‹ Le musée d'artChapitre 285 sur 311 · L'ART EN FRANCE · texte numérisé non relu

L'ART EN FRANCE

I.a société française, fatiguée du prodigieux effort des siècles antérieurs, se recueille, s'enferme et s'abandonne au plaisir de vivre. On dirait qu'elle a le pressentiment de sa fin prochaine, qu'elle veut jouir de ses dérniers jours et mourir dans un enchantement qui lui déguise l'horreur de sa fin. L'unique préoccupation est. de plaire, la pensée unique de fuir la tristesse. On dissimule ses désespoirs sous un sourire éternel; c'est le temps où des femmes parent et fardent leur agonie. Les fii àces, les Ris, les Jeux, toute cette phraséologie mythologique n'est pas vaines paroles; elle est le programme que s'est donné ce siècle charmant et qu'il a suivi jusqu'à son dernier soupir. Tout l'art collabore au décor de cette fête. Peintres, sculpteurs, architectes, ornemanistes créent un cadre merveilleux pour une France superficielle

et. exquise, et le marquent d'un tel génie, que les vestiges qui en restent suflisent à évoquer cette féerie dont la Révolution a éteint les lumières et anéanti les acteurs.

Louis XIV était mort en 1715, mais l'esprit de son temps avait disparu avant lui. Depuis le commencement du siècle, dans les lugubres années «le celle fin de règne, dans la misère des défaites et des famines, se préparait la réaction de la joie qui devait éclater le jour même des funérailles du grand roi. Watteau était né et au milieu des angoisses nationales inventait de toutes pièces cette admirable comédie que vécut ce règne de Louis XV qu'il ne devait jamais voir. Dans sa solitude de malade et d'atrabilaire, il écrit sur la toile un scénario parfumé île poésie et de sourires, scénario italien qui se jouera, quelques années plus tard, dans la vie réelle.

Il exprime toutes les gaietés qui n'osaient pas s'avouer elles-mêmes, il condense toute la joie éparse, et, dans une des carrières d'artiste les plus courtes et les mieux remplies qui soient, il

donne une forme gabhiei.. — pavillon central

définitive à tous de l'école militaire de paris

su

CADRIEL. — LES HOTELS DE LA PLACE DE LA CONCOnDE, A PARIS

s e r v a n d o n i . — la de l'église saint-sulp

Page 1