TOMBEAU DE
THEODORIC, (vi' siècle.)
arcs de triomphe de Rome, ceux de Titus, de Trajan, de Septime- Sévère et de Constantin : ils forment un decrescendo effrayant; dans le dernier, il ne reste plus ni science des proportions, ai goût dans l'arrangement des draperies, ni expi ession, ni habileté dans le maniement iln ciseau. Les Romains d'alors avaientils conscience de leur impuissance? Toujours . ^l-il que les pi incipaux "i nements de ce1 arc de Constantin ont été purement et simplement enlevés à l'arc de Trajan et incrustés, tanl bien que mal, dans la construction nouvelle. La barbarie pour accomplir son œuvre n'avail pas attendu, on le voit, les incursions des Goths, des Huns, des Vandales.
Le christianisme, de son côté, qui devait par la suit(! prendre une brillante revanche, ou bien négligeait l'art — à l'oriejne il n'éprouvait qu'indifférence pour la beauté physique, si périssable — ou bien se contentait d'images plus ou moins vagues, peintes dans les profondeurs de la terre, sur les parois des Catacombes.
Longtemps il conserva les i :édi s .
parfois même les formules des païens, en attendant que, victorieux enfin, il pût traduire, en un langage digne de lui, les sentiments généreux, les hautes aspirations qui formaient le fonds même de sa doctrine et provoquer, au iv° siècle, une véritable renaissance.
On voit — et c'est là un point capital à retenir — que la rupture avec la tradition antique ne fut ni aussi brusque ni aussi complète qu'on le croit communément. En réalité, nous assistons, comme l'a si bien dit un éminent historien de l'architecture, à la rénovation chrétienne des arts antiques.
Aussi bien, malgré tant d'éléments de décadence, la formule classique, telle
qu'elle avait été élaborée dans les pays du soleil, sur les rives bénies de la Méditerranée, avait une vertu et une vitalité immanentes. Tout épuisée qu'elle paraissait au début du \v* siècle, elle se renouvela au contact de la doctrine nouvelle; l'arbre desséché refleurit de plus belle. Si ce ne fut plus la floraison radieuse ilu temps des t'Iaviens ou des Antonins, il resta du moins un fonds de dignité, de noblesse, d'aspirations élevées.
PhOt. Alinari.
SAINT-PAUL HOnS LES MURS, PRÈS DE ROME Reconstitution de la basilique du V siècle.
Nous devrions examiner ici, avant de continuer, une série de questions importantes : à savoir si l'art chrétien s'est formé et développé sous l'inlluence romaine ou sous l'influence hellénique; si le style dit « byzantin » s'est manifesté dès le 1er siècle ou bien seulement après l'établissement de l'Kmpire à Constantin Ople, etc., etc. Mais ce sont là problèmes qui divisent les meilleurs esprits. Il nous suffira de constater que la domination romaine avait étendu la même civilisation et les mêmes formes d'art d'un bout à l'autre de l'Empire, depuis les rives de la Tamise jusqu'à celles du Nil, du Jourdain ou de l'Euphrate. A torl l'on a prétendu que l'unité romaine était purement gouvernementale. Ce que l'on a appelé le « style impérial » régnait dans les îles Britanniques, l'Espagne, lesCaules, aussi bien qu'en Egypte, en Palestine, en Syrie.