VI
plus varie
le temple orliquc cl les vases;
TEMPLE CinCt'I.AinE, AU BOIID DU TIBRE, A ROME Connu sous le nom inexact de temple (le Vosta ou d'Ilcrculo vainqueur; aujourd'hui chapelle de Santa Maria dcl Sole.
liien que touto une ilié en soii cachée par les constructions
postérieures; à quelques kilomètres de notre mur d'enceinte, se
développent les trois arrhes île l'aqueduc d'An lleil. dont l'einplacemeill a été si hieli choisi que uns ingénieurs modernes oui
été forcés d'en respecter le tracé. Partout ainsi ces conquérants par excellence s'efforçaient «le faire oublier la peite de la liberté par les bienfaits de la paix el, par le préside d'une civilisation supérieure. Il arriva à la lin — c'est Hossuet qui parle <. que tous les sujets de l'Empire se crurent Romains ••.
Dans le gouvernement intérieur, l'art intervint périodiquement, incessamment, pour marquer chaque révolution, chaque acte politique. Sylla l'ait renverser, comme de i aison, les li ophées de son ennemi Mai ius. César, à son tour, les rétablit en secret, les fait porter de nuit au Capitole; le jour venu, le peuple les voit réintégrés à leur
ancien poste. Lors de l'exil de Cicéron, son ennemi, le tribun Clodius, donne l'ordre de brûler les maisons de campagne du grand orateur el d'élever, sur l'emplacement de sa maison de Home, un temple à la Liberté.
Sous l'Empire, à peine un empereur est-il tombé que le peuple renverse ses statues. Disons à ce sujet que les souverains euxmêmes donnent le signal du vandalisme, en faisant détruire les monuments élevés à la gloire de leurs prédécesseurs. Avant de briser les statues, on les couvre d'inscriptions satiriques ou ignominieuses.
A la lin. comme ces révolutions de palais sonl trop nombreuses, on s,- contente de remplacer la tète de l'empereur défunt par celle de son successeur. Les sculpteurs en viennent à fabriquer chaque statue en deux pièces distinctes : la tôte et le corps. La tète, déboulonnée en cas de besoin, le
reste de la statue pouvait servir encore. Ouol peuple pratique!
Le plus cruel des empereurs, Caligula, avait donné l'exemple de ces substitutions, lorsqu'il avait ordonné de faire venir de Grèce les statues des dieux consacrées par le respect des peuples, entre autres le Jupiter Olympien de Phidias, pour remplacer leur lèle par la sienne. Heureusement des prodiges empêchèrent le déplacement du Jupiter.
ri VNDANI PFTE VU 11 il
l'hol. Cirauc^on. Muscc du LOUTN
C1PPI! FUNÉUAirtE DE FUNDANI'US VELIXUS Trouvé à Rome.
L'ARCHITECTURE
La gloire de Home, c'est l'architecture. Est-il une civilisation où chaque fonction vitale soit accusée avec une telle netteté à l'aide de la pierre ou de la brique? Le peuple — affirme un historien — tenait à se \oir entouré de ces édifices grandioses qui symbolisaient son pouvoir, soit qu'il l'exerçât lui-même, soii qu'il le déléguât à ses commettants.
Voici d'abord le lemple, asile de la religion. Rien de ni de plus magnifique. Ici c'est un somptueux rectangle d'Anlonin el de Fausline, à Home, avec son ampli' | son riche entablement, où les grillons alternent avec là c'est la rotonde grandiose du Panthéon dit d'A grippa, avec ses splcndides incrustations de marbre el sa coupole monumentale : puis, sans transition, nous nous trouvons en face de joyaux où l'élégance tient lieu de toute autre préoccupation : tels les charmants petits temples circulaires de Vcsla, à Rome cl à Tivoli.
