain : la pièce la plus fameuse en est l'Adam el Eve du musée de Madrid, qui date de son retour de Venise, ou encore sa Lucrèce de la pinacothèque de Munich, qui révèle l'attrait de l'antique sur son esprit.

Albert Durer se montra aussi portraitiste excellent : rien n'était plus conforme à la nature de son génie. On possède son propre portrait, ceux de sa femme, de son père, de son maître Wolgemut, le portrait de cardinal, du Louvre, les portraits de Kleberger,

Phot. Braun, Clément cl Cit. Musée de Bile.

H A N S IIOLBEIN. — LAÏS COnlNTlIIACA

LA RENAISSANCE EN ALLEMAGNE

à Vienne, d'Albert de Brandebourg, de Frédéric le Sage, d'Érasmn de Rotterdam, etc. Après son voyage aux Pays-Bas (1521), il exécuta le portrait du patricien nurêmbergeois Jérôme Holzschulier (musée de Berlin), qui exprime de la manière la plus parfaite son génie et réunit toutes ses qualités de réalisme attentif et minutieux, en même temps que d'exécution large.

La dernière œuvre peinte qu'ait produite Durer, ce sont les Quatre A pâtres ou les Quatre Tempéraments, auxquels il avait longtemps travaillé. Cette œuvre célèbre, qui se trouve aujourd'hui

à Munich, était destinée dans la pensée du maître à affir r

son adhésion au protestantisme, car les quatre apôtres qu'il a choisis — saint Jean, saint Pierre, saint Paul et saint Marc — sont aussi ceux à qui Luther avait demandé la doctrine chrétienne pure et originelle.

L'œuvre gravé de Durer égale son œuvre peint par l'originalité et le génie : il le dépasse par le nombre et par la fécondité de l'invention. Ses gravures, où une scrupuleuse observation de la nature s'unit à la pleine fantaisie d'une imagination germanique, forment un incomparable ensemble. Le premier recueil qu'il publia fut uni' Apocalypse, qui date de 1498, par conséquent de sa jeunesse, et où sa manière s'affirme déjà avec netteté, notamment dans les pages qui représentent les quatre Cavaliers apocalyptiques et la Lutte de l'archange saint Michel avec le Dragon.

Une Passion du Chrùt et une Vie île la Vierge suivirent, puis une Grande Passion en douze feuilles, une Petite Passion en Irehle-six et une Vie de la Vierge eu dix-neuf. Cependant Durer, avançant dans sa carrière, se préoccupaità la fois de perfectionner la technique de la gravure et d'exprimer par son crayon des idées et des sentiments plus délicats et plus élevés; trois planches représentent particulièremenl ces tendances: te Chevalier, la Mort et le Diable, où Durer a symbolisé l'homme d'action qui ne craint rien fors Dieu; la Mélancolie, qui doit nous persuader de l'impuissance et des limites du savoir humain; enfin Saint Jérôme

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Musée du Louvr V. R A S M E

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