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SCENE DE SACRIFICE

nées, étaient comme transportés dans un monde idéal et vus à travers un prisme. Chez les Romains, au contraire, c'en est l'ait

des conceptions synthétiques et idéales; ee qu'il leur faut, c'est un récit, une description, une chronique aussi littérale que possible ; le réalisme, en un mot, dans toute sa gloire. Artistes officiels, ils se préoccupent avant tout de fidélité et de précision :

leur triomphe, ce sont les portraits — on a vu combien ils nous en ont laissé — ; point de costume de convention chez eux, à la façon des Crées ; tous les accessoires de la toilette, de l'ornement, du harnachement sont rendus avec la dernière minutie. Aussi nous ont-ils laissé d'inappréciables documents historiques. Un photographe ne saurait faire mieux.

Us n'apportent pas moins de soins à retracer jusqu'aux moindres épisodes de chaque ha la il h', de chaque-siège. I. es bas reliefs de la colonne Traja ne, qui comprennent — retenons ces chiffres — cent scènes distinctes et deux mille cinq cents figures, forment un incomparable atlas d'iconographie et d'histoire; ils nous font assister à l'établissement d'un pont, au passage d'une rivière, à tous les épisodes de la vie militaire.

Voici, maintenant, à titre de contraste, les bas-reliefs en stuc, d'une finesse si merveilleuse, découverts dans les fouilles de la Farnésine, à Rome. Ici plus de réalisme : des architectures et des paysages de convention, inspirés de ceux de l'Ecole alexandrine, y encadrent des troupeaux au pâturage, des scènes bachiques ou des scènes de sacrifice, et les ligures, archiélancées et déhanchées, d'une suprême distinction, à la façon de celles de l'École de Fontainebleau, sont comme perdues dans un cadre trop vaste.

La sculpture funéraire enfin nous a valu une longue série de superbes sarcophages, enrichis des scènes les plus variées : liatailles d'Amazones, Batailles entre Romains el Gaulois, Chasses au sanglier (musée du Capitole), etc.

Pour toucher au doigt les évolutions de la sculpture romaine pendant les

Musée (!" Vatican.

'auguste

Musée dus Offices, Florence

Musée du Capltole, Rome :0 Pli A G F. DE LA VIGNE A M M EN DU LA Défaite des Gaulois par les Grecs d Asie.

Flaviens, les Anto-

différentes périodes de l'Empire, sous nins, enfin 1rs Syriens, il suffit de nous attacher aux arcs de triomphe élevés dans la Ville éternelle. Voici d'abord, sur l'arc de Titus, les deux merveilleux bas-reliefs représenlant l'empereur rentrant sur son char triomphal et le transport du candélabre à sept branches : rien de plus pur ni de plus inspiré; ils ont la vie, le souille, la flamme. A un quart de siècle de là, l'arc do.Trajan, dont des fragments sont encastrés dans l'arc de Constantin, offre encore de la couleur el de la puissance : les scènes de combats ou de chasses y oui un relief et un mouvement extraordinaires; mais c'en es! l'ait désormais des belles lignes. I n demi-siècle plus lard, dans les bas-rcliel's du Capitole représentant des scènes de la vie de Marc-Aùrèle, la décadence a fait un pas de plus : le style est devenu compassé et sec. Finalement, avec les bas-reliefs de l'arc de Scplime-Sévèrc (193-211) nous tombons au dernier degré de l'ignorance et de la barbarie; tout ce qui s'appelle rythme, proportions, ordonnance, a disparu.

Les monnaies romaines offrent les mêmes qualités que les bas-reliefs. Par leur netteté et leur gnll

elles [l'pnt lien à envier A l'origine, Vas portait d'un sanglier: plus tard de navire, d'un Jantis Puis les graveurs s'injj

e, non à celles de

l'empreinte celle d'uni ou d'un M énièrent à

s que par leur variété, l'importe quelle nation, l'un bœuf, d'un bélier, proue

Pétrarque offrit à l'empereur Charles IV, pour lui rappeler sa haute mission, quelques effigies impériales trouvées à Rome.

LA PEINTURE

I.a peinture romaine est surtout représentée de nos jours par les fresques de Pompéi en majeure pallie au musée de Naples), loules du Ier siècle de noire ère. C'est un ensemble étourdissant «le vie, de variété, de richesse, bien qu'il soit dû à des peintres du second ou du troisième ordre Pompéi était comme l'Asnièrcs de Naples ei que la facture en soil trop souvent lâchée. Mythologie, histoire, scènes de genre, paysages, ornementation, loul y est traité avec une égale verve. Tantôt c'esl le Sacrifice d'Ijihigënie, tantôt Achille et Briséis, Bacchus et Ariane, Posée et Andromède, Hercule et Té/éjilie avec la belle ligure, si connue, de Pomone). le Châtiment de Dirvc, Médée le visage contracté el les mains nerveusemenl crispées après son crime) ; puis on y voit des bacchantes, descentaures, des danseuses, des joueuses de flûte, des Victoires, des Néréides, traités dans un style éminemment décoratif. I.a peinture de genre compte Trois Femmes causant, la Marchande d'amours, un Boulanger vendant son /mi», un Maçon étalant du mortier, des scènes de théâtre, etc. Les Jeux d'enfants, récemmenl découverts dans la Casa dei Vettii ■>, sont îles scènes exquises de naturel, de fraîcheur el de fantaisie. Disons, à ce sujcl, qu'à loul moment, les artistes romains, soit dans la peinture, soit dans la sculpture, obtenaient un effet piquant en transposant les scènes d'un âge à l'autre, et en faisant exécuter par les enfants, par exemple, les travaux réservés aux adultes. Il n'est pas jusqu'à la note comique qui ne soit représentée dans les peintures pompéiennes : le Jugement de Snlinmm el la Fui e d'E»éc y sont parodiées avec humour.

Particulièrement gracieuse el riche est ['ornementation, avec ses fonds tantôt nourris qui ne connaît le splendide rouge pompéien ! . tan 16 1 légers él vaporeux, et ses figures s enlevant par les contrastes les plus pittoresques. I.a richesse des combinaisons et l'entente du coloris sont faites pour décourager

Musée des Offices. Florence.

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