LA MAISON DE LAS CONÇU AS, A S AL A MANQUE
dont ses architectes néanmoins
la suite de a 1 i e , pagne subit en architecture l'ascendant de Vitruve ; mais, beaucoup moins enthousiaste que Hume et Florence du paganisme archéologique, elle se garde de se mettre à la remorque de l'antiquité et délaisse le symbolisme mythologique, dont elle n'a cure.
Aux monuments grecs et latins, elle n'emprunte que des motifs décoratifs, tels que trophées, urnes, rostres, guirlandes, médaillons, ne tardent guère
cassolettes à abuser.
Épris de lignes contournées et confondant la profusion avec la richesse, les architectes espagnols traitent trop souvent un édifice, quelque vastes qu'en soient les proportions, comme une pièce d'orfèvrerie, d'où le nom de style « plateresque » donné à l'architecture de la Renaissance ibérique. Ses productions n'en sont pas moins des plus remarquables. Parmi celles-ci, il convient de faire une place à nombre de ses cathédrales.
Commencée en 1401, terminée seulement en 1519, la cathédrale de Séville renferme des parties appartenant k la Renaissance dues à Juan Norman, un Français peut-être, s'il faut s'en rapporter à son nom, qui dirigea sa construction en 1462, et à ses successeurs, Pedro de Toledo, Francisco Rodriguez, Juan de Hoces, Ximon, Alfonso Rodriguez et surtout à Cil de Ontafion. Celui-ci édifia aussi en 1517 la coupole de la cathédrale de
Salamanque et éleva encore en lb2b la cathédrale de Scgovie, une des dernières églises bâties dans la forme gothique, mais avec l'esprit de la Renaissance.
La cathédrale de Tolède, quoique ogivale dans son ensemble, renferme, elle aussi, des adjonctions de la Renaissance. En 1459, Anequin de Egas, venu des Pays-Bas et dont le véritable nom est Hantje van der Eycken, élève sa célèbre porte des Lions; sa grande tour, commencée au xvc siècle, n'est achevée qu'au xvr. Bien d'autres monuments appellent notre attention à Tolède : d'abord l'église de Saint-Jean des Rois, dont le chevet est une
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merveille; élevée en 1Î77, dans le style ogival, prêt à disparaître, par Jan Was — encore un Flamand — que les Espagnols appellent Guas; puis l'hôpital de Santa Cruz, fondé en 1504 par le cardinal Mendoza, œuvre de Enrique de Egas, fils d'Anequin, qui y allie le style gothique à sa dernière période avec celui de la Renaissance ; l'Alcazar ou palais de Charles-Quint, dû à ce même artiste et à son gendre Covarrubias, exécuté dans les mêmes données. A ce style composite appartiennent : à Guadalajara, le palais de l'Infantado; à Salamanque', les grandes et pelites écoles, commencées sous le règne des rois catholiques, ainsi que la maison de « las Couchas », ainsi nommée en raison des innombrables coquilles dont sont couvertes ses murailles; àSéville, la salle capitulaire de la cathédrale, édifiée en 1530 par Diego de Riaiîo et Martin de Gainza, dans le plus pur stj le platei esque. Le Fameux monastère de Relem, élevé par l'architecte Boytaca près de Lisbonne, dont la première pierre fut posée en 1500, est un mélange assez hybride des styles sarrasin, byzantin et Renaissance italienne, entés sur une base de système ogival. Sa tour massive, la porte de sa chapelle d'une richesse inouie ainsi que les détails de sa construction sonl | «• ■ n tèlre plus étranges que réellement beaux. Le couvent et le palais de Thomar, rebâtis vers la même époque, témoignent des mêmes défauts et des mêmes qualités.
L'Ayuntamiento de Séville, commencé sous Charles-Quint et achevé vers le milieu du xvic siècle, ainsi que l'hôpital de la Sangle, construit hors des murs de la ville en lo'itî. par les architectes de la salle capilulaire de la cathédrale, offrent, ce dernier éditice tout particulièrement, des profils et des lignes plus sévères.
Celte sévérité s'accentue [dus tard dans l'Escurial, bâti sous l'inspiration de Palladio, par Juan Bautista de Toledo et Juan de Herrera, dans un caractère froid et presque glacial, avec des profils rigides, sans moulures ni ornements d'aucune sorte. Là façade
de la cathédrale de Valladolid, commencée en 158b, et la Lonja de Séville, due encore à Herrera, achevée seulement en 1598, montrent les mêmes préoccupations.
