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POMPEO LEO NI

STATUES DE L- EMPEREUR Cil AU LES-QUINT, DE SA MÈRE ET DE SES SOEURS

lutrin de cette superbe basilique, daté de 1576, ainsi que la statue de la Foi dressée au sommet de la Giralda; enfin l'Italien Pompeo Leoni, à qui l'on doit les statues en bronze doré des tombeaux de Charles -Quint et de Philippe II, à l'Escurial.

Esteban Jordan et Juan de Juni ferment le xvie siècle; Gregorio Fernandez et Juan Baulisla Monegro ouvrent le xvn\ Les ouvrages de ces artistes se ressentent du mauvais goût qui commence à régner; mais, malgré leurs attitudes forcées, par la largeur et la fermeté de leur exécution, leurs productions n'en restent pas moins des œuvres de premier ordre.

Le réveil de la peinture suscité en Italie par Gimabué et Giotto, dans les Pays-Bas par les frères van Eyck et Memling, ne tarda guère à avoir son contre-coup en Espagne. Il fut d'abord de caractère flamand. Bien d'étonnant à cela. Jan van Eyck était venu à Lisbonne en 1528 et d'autres artistes des bords delà Meuse et de l'Escaut, tels que Boger van der Weyden (?-1464), Christophe d'Utrecht (1490), Antoine de Hollande (1493), Olivier de Gand (1499), l'énigmatique Juan Flamenco, Juan de Burgos, etc., ont laissé une trace brillante dans la Péninsule. En 1445, Luis Dalmau exécute à Barcelone le fameux tableau des Conseillers de la cité devant la Vierge, saint Cucufa et sainte Eulalie ; plus tard, en 1470, Fernando Gallegos, né à Salamanque vers le milieu du xve siècle, qui passe pour l'élève de Petrus Cristus, dont on trouve dans les Castilles des œuvres importantes, peint pour la cathédrale de Salamanque un retable en six panneaux représentant la Vierge avec l'Enfant Jésus dans les bras, et divers saints. Ces deux ouvrages sont d'une inspi-

Muscc du Prado. Madrid.

SANCHEZ COËLI.O.

POUTRAIT DE L'iNFANTE I S A B E L L E- C L A I n E - E U G É N I E

ration purement septentrionale. De nombreux artistes, de moindre valeur, marchent dans la même voie; mais l'influence italienne s'implante à son tour avec Juan Rodrigue/, et Garcia del Bareo, qui, en t'iTti. brossent diverses compositions pour les couvents et palais d'Avila. C'est alors qu'apparaît Antonio de Rincon, né à Guadalajara (1446-1500?), qui, après avoir séjourné en Italie, devint le peintre attitré des rois catholiques. On ne connaît comme absolument authentique de cet artiste, dont le style a quelque lointain rapport avec celui de Ghirlandajo, que le retable de l'église de Bobledo de Chavela, consistant en dix-sept panneaux représentant des épisodes de la vie de la Vierge. Pedro Berrugucte, père du fameux sculpteur Alonso Berruguete, peintre ordinaire de Philippe le Beau, el Santos Cruz, nés probablement tous deux aux environs de 1450, peignent, entre 1480 et li!*0, sur les volets du retable de Saint-Thomas

d'Avila, différents épisodes de vies de saints d inicains.

En Andalousie, Juan Sanchez Castro décore, en 1434, pour la cathédrale de Séville, dans le style flamand, le retable de Sainte Lucie, aujourd'hui détruit; son élève Juan Nunez continue sa manière et est l'auteur d'une Pielà qui existe encore; un peu plus tard, en 1508, Alejo Fernande/, exécute pour la môme basilique différentes compositions empreintes d'italianisme; enfin Pedro Fernandez de Guadalupe brosse dans les mêmes données, toujours pour l'église métropolitaine, un retable, dont le centre est occupé par une Vierge soutenant le Christ mort entourée de divers personnages. Diego Lopez, Alonso Sanchez et Luis de Médina couvrent, un peu plus tard, de peintures à fresques, purement italiennes, presque vénitiennes même, les murailles de ITniversité d'Alcala de Henarès. Alvar Ferez de Villoldo et Jean de Bourgogne, dont le nom indiquerait une origine étrangère, peignent dans la cathédrale de Tolède, en 1495, de grandes compositions à fresque, toujours dans le sentiment italien. Au même moment, l'Italien Barbanegra et les Flamands Anton Moor et llieronymus Bosch, appelés en Espagne, y exercent une indéniable influence. Enfin, Alonso Berruguete, Correa, à qui l'on doit le tableau du maîtreautel de l'église de Val de Iglesias et diverses autres compositions, Cervalho, né sans doute en Portugal dans les dernières années du xv° siècle, l'auteur du portrait de l'infante Catherine sous les attributs de sa patronne, orientent de plus en plus

