MUR ETRUSQUE DE CORTONE
Musée étrusque <!<• Florence.
SARCOPHAGE ÉTRUSQUE EN T F 11 R B C r [TE
l' n o v e nam de t:ni usi
sont beaucoup plus nombreux, li s uns cl les autres proviennent de tombeaux. Les statues, souvent couchées, ornaient les couvercles îles sarcophages; les reliefs décoraient les faces latérales soit de ces mêmes sarcophages, soit des urnes cinéraires. D'une
nécropole vois le Bologne esl sortie toute ItnC Série de Stèles
funéraires en pieu ■nées de has-reliefs.
La sculpture étrusque, telle que nous pouvons la juger, esl
i s orig nale encore que l'architecture. Les monuments que
nous en possédons sont précieux pour l'étude de la civilisation étrusque, parce qu'ils nous montrent, avec une exactitude de détails vraiment minutieuse, ce qu'étaient les costumes et les parures que préféraient les Etrusques, ce qu'étaient aussi le> cérémonies qui accompagnaient les funérailles solennelles, banquets, jeux et chasses; mais ces monuments n'ont aucune valeur esthétique : non seulement ceux qui les fabriquaient n'avaient aucune préoccupation d'art, mais ils ne se souciaient même pas, semble-t-jl, de la perspective, des proportions ni de l'harmonie. C'est à peine si l'on peut reconnaître, à travers des imitations maladroites <•! souvent inintelligentes, l'inlluence des modèles grecs. D'autre part, lors même que les Étrusques empruntaient à la mythologie de la Grèce h-s scènes et les motifs
dont ils décoraient leurs sarcophages, leurs urnes ou leurs stèles funéraires, ils n'avaient aucun scrupule d'y introduire des
personnages de leur propre invention, en particulier des démons infernaux, Furies ou Charons, à la physionomie monstrueuse.
Dans les grands tombeaux, les parois des chambres sépulcrales étaient presque toujours ornées de peintures à fresque. Les plus célèbres de ces peintures sont celles qui ont été découvertes dans la nécropole de Tarquinies (Corneto).
L'inspiration est exac- Phot.AHn«i. Muste étrusque- de Florence. tement la même que
statue de MAGISTRAT celle des sculptures.
dite l'orateur étrusque On y reconnaît un mé-
lange, presque toujours confus el gauche, de légendes grecques et de personnages empruntés à la sombre démonologie des Etrusques. Ici le Charon étrusque assiste au sacrifice de Polyxène ; là il se tient près de Thésée et de Pirithoiis descendus dans les Enfers. D'autres peintures représentent des scènes empruntées à la vie de chaque jour : un banquet, une boutique de boucher, avec plusieurs animaux éventrés el suspendus, etc.
Le style de ces peintures varie suivant les époques; mais lui aussi n'est qu'un pale el lointain reflet de Grèce. Presque toujours l'exécution esl sans talent; c'est seulement dans les œuvrës les plus récentes que le dessin et le coloris témoignent d'une réelle habileté professionnelle.
LES ARTS MINEURS
Tel est encore le caractère essentiel et distinctif des arts mineurs en Etrurie. Les Étrusques ont frappé' des monnaies; mais leur-, monnaies ne furent que îles imitations malhabiles des belles séries que rrappaienl les cités de la Grande Grèce.
De même ils "iii fabriqué des bijoux en très grand nombre, car ils aimaient à se parer de colliers, de chaînes, de pendeloques, do bracelets, de fibules; ils ont voulu reproduire les modèles qu'ils avaient achetés
soit en Grèce, soit à des marchands grecs venus dans leur pays, mais ils n'y ont point réussi. Ce qu'ils appréciaient
dans un bijou, c'était moins la finesse, la grâce, l'art que la valeur marchande, la masse, le poids du métal précieux.
Quant aux objets en bronze (cistes, miroirs, armes, etc.) et aux vases en terre cuite, qui sont smlis par milliers des nécropoles étrusques, il importe avant tout de les diviser en deux catégories bien distinctes : ceux qui sont d'importation grecque, ceux qui ont été réellemenl fabriqués par h-s Etrusques. Seuls les premiers méritent vraiment d'être appelés dos objets d'art. Les autres n'en sont que de maladroites contrefaçons. Si quelques pièces primitives sont curieuses par leurs formes et par b uis couvercles à têtes humaines; si les vases revêtus de venus noir appelé « bucclioro " se distinguent par une ornementation quelquefois étrange, il n'y a là rien qui mérite le nom d'oeuvre d'art; tout au plus peut-on signaler l'habileté de la technique el l'aspect original de certaines poteries.
En un mot, il n'y a pas eu d'arl étrusque, si la première el la plus nécessaire condition de l'art est l'efiforl original vers l'idéal ou vers la beauté. Ce n'est pas à dire, pourtant, que les nombreux monuments découverts en Etrurie n'aient aucune impor tance pour l'histoire de l'art antique. En architecture, en sculpture, surtout en peinture, en toreutique, en céramique, nous entrevoyons, pardelà ces copies inintelligentes et ces imitations grossières, des modèles grecs aujourd'hui perdus. Un juge compétent, M. J. Mai tha. a écrit : « Ce qui donne aux fresques étrusques un prix particulier, c'est qu'elles sont comme les témoins d'un art disparu... Les œuvres, toutes les œuvres, onl péri. Les peintures de l'Étrurie nous en offrent comme un reflet lointain. Quand les peintres de Tarquinies. de Clusium, de Caere, de Vulc i. exécutaient leurs fresques, ils appliquaient 'les procédés de dessin, de composition, de coloration qu'ils n'avaient pas inventés, qu'ils tenaient d'une tradition importée et dont l'origine était dans les grandes écoles de la Grèce. »