DE JEUNE FEMME
L'ART ROMAIN
Phnt. Alinari. Musée du Capilole, Rome.
STATUE DE HARCELLUS
|i ■ heure le parti d'importer les statues
ou les tableaux. Ce fut sous forme de trophées de la victoire que les chefs-d'œuvre helléniques prirent le chemin de l'Italie. Qui pm. Aiinwi.
ne connaît la plaisante histoire de la con- statue quête de Corinthe par le consul Mummius ( 146 av. J.-C.) : ce vaillant général et ce pauvre connaisseur s'imaginait nue 1rs chefs-d'œuvre do l'art se pouvaient remplacer par des copies. Ne nienaça-t-il pas les entrepreneurs du transport de leur faire refaire à leurs frais ceux de ces trésors qui viendraient à se perdre! Dans la suite, ce furent des Grecs établis à Home, souvent des esclaves, qui défrayèrent la Ville éternelle de sculptures, do peintures, de mosaïques.
La statuaire est celle des branches de l'art romain qui doit le plus aux Grecs : ou bien elle s'i nspi re de modèles helléniques, ou bien elle est pratiqué e en Italie même par dos maitres originaires de l'Hellàde. Son histoire est comme un chapitre détaché de l'histoire de l'art grec. Le Torse du Belvédère, la Vénus de Médicis, YOreste
et Electre, le Gladiateur Borghèse, ont pu prendre naissance à Rome : ils n'ont assurément rien do romain.
Les instincts nationaux, en d'autres termes, l'esprit rassis propre aux maitres du monde, leur goût pour la vigueur, préférée à la grâce (pouvait-il en être autrement chez un peuple de soldats?), leur tendance à la lourdeur et à la sécheresse, percent au contraire dans la Pudicité, du Vatican, et dans un certain nombre de statues colossales (les Romains en cela pouvaient s'autoriser de l'exemple non seulement des Egyptiens, mais encore des (irecs) : le Nil du Capitale, la Pallas de Velletri, le Tibre et la Sfelpwnène du Louvre.
La glorification de « trois mille dieux », qui .< n'avaient pas un athée », depuis Jupiter très bon, très grand, jusqu'à Isis aux
Musée de Naples.
lais Pitti, Hop
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STATI'E D AT, niPPINE
cent mamelles ou Mithra, jusqu'à l'Hercule gaulois, la personnification des Peuples, des Villes. îles Victoires, des Vertus fournit un aliment inépuisable au ciseau des sculpteurs : partout des marbres ou des pierres arlistemenl travaillés incarnaient le culte religieux, rappelaient la grandeur do Home. l'excellence de son administration : ce n'étaient qu'autels, stèles, colonnes, bornes historiées.
A côté de la grande statuaire, où, nous le répétons, l'idée comme l'exécution sont à portera l'actif de la Grèce, s'était développée en Italie une écolo moins ambitieuse qui se proposait
ii m d'inciter aux vertus et de développer les sentiments généreux, mais uniquementde plaire aux yeux par dos motifs gracieux ou spirituels: c'était une sorte do sculpture de genre. Tout un peuple de bronze incarne, aux musées de Naplcs, de Homo, de Paris, de Londres, do Berlin, celte poursuite du joli et de l'élégant.
Est-il rien do plus séduisant que le Narcisse, le Silène portant le (l imbeau, ces bronzes de Porn-
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péi, puis, dans un style plus relevé, la Turin, ou, dans un style plus familier, V Esclave éthiopien de notre Cabinet des médailles, trouvé à Chalon-sur-Saône!
La sculpture ethnographique, à son tour, trahit toute la puissance do caractéristique des Romains. Les statues de Prisonniers barbares dont ils se sont plu à orner leurs arcs de triomphe ou encore la prétendue T/iasnelila, de la Logo des Lan/.i, si noble dans sa douleur, sont à la fois des documents historiques el des œuvres do stylo.
La sculpture en bas-relief s'honore, de son côté, d'une véritable renaissance. Rien d'ailleurs ne diffère davantage dos modèles grecs : ici le bas-relief était héroïque; chez les Romains, il est historique; la recherche des belles lignes fait place chez eux à
L'A HT ROMAIN
la préoccupation de l'exactitude dans les figures, le costume, l'ornement ou le paysage. Le bas-relief romain a en outre plus de saillie et plus de sécheresse que le bas -relief grec, avec ses merveilleuses dégradàtions, et les personnages y sont plus trapus.
Grandiose et incomparable entre toutes est la série iconographique créée par la statuaire romaine : l'Auguste en pied, du musée du Vatican; l'Agrippine assise, du musée de Naples; la statue équestre de Marc-Aurèle, sur la place du Capitole ; les Antinous idéalisés; les innombrables bustes de Lucius Verus, avec sa barbe touffue et annelée. C'est par milliers que se comptent ces effigies si vivantes et en même temps d'une si grande tournure (le musée de Toulouse seul en a recueilli près de cent, provenant des fouilles de Martre ïolosane). Jamais peuple encore n'avait éternisé en une aussi splendide galerie toutes les supériorités dont il s'enorgueillissait : héros, penseurs, jolies femmes ; les uns, placides et méditatifs, les autres débordant de brutalité ou de cruauté; celles-ci, modèles achevés de l'intrigue ou de la coquetterie.
.Même virtuosité dans la représentation des animaux : il suffit de rappeler le Lion et le Sanglier de Florence, les Molosses du Vatican, les Chevaux
de Naples, les SaovelorUia du Forum, pour montrer que la grande tournure s'y conciliait avec l'expression de la vie. Qui oserait soutenir qu'il n'y a pas là quelque chose d'ajouté à la
:atue en marbre
statuaire grecque
Envisageons-nous les sujets mis en œuvre dans cette forêt de bas-reliefs, nous découvrons que l'art romain, essentiellement utilitaire, en est revenu aux principes des Orientaux:
Égyptiens, Assyriens, Perses. Rien ne ressemble moins à la tradition des Crées. Chez ceuxci, statues et basreliefs revêtaient un caractère éminemment poétique, pour ne pas dire symbolique : la Fondation a" A tlicnes, les Combats des Centaures et des Lapithes, les Combats contre les Gaulais, ta Procession des Panathc-