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LA PEINTURE ANGLAISE AU XVIII" SIECLE

On a trop dit sur tous les tons que l'art en Angleterre ne commence qu'au xvinc siècle. Il n'est pas difficile cependant de surprendre des préoccupations esthétiques et de mentionner une foule d'oeuvres d'art dans 1rs périodes antérieures. f,e gothique y l'ut très brillant; on y vil ensuite le style Tudor, puis le style d'Elisabeth, qui s'enorgueillit de John Torpe. Au xvnR siècle, le grand architecte Inigo Jones eul la gloire d'introduire en Angleterre l'architecture de la Renaissance (le Banq ue tin g House de Whitehall à Londres).

Henri VIII était grand amateur de peintures. C'est à son initiative qu'est due l'arrivée en Angleterre de Hans Holbein, qui y resta vingt huit ans, peuplant de magnifiques portraits Ions les palais de l'aristocratie. Beaucoup d'artistes étrangers, surtout septentrion naux, suivirent cel exemple. Le règne de Charles Ie1' est illustré, dans l'art, par le séjour de van Dyck, qui se fixe à Londres en 1632. trois ans après le passage de Bubons.; le maître forma l'excellent portraitiste \\ illiam Dobson et peut-être Robert Walker. Sou influence est visible aussi dans les œuvres de Peter Lcly et de Gottfried Kneller, portraitistes à bon droit fort réputés, il convient également de ne point oublier William Kent, qui est le Le Nôtre d'Angleterre, en ce sens qu'il créa le jardin anglais, de même que le premier avait eu la gloire de constituer le style français dans celte branche de l'architecture. On voit donc que le champ de l'art n'était pas en jachère au commencement du xvme siècle; mais il est juste aussi de dire que c'est en ce siècle que les semences, déposées en terre, germèrent, puis s'épanouirent en productions admirables, d'autant plus fortes qu'elles mirent plus de temps à mûrir. C'est l'art d'Ho-

garth, de Cainsborougb, de Reynolds, etc , qui sont bien de leur temps, et qui meurent sans connaître la nouvelle société issue de la Révolution ; c'est aussi l'art de Lawrence, de Constable, de Turner, etc., dont la vie se prolonge au siècle suivant, sur lequel ils influent et qui, par conséquent, ne peuvent rentrer dans le cadre de cette étude.

Cet art est très original et caractéristique dans ses différentes manifestations : la peinture de mœurs, le portrait et le paysage. Il est aristocratique : les peintres savent que les grands seuls leur achèteront leurs œuvres, et c'est pour les aristocrates et ce sont les aristocrates qu'ils peignent. On a dit qu'ils s'étaient toujours montrés des courtisans; le mol, est un peu l'oit, mais l'idée, au fond, est juste. C'est pourquoi le portrait a eu une (elle vogue de l'autre côté de la Manche; et c'est aussi la raison pour laquelle il a souvent été conventionnel et brillant, plutôt que réaliste et grave.

Un livret d'exposition surnommait William Hogarth « le Giotto » de l'Ecole anglaise, non sans prétention. En tout cas, ce fut le premier en date des artistes qui l'illustrèrent. Il naquit à Londres, en 1697. On lui fit faire un apprentissage chez un orfèvre, puis il grava sur cuivre, dès 1724, des images satiriques, notamment contre le grand architecte William Kent. Il s'imposa par ce moyen à l'attention du public et ne cessa désormais de produire des œuvres, que les éditeurs et les amateurs s'arrachèrent. Gendre de sir James Tornhi.ll, peintre du roi, il obtint cette charge en 17'>7 et mourut plein d'honneurs, en 1764, à l'âge de soixante-sept ans.

On lui iloil île beaux portraits, notamment celui de Eièlding, peinl après la mort dé ce dernier, el pour lequel posa l'acteur Garrick; celui de Garrick lui-même, dans le rôle de Richard III. de Sîufkspcarc ; de Wilkes. qui disait ressembler tous les jours davantage à son portrait, etc.; quelques scènes tirées. des Écril mes ei même une Donné.

Mais il esl surtoul célèbre par ses scènes intimes cl familières, où il y a toujours une intention moralisatrice et où il témoigne de qualités d'observation, d'esprit, de verve dans la satire

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