L'ATHLÈTE AU ST1UGII.E
DIT l' a pos vomenos
Copie en marbre d'un bronze de \ \ sippe.
i ri le, enfin avec Phidias, semblent réaliser l'idéal rêvé par tant <1<* fi<>in'-ial iiuis cl'arlisti's. Des ateliers de cette époque sonl sortis les frontons h les métopes d'Olympie, la Victoire de Pœonios, la frise de Phigalie, les basreliefs d'KIcusis, les métopes et la frise du Theseion, la balustrade du temple de la Victoire Aptère, les Cariatides de l'Erechtheion, enfin ions les marbres sculptés du Parthénon.
Trois artistes surtout, dans celte génération, sont hors de pair : Polyclète, Myron et l'hiilias. Ions les trois élèves d'Ageladas d'Argos. Polyclète exécuta des statues célèbres, (lonl ]ilnsit'iirs nous sont connues
par des copies : le Doryphore, le DiatlUr
mène, nue statue de Itéra pour l'Heraion d'Argos, l'Amazone d'Éphèse. Inférieur à Phidias pour la conception el l'expression, il l'égalait par la science du modelé et des proportions. C'est lui qui lixa le type grec classique. Dans un traité théorique, il résuma les traditions d'école et formula le canon. Il donna comme modèle son Doryphore, dont la mâle élégance lient le milieu entre les anciennes formes massives et le type élancé, presque grêle, qui prévalut plus tard. Jusqu'au temps d'Alexandre, lotis 1rs sculpteurs conservèrent à leurs figures des proportions conformes au type de Polyclète: un corps haut île sept à huit longueurs de tète, un front court, îles yeux enfoncés, des sourcils franchement dessinés, des lèvres et une bouche petites, un ne/ régulier et
droit qui prolonge presque la ligne du front, une attitude pleine d'aisance et de dignité.
Myron excellait, lui aussi, dans la technique du modelé. Mais les traits caractéristiques de son talent, c'étaient l'énergie, le réalisme, le don de traduire le sentiment par le geste, ou l'instincl de ranimai par le mouvement. On admirait notamment sa Vache de bronze, son Marsyas, ses Athlètes, surtout son Discobole ou
Pliot. Girauilon Musi'fl du LOUVI
LA DIANE DE V E 11 S AI I. I. ES Œuvre de l'école do Scopas. IV siècle av. J.-<
Lanceur de disque, dont nous possédons des copies. Ouani à Phidias, il unissait aux qualités solides des Doriens toute l'élégance ionienne el la finesse allique. Il l'emportait principalement sur ses rivaux par l'élévation de son esprit, naturellement porté au grand, par sa préoccupation des choses de l'âme, par
- son rêve d'idéal et par i merveilleuse
enleiile de la composition. Il sut donner aux dieux une noblesse el une majesté toutes divines. On reconnaît sa main dans plusieurs morceaux de la décoration du Parthénon, dont il avait tracé tout le plan, lie plus, il avail exécuté seul plusieurs grandes statues : VAtliéna Promochos en bronze, ce colosse qui dominait l'Acropole, et ces deux chefs-d'œuvre de la sculpture en or et ivoire, VAlhéna Part/tenus, le Zeus d'Olympie.
