L'ART CHRÉTIEN PRIMITIF
Eglise Saint-Vital, Ravenne.
BUSTE DE SAINT PHILIPPE Mosaïque du VIe siècle.
lUBUTAi ru île la civilisation classique, qu'il se voit pourtant forcé le combattre sur tant de points; réduit, d'autre part, à compter avec l'invasion, qui lui apporte des trésors de jeunesse et de foi : étouffé, par surcroît, entre la tradition hébraïque, qui proscrit le culte des images, el lesbesoinsdu monde païen, qui ne peut s'en rassasier : tel nous apparaîl l'art chrétien des premiers siècles. Le lecteur apprendra, dans un instant, avec quel éclal la religion 1 n > 1 1 velle se tira de si grosses difficultés.
A les voir ainsi toutes deux values de leur attitude si in pic. digne, grave, l'école ■l l'école inspirée par le supplicié du Golgotha, on raison, pour la mère el la fille; celle-ci plus frêle, noins savante et qui, pour vivre, devra se résoudre à plus d'une nétamorphose. Mais si les procédés, le style, la conception ne liffèrenl guère, au début du inoins, comme l'esprit qui anime les leux écoles va bien \ ite les distinguer, peut-être même les séparer 'une de l'autre! ('..• seront, smis des dehors en apparence ideniques, deux tempéraments, deux âmes, deux inondes, en tout lissemblables, sinon inconciliables et ennemis. Quel champ d'exlériences pour l'historien et le philosophe!
ai l chrétien primitif comprend cinq ou six siècles, depuis
eur robi gréco-roi prend
dans
es débuts du christianisme à Rome, dans les Catacombes, jusqu'au triomphe de l'art byzantin d'un côté, de l'art mérovingien le l'autre; en d'autres termes, jusque vers le vi" siècle. 11 se nanifeste, ou peu s'en faut, dans (nul l'Empire romain, en Algérie, en Syrie, en Egypte, aussi bien que dans les Gaules.
Longtemps avant que l'invasion, d'une part, le Christianisme, de l'autre, vinssent ruiner le splendide édifice de l ai t classique,
celui-ci dépérissait à vue d'oeil. Alaric, Attila, Genséric n'avaient, pas fait leur apparition que déjà l'Empire se laissait absorber par les vaincus de la veille : c'était comme la désorganisation du corps par les extrémités. Si l'art grec avait conservé sa pureté tant tic siècles limant, c'est que la Grèce formait un petil Etal excessivement homogène, et qui se développa au dehors par des colonies plutôt que par des conquêtes. Rome, au contraire, finit par annexer, outre l'Europe, une partie de l'Afrique el de l'Asie. Est-il surprenant que tous ces étrangers, tous ces barbares, successivement admis au litre de citoyens, tous ces esclaves devenus des affranchis, corrompissenl à la longue l'art romain, comme ils corrompirent la langue latine! Prenons les quatre principaux
Phot. Alinari. Rome.
BASILIQUE DE S'A I N T -h AU R E N T II O U S LES M U lî S ( R E M A N I É E )
PhM. Allnarl.