PORTRAITS DES LOUDS JOHN ET BERNARD S TU A UT
tapissiers bruxellois, las de copier et recopier les modèles italiens, s'adressent à lui, et, comme le constate un de ses historiens, il répond à leur demande; par une « succession île cartons suffisante à occuper la carrière d'un artiste ordinaire ». Le docte Mordus, qui dirige la laineuse imprimerie des Planlin, a besoin de litres, de Unirons, de lettrines, Hubens se l'ait une distraction de les lui dessiner. Son ami Peiresc écrit un volume sur la glyptique, il l'illustre.
Mais OÙ il triomphe, c'est dans ces pages pompeuses, grandioses, mouvementées où il représente les scènes héroïques de la religion el 1rs luttes de l'humanité-; les martyres, les mises en croix, les nativités, les batailles, les chasses, les supplices, les apothéoses, t'.'esl dans le magistral groupement de ses ligures, dans la savante répartition de leurs masses, dans sa prodigieuse distribution de la lumière, dans le somptueux étalage des carnations opulentes et des draperies mouvementées, dans l'extraordinaire mise en scène des altitudes habilement contrastées, dans celle incroyable intensité de vie, se traduisant en cris, en injures, en baisers, en blasphèmes, en crispations dont la furie désordonnée emporte tous les corps comme en un tourbillon; c'est en cela qu'il faut chercher le secret de l'influence qu'il exerça, et de l'autorité qu'il possède, el aussi dans la magie éloquente de son pinceau, doué autant qu'on peut l'être, savant aulanl qu'on peut le devenir, qui glisse, court, vole sur la toile, ici l'effleurant ;i peine et formant, d'une caresse enveloppante, une carnation souple et ferme, là, étalant en des coulées onctueuses et grasses les tons des plus rutilants tissus; opposant les empâtements savoureux aux légers frottis, et arri-