Les idées de triomphe, chères au peuple soldat, trouvent à leur tour leur expression dans des monuments si heureusement agencés que la postérité adù les copier, désespérant de pouvoir y ajouter quoi que ce soit : tels sont les rostres, les arcs de triomphe de Home an s de Titus, do Septime-Sévère, de Constantin , les arcs d'Auguste à Aoste, à Suse. à Pola, à Himini, ceux de Trajan à Bénévent et à Ancône, l'arc d'Orange, etc.; telles encore les
colonnes tri phales de Trajan el d'Anlonin le Pieux à Home;
de Théodose et d'Arcadius à Conslanlinople.
L'exercice de la justice a pour elle le Forum, les basiliques, les prétoires. A l'hygiène publique ressortissent les thermes; à renseignement se rattachent, outre les gymnases, les bibliothèques, h s pinacothèques, les glyplothéques. Prenons-nous les lieux de divertissement, nous rencontrons le théâtre, l'amphithéâtre, le cirque, la naumachic, le sladc, les arènes, ayant chacun une destination distincte. Ces asiles des plus bas cl sanguinaires spectacles sont aussi vastes que somptueux : à Home, le Colisée, ou amphithéâtre Flavien, commence'' par Vespasicn el terminé par Titus, peut renfermer 87 0(10 spectateurs; le cirque Maxime., d'abord 150000, [mis 2OJO00, finalement •'iKOOilO! La province ne reste guère en arrière : à Capoue, à San Gcrmano, à l.ucques, à Fiesole, à Vérone, à Pola, à Nimes.à Arles, à Lutèce, à Châmplieu, près de Crépy-cri- Vahus. surfissent, longtemps encore après l'avènement du christianisme, des théâtres, amphithéâtres ou arènes qui s'efforcent de rivaliser avec ceux de la capitale.
Viennent ensuite les innombrables constructions qui incarnent l'idée de défense el de patriotisme : les remparts, les tours et
les pories n umëntales, depuis la porta
'Maggiore de Home, depuis les pories de Spolète, de Pérouse, de Vérone, jusqu'à la porte d'Or de Salone, la porte Noire de Trêves, la porte de Mars à Reims ou la porte d'Arroux à Autun.
liien que pour la vie politique, que d'édilices divers : le Forum à l'origine c'était un marché ; les comitin, destinés aux assemblées du peuple; la ruriii ou siège du sénat; Valrium libertatis pour les censeurs, la villa publica, où se fait l'opération du cens; le tabularium, où sont déposées les archives publiques, consistant principalement en tables de bronze.
Il n'est pas jusqu'au service des eaux et des égouts qui n'ait donné naissance à des chefs-d'œuvre d'architecture, depuis la Cloaque maxime, avec son magnifique appareillage en pierres de taille, construite sous les premiers rois, jusqu'aux aqueducs, jusqu'aux châteaux d'eau, jusqu'aux fontaines monumentales! El notons que la plupart de ces constructions, dont le modèle
L'ART ROMAIN
LE TOMBEAU DE C.ECII.IA M ET El. LA UN COLUMBARIUM
Sur la-voie Appienne, près de Home. Chambre sépulcrale à niches multiples, où l'on plaçait les urnes cinéraires.
se trouvait à Home, se reproduisaient dans chacune des innombrables villes d'un empire sans lin.
Le long des avenues, partout des portiques protègent les passants contre la pluie ou le soleil.
Mais sortons de Rome par la voie Appienne mi par la voie Flaminienne : partout, l'aménagement des unîtes comporte des colonnes indiquant la distance qui les sépare du centre de l'Empire ; puis c'esl une série de raffinements, dont nous n'avons nulle idée, telle, sur les routes stratégiques, l'installation de pierres permettant aux cavaliers de monter plus facilement achevai.
Les ponts complètent l'admirable service de communications établi d'un bouta l'autre de l'Empire. Leur solidité n'a d'égale que leur magnificence. Dans l'histoire primitive de Rome, un corps de prêtres, les pontifices, fut spécialement chargé de veiller sur le pont du Tibre. Les provinces voient s'élever le pont de Rimini, celui jeté par Trajan sur le Danube, les ponts du Gard et de Ségovie.
Le culte des morts enfin se traduit par des monuments variés et grandioses, digues