DE LA VIERGE
dans leurs œuvres d'inlluence étrangère. Moins fines, moins brillantes que celles que produisaient dans le même temps la France et l'Italie, elles ont par contre des qualités de vigueur dans l'exécution, de plénitude et de délicatesse aussi qui les mettent hors de pair. D'ailleurs les plus grands artistes, les Durer, les Holbein, ne dédaignaient pas de dessiner des projets de meubles ou d'armes, de décorer des maisons et ne contribuèrent pas peu à la formation d'un style original.
Pour les meubles, les artistes allemands, rompant avec les coutumes du moyen âge, s'approprièrent la riche ornementation de la Renaissance; mais bientôt, suivant leur propre impulsion, ils créèrent des modèles plus graves el plus lourds. L'alliance de l'ébène et de l'ivoire, importée d'Italie, eut un vif succès et connut bientôt aussi des destinées nouvelles. Les sièges, pour lesquels bien des formes neuves sont inventées, sont d'ordinaire revêtus de crin richement décoré : d'où un grand essor donné à cet art, qui a produit aussi de magnifiques reliures.
La i'oteiue, tou jours très honorée en Allemagne, prit alors un développement inaccoutumé. A .Nuremberg, dans le Tyrol, dans la Suisse allemande (marque de la famille Pfau à Winterthur), le grès et le verre furent décorés avec art. C'est de là que venaient CCS poêles immenses, ornés de toute espère de motifs el de ligures et qui étaient l'orgueil des maisons allemandes. Poulies coupes, les cruches, les vidrecomes, qui décorent encore les salles à manger et témoignent d'une vie plantureuse et de grandes « beuveries », les formes les plus imprévues furent inventées : il n'était pas plus rare d'y voir des figures allégoi iques ou symboliques que des figures religieuses ou historiques. C'est alors que commença la mode des célèbres verres de Bohême.
La PEINTURE sir verre fut également en grande vogue, et de l'usage religieux avait passé dans la décoration des édifices civils OU privés. Holbein dessina souvent des modèles de vitraux. D'autres artistes, comme Tobias Stimmei', Christophe Manier. Daniel Lindmeyer, se sont illustrés dans cet art. C'est surtout dans la Suisse allemande que leurs projets étaient le plus finement exécutés.
Les ateliers des riches villes d'Augsbourg el de Nuremberg produisaient aussi de belles pièces d 'orfèvrerie el île-, bi joux du plus grand prix. La postérité' a sjardé le nom de quelques-uns de ces orfèvres : Wenzel Jamnilzer, auteur d'un service de table fameux, joyau de la collection Henry de Rothschild à Paris; David Mtenislelter. Ilaus Pesolt. 'fous travaillaient de préférence les métaux précieux: mais le bronze, le cuivre n'étaient pas dédaignés, ni surtout l'étain, donl on a îles pièces remarquables, souvent avec des ligures li és travaillées. Les forgerons el les armuriers, à qui Durer proposait de si élégants modèles, ont également exécuté de beaux travaux. En somme, tous les arts décorai ifs de l'époque expriment l'étal d'opulence de l'Allemagne, que n'allaient pas larder à remplacer les ruines de la guerre de Trente ans.