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croyaient se rapprocher de la beauté antique et qui, en réalité, s'en éloignaient bien davantage que leurs devanciers. La cour de Versailles, et particulièrement Marie-Antoinette, maintenait de tout son pouvoir les traditions d'élégance du règne précédent, déjà apparaissaient Prudhon et André Chénier, frères jumeaux du même génie, mais la réaction romaine avait des origines sociales trop profondes pour que rien pût l'arrêter. A ce moment, la peinture, l'architecture, la sculpture marchent d'accord.

Il n'est pas jusqu'aux portraitistes qui ne subissent l'inlluence nouvelle. Siffrède Duplessis ( I72b-1802), le maître du portrait à cette époque, et Mm0 Vigée-Lebrun signent des œuvres pleines de force et de grâce, mais où se révèlent une tendance et une expression que ne soupçonnaient pas les artistes de la génération précédente. Ce n'est pas encore l'art moderne, mais ce

n'est plus l'art de l'ancien monde monarchique.

Le xvih» siècle meurt en 1789 en laissant d'innombrables témoignages de son goût dans toutes les parties de l'art, même les plus infimes. On peut même dire que la perfection qu'il a apportée aux petites œuvres a plus fait pour sa gloire populaire que les grandes œuvres de nos musées. Ses graveurs comme les Drevet, les Cochin, Lépicié, Cravelot, Tardieu; ses miniaturistes comme Hall, ses dessinateurs comme Eisen et les Saint-Aubin, ont créé avec une telle profusion et un tel esprit les ouvrages les plus exquis qu'ils ont réussi à égaler à nos yeux des maîtres qu'ils ne valaient pas.

En résumé, l'art de Louis XV fut un éblouissement de grâce souriante, de haute élégance, l'expression de l'extrême délicatesse d'un inonde désabusé.

Il manqua de force parce qu'il manqua de foi ; mais il fut l'expression si complète des qualités fondamentales du génie français qu'il en est pour ainsi dire resté le symbole. Le siècle qui l'a précédé, celui qui l'a suivi doivent quelque chose à des influences extérieures, celle de l'antiquité ou celle de l'étranger. Le xvme siècle ne doit rien qu'à lui-même; son génie fut entièrement personnel. Cela suffit à lui donner rang parmi les grandes époques artistiques.

LES A RTS MINEURS

Si l'on mesure la valeur d'une forme artistique à l'influence qu'elle a exercée, aucune ne peut se comparer à celle des arts décoratifs du xviue siècle. C'est à eux que nous revenons après l'interrègne du néo-classicisme et du romantisme. Malgré la suppression de toutes les écoles, malgré le triomphe de l'individualisme qui marque l'art contemporain, la formule décorative du siècle de Louis XV reste toujours la plus pure des sources d'inspiration de notre système ornemental. Aucune, en effet, n'a été plus originale, plus française. Les éléments qui la composent, la fleur, la guirlande, la feuille, la coquille, étant d'une beauté éternelle, les motifs qu'en ont su tirer les artistes du xvine siècle gardent leur charme impérissable. L'époque contemporaine les reprend à son compte, les imite, et après de vaines tentatives vers un art nouveau, y revient encore comme à une forme définitive, parce que cet art du xvin" siècle ne fut pas l'invention d'artistes supérieurement doués, mais le dernier

Musée de Versailles

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