C'est à Athènes seulement qu'on a la pleine sensation de ce que fut l'art au siècle de Périclès. Le musée central e1 le musée de l'Acropole offrent au visiteur d'incomparables collections des marbres, des broii'/.es. des vases, des terres cuites du temps. Plus éloquent encore est le rocher de l'Acropole, avec sa couronne de temples dorés au soleil. Près des élégantes colonnades des Propylées, sur une terrasse d'où la vue s'étend au loin sur la plaine et la mer, se découpe en plein ciel le délicieux prolil du temple de la Victoire Aptère. Vers le nord, au-dessus des soubassements du vieux temple d'Athêna, c'est l'énigmatique et capricieux Erechtheion, avec ses trois façades sculptées et ses multiples sanctuaires de niveaux différents, avec sa poétique galerie des Cariatides. Au soi t du rocher, c'est le divin Parthénon. qui a
résisté à tant d'assauts, de tremblements de. terre, d'incendies et de bombes, pour entretenir chez les pèlerins de l'ai I l'idée de la beauté parfaite. Tout mutilé, tout éventré qu'il est, il reste le chef-d'œuvre de l'architecture grecque, par la souveraine
L'ART GREC
des Lapithei mil encadn
majesté de ses façades et de ses portiques; le chef-d'œuvre aussi de la sculpture décorative, en dépit des vandales qui l'ont dépouillé. Phidias el ses élèves s'y sont joués de tous les obstacles avec l'aisance el la prestesse d'une audac e mesurée. Dans 1rs carrés des métopes, ils ont taillé sans effort apparenl la querelle des dieux el des géants, le combat des Athéniens cl des Amazones, des épisodes de la guerre de Troie, la lu el des Centaures. Dans le champ des frontons, deux groupes d'une grandiose simplicité, merveilleux de vie et d'abandon dans la noblesse des attitudes, de variété dans la symétrie traditionnelle : la Naissance tCAlhéita, la Querelle de Poséidon el d'Alhêna pour la possession de l'Attique. Sur la frise, ils ont fait défiler, aussi vivant qu'aux jours de fêtes nationales, le saint cortège des Panathénées, avec ses prêtres, ses jeunes filles en habit de gala, ses métèques chargés d'amphores, ses cavaliers, ses joueurs de flûte, ses sacrificateurs et ses
(lieux, (les métopes, ces frontons, celle
frise, dans une exquise harmonie des lignes m do tons, nous racontent la légende et la vie religieuse d'Athènes. C'esl le suprême . triomphe de la sculpture monumentale et de l'art.
Le IVe siècle. — Très brillant encore par ses créations artistiques, le IVe siècle annonce déjà cependant le déclin de l'hellénisme, ou du moins l'avènement d'un hellénisme nouveau. L'unité nationale, entrevue cl même esquissée dans de vastes confédérations et dans les grands jeux, lui compromise à jamais par l'âpre rivalité des principaux États, de Sparte, d'Athènes, de Thèbes, i|ui essayèrent simultanément, pu tour à tour, de se tailler un empire. La guerre du Péloponèse et les guerres qui éclatèrent ensuite affaiblirent peu à peu la Grèce en face des ennemis qui l'entouraient. Dans toutes ces luttes, il n'y eul vraiment que des vaincus. Sparte, Thèbes et Athènes, en s'épuisant l'une l'autre, en mêlant les barbares aux affaires helléniques, jetèrent toutes ces cités aux pieds du roi de Perse. Lysias et Isocrate prêchèrent en vain l'union (•nuire l'ennemi traditionnel; celle union se lit, mais aux dépens de la liberté des Hellènes. Au nord, du chaos des nations barbares avait grandi une monarchie à demi hellénique, qui asservit la Grèce en l'unifiant. Contre la Macédoine tous furenl impuissants; Sparte avail perdu sa force; Thèbes ne su t.que périr glorieusement après avoir aidé l'ennemi; Athènes ne se releva, à la voix de Démosthène, que pour finir avec honneur. Au
congrès de Corinlhe, Philippe recul les I nuages de toute la
Grèce, le titré de généralissime el la direction de la guerre nationale contre les Perses. Son lils Alexandre conduisit à la
conquête de l'Asie les Hellènes confédérés, ses alliés de
ses sujets de fait.
Ce qui caractérise l'ail du iv siècle, c'esl un effort souvenl heureux pour ouvrir des vides nouvelles, le dédain ou l'oubli des traditions, au moins dans le choix des sujels, la recherche de la grâce, du mouvement, de la vérité familière. Les artistes de ce temps onl une singulière habileté technique; ils en usent et parfois en abusent pour donner carrière à leur fantaisie. Ils n'égaleni point sans doute leurs prédécesseurs pour la conception el l'ordonnance de la composition ; cependant ils créent encore des types divins, ils ont un sens aiguisé du beau,
el ils ont produit des chefs-d'œuvre d'une infinie délicatesse.
