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MUSÉE DU LOUVRE

L'ART GREC

L'architecture du temps, par la science des proportions, la pureté des lignes et la sévère élégance des formes, semble atteindre la perfection. D'admirables ruines sont encore debout, qui attestent l'incomparable habileté îles contemporains de Phidias. Parmi les monuments doriques, citons le temple de Zeus à Olympie; le temple d'Apollon à Pliigalie, construit par Ictinos; le temple de Némésis à Rhamnorite ; le temple d'Athèna au cap Sounion ; le sanctuaire de Démêler à Eleusis, qui fut rebâti par Ictinos; le Theseion, à Athènes, enfin le Parthénon, œuvre d'Ictinos et de Callicratès. L'ordre ionique s'épanouit alors, dans toute sa grâce, au temple de la Victoire Aptère et à l'Erechtheion. Ailleurs, aux Propylées, Mnésiclès unit les deux ordres. D'autres ruines, moins épargnées par le temps, montrent que la même sûreté do goût, le même souci de l'ordonnance et du détail, avec le même bonheur d'exécution, présidait alors à tous les travaux dans le domaine entier de l'architecture : portes et murailles des villes ou des sanctuaires, portiques dès agoras, théâtres, stades et gymnases, trésors des enceintes sacrées, habitations des magistrats ou des prêtres, nécropoles, jusqu'aux arsenaux, aux quais et aux cales des ports.

La peinture s'éveille à son tour et révèle de hautes ambitions.

Un étranger fixé à Athènes, Polygnote de Thasos, crée la grande peinture historique et religieuse.

Il dote de chefs-d'œuvre sa ville d'adoption. Il couvre de fresques les murs du Theseion et du vieux sanctuaire des Dioscures.

Il dirige à l'Agora la décoration du Pœcile, où, pendant des siècles, toute la Grèce vint admirer Le Combat des Amazones, la Prise de Troie, la Bataille de Marathon, le Combat entre les Athéniens et les Spartiates. La renommée de Polygnote s'étendit au loin Les Platé.ens lui commandèrent, pour le temple d'Athêna Areia, un Massacre des prétendants de Pénélope. Enfin les amphictyons l'appelèrent à Delphes, où il exécuta dans la Lesché ou portique des Pèlerins deux fresques restées fameuses, la Prue de Troie et l'Enfer. A l'école de Polygnote se formèrent plusieurs grands artistes, Nicandr, Dionysios de Colophon, Micon, qui travailla au

Pœcile, Panœnos, qui accompagna en Élide son parent Phidias et exécuta les peintures de la balustrade dans la cella du temple

LA VENUS DE MILO Trouvée dans l'île de Milo et datant probablement du iv" siècle av. notre ère.

de Zeus à Olympie. Un peu plus lard, Agatharchos de Samos couvrait de fresques les murs de la maison d'Alcibiade. L'exemple fut suivi à Athènes et dans beaucoup de villes, particulièrement à ïanagra, où tous les vestibules étaient ornés de peintures. Cependant, vers la fin du siècle, on tend à abandonner la fresque pour le tableau de chevalet. Apollodoros d'Athènes donna le signal de cette révolution artistique, qui entraîna vite tous les ateliers, par exemple, en Ionie, Zeuxis et Parrhasios.

Les objets les plus vulgaires de ce temps trahissent une main délicate et la préoccupation du beau. Les artisans n'étaient que des artistes d'ambition moins haute ; dans un domaine plus modeste, ils atteignent à la même perfection. Plus affranchis des traditions, ils tentent des voies nouvelles, améliorent la technique, rivalisent d'invention. L'art monétaire produit des merveilles, qu'on n'a peut-être point encore égalées : au droit, quelque tête de divinité, souvenl une reproduction d'un chef-d'œuvre de la plastique, le Zeus Olympien de Phidias mi l'Hêra de Polyclète; au revers, des scènes diverses, une victoire aux jeux Olympiques, une légende my thologique. Rappelons seulement les monnaies d'Athènes, au type d'Athèna, et celles de Syracuse, signées Cimon ou Èvainetos, aux types d'Aréthuse el du quadrige.

Les céramistes ne craignent pas non plus de signer leurs œuvres : Andokidès, Kachrylion et Sosias, Douris et Euphronios.

Ils aiment les scènes mythologiques, les épisodes de batailles et de l'êtes. Ils onf les ambitions, le goût sévère el sobre, la composition savante des grands peintres du temps, dont ils reproduisent souvent les œuvres. Les beaux vases à figures rouges sur fond noir, les amphores panathénaïques, et les admirables lécythes blancs d'Athènes, où revit toute la poésie de la mort, marquent l'apogée de l'art céramique. On ne trouve pas moins à admirer dans les autres sections des arts industriels : figurines de terre cuite ou de bronze, plaques estampées ou peintes, lampes, glyptique, bijoux, bronzes, miroirs. En aucun temps, l'art industriel n'a suivi d'aussi près le grand ai l.

Mais la sculpture reste l'art privilégié entre tous. Les écoles doriennes avec Pythagoras de Rhegion et Polyclète, l'école attique avec Calamis, avec Myron,

Musée du Louvr.'

SOPHOCLE Statue on marbre «lu IV siècle.

l'ii'Diiins, Alcamène <•( A u< >r;i-

oi.Broïi. Musée du V.ilicdu

l'apOM.O N I>U BELVEDERE Copie d'on marbre île Léocharès. iv« siècle av. notre ère.

Phot. Alimri- M«tS(,f du Vntie.m.

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