L'art si naturaliste et si humain des Flandres s'intronisa sans difficulté en Espagne; les artistes nationaux s'assimilèrent vite ce style si bien fait pour être compris dans la Péninsule ibérique. Dès la seconde partie du xve siècle, la sculpture castillane élève ces merveilleuses stalles et ces fastueux retables qui demeurent une des principales gloires de l'art espagnol. A cette même époque, Gil de Siloé sculpte le sarcophage de Juan de Padilla. et les célèbres mausolées du roi Juan II. de sa femme Isabelle et de l'infant Alonso, son fils, dans la chapelle de la chartreuse de Miraflorès, près de Burgos, dont il exécute en 1449 le grand retable en collaboration avec Diego de la Cruz. Le ciseau, aux confins de la Renaissance, n'a rien produit de plus hardi, de plus puissant et aussi de plus délicat. JuanAlernan, vers 1402, et le maestro Egas, en 14G6, sont occupes à la cathédrale de Tolède. La cathédrale de Séville ne reste pas en arrière de son aînée; dès 1453 Lorenzo Mercadante de Bretana sculpte le mausolée du cardinal Cervantès, dont les figures ont déjà quelque chose de la largeur d'exécution des maîtres qui vont suivre.
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A l'aurore du xvie siècle, trois grands artistes surgissent, que leur génie fait les égaux des maîtres de la Renaissance italienne et française : Philippe de Bourgogne, Alonso Berruguete et Bartolomé Ordonez, que peu après Gaspar Becerra devait égaler. De l'influence exercée par le talent d'essence flamande et bourguignonne du premier, italienne des deux autres, combinée avec la sève et l'expansion nationale est sortie la sculpture de la Renaissance espagnole. Philippe de Bourgogne, appelé souvent Felipe de Vigarny, est né en France, à Langres. Dès 1498, il travaille à la cathédrale de Burgos; en 1502, il sculpte le grand retable de la cathédrale de Tolède et modèle ensuite les effigies du cardinal Cisneros et d'Antonio de IS'ebrija; de 1507 à 151!2, de retour à Burgos, il faille les stalles de la cathédrale dont plus tard il élève et décore le transept; enfin revenu à Tolède, il exécute la moitié des grandes stalles de l'église métropolitaine — les petites sont de Rodrigo — dont l'autre moitié est l'œuvre de Berruguete. Outre ce splendide travail, ce dernier, né vers 1480 à Paredès de Nava dans les Castilles, modèle entre autres œuvres les bas-reliefs du palais de Charles-Quint à Grenade, 1rs tombeaux d'Alonso Gutierrez et de sa femme, élevés dans l'église Saint-Martin de Madrid, en 1543 ceux du marquis et de la marquise de Posa, dans la cathédrale de Valence, et en- Un celui du cardinal Tavera, dans l'église de l'hôpital d'Al'uera à Tolède, un des plus beaux ouvrages de l'époque.
De Bartolomé Ordonez, né à Burgos dans la seconde moitié du xv° siècle, on ne connaît que des monuments funéraires: les tombeaux de la famille Fonseca, dans l'église de Coca, près de Ségovie; de Philippe le Beau et de Jeanne la Folle, dans la cathédrale de Grenade, et du cardinal Cisnerosà Alcala de Ilenarès. tous chefs-d'œuvre (aillés par lui en Italie.
Avant d'arriver à Gaspar Becerra. il convient de citer quelques sculpteurs du plus haut mérite. D'abord Doinenico Alejandro Fancelli, de Florence, auquel sont dus les tombeaux des rois catholiques de la cathédrale de Grenade; le maestro Miguel, également de Florence, qui sculpte le sarcophage de don Diego de Hurlado de Mendoza, dans la cathédrale de Séville; son fils, Micer Antonio, qui travailla presque toute sa vie pour celle célèbre basilique; Juan de Nola, né à Naples. qui, en 1525, érigea dans l'église de Rellpuig. en Catalogne, le tombeau de don Bamon de Cardona, dans le plus pur style italien. Dami.m Forment, resté gothique dans ses tendances, bien qm> né à Valence en plein xvc siècle, dota l'Aragon d'ouvrages puissants et délicats. Il exécuta le grand retable en albâtre de l'église de Notre-Dame del Pilai1 à Saragosse, et, en 1520, celui de la cathédrale de Huesca. Le porche de l'église Sainte-Engrâce de Saragosse, traité dans le même style, passe pour l'oeuvre de Juan Morlanès, dont le fils, Diego, est l'auteur du retable de Saint-Bernard de la Séo de Saragosse et des tombeaux de l'archevêque Alonso d'Aragon et de sa mère, datés de 1552, d'un goût moins archaïque. Gabriel Joly, d'origine française, après avoir été étudier en Italie, s'établit en 1536 à Teruel, qu'il remplit de ses ouvrages; vers 1537, Juan de Bada joz orne de médaillons et de bas-reliefs d'un goût délicat et fin le fameux monastère de San Zoil de Carrion de los Condcs.
INC] CALE ION YMITES
LA RENAISSANCE EN ESPAGNE