Des monuments de cette époque il suhsisie des ruines importantes. On construit alors ou l'un reconstruit plusieurs temples doriques : les temples d'Apollon à Délos et a Delphes^ le temple d'Asklepios à Epidauré. L'ordre ionique tend à se transformer. Pythios, à la fois architecte el sculpteur, cherche à donner à cet ordre plus de grandeur, de richesse el de légèreté. Il dirige les travaux du célèbre Mausolée d'Halicarnasse, magnifique tombeau
q 11 ' A r I é m i se , reine de Carie, fait élever à la mémoire de son mari Mausole. Il bâtit à Priène un temple d'Alhêna, dont les dispositions fu re II I imitées au nouvel Artemision d'Ephèse, rebâti après l'incendie d'Érostrate, et à Didyme, au temple d'Apollon, construit par Pœonios d'Éphèse et Daphnis de Milet.
Mais le l'ail capital, c'est l'apparition d'un m die nouveau, l'ordre corinthien, qui lui inve'nté, dit-on, par le Corinthien Callimaque. Le dernier venu des ordres grecs est une s. nie de compromis entre le dorique et l'ionique. On le reconnaît surtout au chapiteau, suite de corbeille aux lianes de laquelle s'étalenl deux rangées de feuilles d'acanthe; des volutes, plus petites que dans les constructions ioniques, soutiennent les angles d'un tailloir mince, échancré sur les quatre faces. L'ordre corinthien ne se montre d'abord que timidement , dans une colonne du temple de Phigalie que construisit Iclinos, puis dans la décoration intérieure du temple d'Alhêna à Tégée, œuvre de Scopas. Dès lors, on' l'emploie concurremment avec les autres ordres, mais toujours pour les eo- Lonnadès de la cella, dans plusieurs édifices. Un l'associe à l'ionique dans le Philippeion circulaire d'Olympie, au Didymeion
deMilel.à l'Asklepiei leTmlles. Polyclète
le Jeune le combine avec le dorique dans la charmante Tholos d'Epidaure, construite vers 360. Enfin, l'ordre corinthien règne seul, à Athènes, dans la jolie colonnade du monument choragique de Lysicrate, élevé en 335. Il sera forl en faveur auprès des architectes de la Macédoine et de lîome.
A ce temps appartiennent encore bien d'autres ruines intéressantes, où l'un constate les mêmes principes et les mêmes goûts dans la diversité des applications : le théâtre d'Epidaure, construit par Polyclète le Jeune, el merveilleusemeiil conservé; les parties anciennes du théâtre de Dionysos, à Athènes; sans dmile aussi les théâtres de Délos el de Delphes; le portique d'Echo, à Olympie; la curieuse agora de Mantinée; les admirables fortifications et les portes de Messène.
La sculpture du iv° siècle esl liés brillante; mais (die sacrifie généralement la sévérité de l'ai l à l'expression et au raffinement, Elle vise à la grâce et à la perfection des l'urines. Elle inaugure, dans la plastique, la souveraineté du nu. L'art archaïque habillaii ordinairement les personnages (cependant les Apollons primitifs sont représentés sans aucun vèlemenl . Au vc siècle, le nu prévalait dans les statues d'athlètes, de héros el de dieux; mais
Musiîu du Louve.
SAMOTIIRAC E
l'Jiot. Brogi. Musée du Vatican.