l'École espagnole vers l'italianisme. Juan Calvo, Pelegret, élève de Polydore de Caravage, intronisent ce style en Aragon, où Pablo Esquarte, élève, parait-il, du Titien, et Holan de Mois s'établissent à leur tour. Ceux-ci furent bientôt suivis de Pedro Orfelin — peut-être d'origine bourguignonne, — de Pedro Micier, né à Sienne, s'il faut s'en rapporter à Martinez; de Francisco Olivès et de Jayme Segarra, qui avait conservé les procédés des gothiques. Pedro Guitart et Pedro Pablo, de concert avec Serafin, décorèrent en 1563 les portes de l'orgue de la Cathédrale de Tarragone dans le plus pur style italien. Viennent ensuite Luis de Vargas (1502-1567), né à Séville, qui alla étudier en Italie et dont la cathédrale de sa ville natale renferme d'importants ouvrages; Pedro «le Villegas Marmolejo (1520-1597), dont on montre diverses toiles dans le même sanctuaire; Alonso Sanchez Coëllo (1515-1590), né à Valence, élève d'Anton Moor, portraitiste ordinaire de la cour de Philippe II, et ses élèves Pantoja de la Cruz (1551-1609) et Felipe de Llano (1550-1(525) ; Luis de Moralès (1509-1586), à l'inspiration ascétique, qui ne quitta guère Badajoz, sa ville natale; Juan de Joanes — Vicente Macip — (1523-1579), originaire du royaume de Valence, dont les ouvrages sont empreints du mysticisme ombrien ; Pablo de Cespedès (1538-1608), de Cordoue, poète et archéologue autant que peintre ; Francisco Fernandez Navarrete (1526-1579), né à Logrofio, connu plus généralement sous le surnom del Mtido (du muet), car ce grand artiste, dont les ouvrages rappellent ceux des Vénitiens, était atteint de celle' inlirmité; Doinenikos Theotokopoulos. dit le Greco, né dans l'île de Crète en 1547 ou 1548, mort à Tolède en 1614. peintre, sculpteur el architecte, le seul qui eut l'honneur d'influencer Yelazquez, ce qui n'était pas arrivé à Francisco Pacheco (1571-1661), le maître et le beau-père du grand peintre.

L'art de la i lrronnlrie brilla d'un éclat sans pareil en Espagne : de l.'itlii à 1 r>:i7 Fernando Prieto, Sancho Muûoz, Juan de Yepès, Juan et Francisco de Salamanque, Bartolomé de Jaen, Diego Idrobo, Juan Delgado forgent les grilles de la cathédrale de Sé\ ille, tandis que de 1533 à 1561 prennent naissance celles de la cathédrale de Tolède. Les cathédrales de Palencia, de Cuenca, de Compostelle, de Burgos, la Sèo de Saragossc, l'église Saint-JustetSaint- Pastor d'Alcala de Henarès, renferment, elles aussi, de superbes ferronneries de la même époque.

L'orfèvrerie a été une des branches de l'art dans lesquels le génie espagnol s'est le plus brillamment développé. Les églises de la Péninsule renferment encore aujourd'hui de merveilleuses cuslodias, de splendides châsses de la Renaissance. Deux arlisles se sont parliculièrement distingués en ce genre, Francisco Merino et Juan de Arfe. Après ceux-ci il faut au moins citer le gendre de ce dernier, Lermès Fernandez del Moral.

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