UN CONFESSIONNAL DE L ÉGLISE SAINT-PAUL, A ANVERS
proche, au point < j u <■ 1rs plus rebelles sVn laissèrent pénétrer.
Même clic/, les représentants îles tradilions nationales, chez Jean Gossaert, chez Lancelot Blondeel, chez Jean Moslei l. ■ I ■ • 1 1 1 l'exécution précieuse, tlélicale el soignée, placide el tranquille, apparaît coinine le dernier relie) de l'école ex|iiranlc : même chez ceux qui prétendaient ne relever que de la nature, comme les Pourbus,Jean V'ermeyen, Josse van Clève, etc., l'esprit nouveau trouve à se manifester, soit par des gentillesses de décoration ou des architectures de style renouvelé, soit par une recherche d'élégance, une allure plus ample, une facture plus large, une couleur plus robuste, et des empâtements qui eussent paru à leurs précurseurs le comble de la négligence ou de l'audace.
Ajoutons que, dans les provinces llamandes. pour une raison toute politique cette transformation rencontra moins de résistance que l'on aurait pu croire. I.e rentre de la production artistique s'était, entre temps, déplacé. A Bruges, à Gand — cités
fermées, animées de cet esprit particulariste et exclusif du moyen âge, foyers d'art intime, où les dynasties d'artistes produisaient, entourées de ceux-là mêmes qui se faisaient leurs inspirateurs et restaient leurs clients — à Bruges et à Gand avait succédé Anvers, ville ouverte au commerce du monde, cosmopolite par conséquent, accueillante aux gens et aux idées du dehors, attirant à elle la sève
Phot. UauMmeuKl. Mu*» d'Amsterdam, de tout le pays,
ruiiens. — pouthait d'anne-marie, au point que, dès AiicuiDuciiEssE d'Autriche 1540, elle comp-
tait dans ses murs plus de trois cent cinquante peintres, architectes el sculpteurs, les uns nés sur son sol, comme les Floris, les van Clève, les de Vos, les van Noort, les autres. accourus pour grossir la phalange sa crée comme les Breughel, les Moslert, les van Veen, les Hubert Goltzius, ou tardivemenl venus, comme Antonio Moro et Pierre Pourbus, pour y terminer au milieu de généreux émules, avec une vie d'assiduité et de labeur, une carrière qui n'avait pas été sans gloire.
Ajoutons que ce « romanisme » s'était étendu d'Anvers à tout le reste du pays; à Bruxelles, où Bernard van Orley, Michel Goxie et Pieter Coucke étaient retenus par la faveur de la cour; à Liège, où Lambert Lombard. Lampsonius et Guillaume Key vivaient sous la protection de l'évèque. — Contagion d'autant plus curieuse que celte révolution si générale était loin de produire des fruits d'une haute saveur artistique. El il n'en pouvait guère être autrement. Quand tous ces vaillants pèlerins de l'art avaient bouclé leur sac el abandonné le sol natal pour aller renouveler leur croyance esthétique, il étail déjà bien tard. Ils ne devaient plus trouver, au pays * 1 1 1 nouvel Évangile, d'autres exemples et d'autres enseignements que ceux qu'on peut attendre d une école s'acheminant vers son déclin. Au lieu des saines et folles traditions de la grande époque, ils ne rapportèrent guère en leur province qu'un dédain relatif de la nature,
Ejrlise Saint-.larqi)".*. Anvpri.
RUBBNS. — I.A SAINTE FAMILLE
Portraits de l'artiste et de sa famille.
un naïf besoin d'étaler leur prétentieux savoir, un maniérisme parfois exagéré, une ample provision de formules, avec une tendance invincible à en faire usage.
Même chez les illeurs el les moins atteints par la contagion,
ces symptômes se manifestent. Même chez Otho van Veen. qui partage avec Adam van Noort l'impérissable gloire d'avoir été
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