DÉMOSTMÈNE
Statue on marbre, copie d'un bronze <le l'olvcuctus, exécute e» 478 avant notre ère.
bas-reliefs divinités i vigueur, h
(In Mausolée • lu passioii
IlIllIIVI'llll'Ill
on enveloppait encore d'une draperie le corps féminin. Au ivc siècle, l'artiste aime à montrer la femme dans une entière et chaste nudité. Par une singulière contradiction, à mesure qu'elle tendait à disparaître de l'art plastique, la draperie se déroula ou s.' chiffonna avec plus de souplesse et de grâce. Peu à peu s'introduisit dans les ateliers la mode des draperies collantes, accusant les formes, étendues sur le corps en plis imperceptibles comme du linge mouillé.
trois grands sculpteurs résument en eux les tendances cl les goûts de celle époque : Praxitèle, Scopas e( Lysippe. Praxitèle
d'Athènes esl le maille de Imites les élégances et des chastes voluptés. Il elfémine les dieux: car il aime surtout à représenter la femme, et la plus femme entre toutes les déesses. Il nous esl bien connu par son admirable Hermès d'Olvinpie, dont un a retrouvé l'original, par de I nés
répliques de son Apollon Sauroctanc, de son Satyre, de ses Aphrodite*., notamment la célèbre Aphrodite de Cnule. Scopas de Paros travaille avec Pylhios aux d'Halicarnasse. Il représente surtout les Dionysos, Aphrodite, Iv>s. Il aime la •l vise à l'effet dramatique; à son école
appartient peut-être In Victoire de Sainolhrace. Un peu plus lard. Lysippe de Sicyone, le sculpteur favori d'Alexandre le Grand, lente de réagir contre le goùl nouveau, par un relouraux traditions des écoles doriennes. Il aime la force, représente surtout Héraklès el des athlètes. Nous possédons des copies de son Apoxyomenos ou Athlète au slrigile et de ses statues d'Iléraklès; l'Hercule Farnése du musée de Naples. malgré la signature de
Glycon d'Athènes, est sans cloute une réplique d'une œuvre du maître de Sicyone. Lysippe modifia le canon de Polyclèle, qu'il remplaça par un a ii Ire type, plus élance'', à la tête [dus petite, au corps plus mince.
De l'œuvre de ces grands artistes, ou de leurs contemporains, nous possédons une riche série d'originaux ou de bonnes copies : les frontons de Délos et d'Kpidaure, les statues et la frise du tombeau d'Harpagos à Xanthos, celles du Mausolée d'Halicarnasse, la frise du monument de l.ysicrale ; l'Athlète thessalien et un groupe de danseuses trouvés à Delphes; des répliques telles que VA /io lion Sanroctone, la Vénus deMédicis, VA pol Ion
Musée Boncompagni, Rome.
GAULOIS SE PERÇANT DE SOX GLAIVE APRÈS AVOIR TUÉ SA FEMME Groupe en marbre ; copie d'un bronze de l'école Je l'ergame. Fin du ni' siècle av. notre ère.
du Belvédère, la Diane de Versailles, le Sophocle du Latran, VApojyomenos et Y Hncule Fnmhe ; enfin, ces trois merveilles, V Aphrodite ou Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, l'Hermès de Praxitèle. D'autres monuments, conservés en grand nombre, nous introduisent dan-- des ateliers plus modestes, au service de la foi populaire, des administrations, de la religion des morts.
Ce sont, à vrai dire, des produits industriels, ex-voto, en-têtes de documents publics, de traités, de proxénie, de décrets, de comptes administratifs; mais on y rencontre des chefs-d'œuvre.
La série la plus riche comprend les
stèles funéraires. Une promenade au Céramique d'Athènes initie vite à la poésie de ce'l art, plus discret el plus touchant que les façades monumentales des nécropoles de Cyrènë ou d'Asie Mineure. On y voit des scènes simples et naturelles, le mort entouré de sa famille, la mise au tombeau, le banquet funèbre, l'adieu suprême, Charon et sa barque, des hommes courant ou chassant, des
Musée du Vatican.
UNE DAN A ï D E
Phot. Alinari
Musée du Vatiea