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DE GRENADE

laga ou à Valence.

La a eh 1:1.1; ik a joué un grand rôle dans l'industrie des Orientaux, chez les Phéni ciens, chez les Byzantins. Si l'on en croit les voyageurs orientaux, cet art fut activement pratiqué chez les Arabes d'Égj pte. 11 nous reste un assez grand nombre de grandes lampes en verre émaillé suspendues dans les mosquées, remarquables aussi bien par la variété des ornements et la beauté des inscriptions que par la perfection du travail el la coloration des émaux.

Les i es enfin ont été de tout temps

l'art tri pliant des Orientaux. Les (dus anciennes nous ont été

conservées grâce aux trésors de nos églises, où elles ont continué à envelopper les reliques rapportées au moyen âge de Terri' sainte. A des époques moins anciennes, les Persans ont fabriqué îles tissus de laine mélangés de soie, où le décor de sujets de chasse est d'un charme très grand. L't (ccldènl a emprunté à I < Irienl |i' genre (le ces pièces il'' velours frappé qu'exécutaient magistralement les ateliers de Scutari el qu'ont imité Gênes el Venise. Jamais enfin l'Occident n'a pu surpasser l'I h ienl dans Kl fabrication de ces lapis qui sont parmi les plus belles choses qui soient sorties des mains humaines. El c'est

la Perse qui dans cet art n'a jamais été égalée. Les lapis du kvi sièi le d'Ispahan el de Chiraz, ù -u p is de chasse ou .ï décorations géométrique fi florale, sonl des chefs-d'œuvre.

Aussi bien dans leur architecture 111

Colloclio-i do M. Louis Gousc.

PERSANE DU XVIe SIÈCLE

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TAPIS PERSAN DU XVIe SIÈCLE

Fragmout,

e que 1 la n- leurs ails industriel!

l'Islam m' si' sonl jamais départis d'un idéal qui était la marque propre de leur génie. Fuyant la régularité des lignes continues, la inoiiiiliuiie îles surfaces planes, ils aiment l'entre-croisement (les lignes et les combinaisons infinies des ligures géométriques, l.e- jeux île leur fantaisie semblenl affranchis de toute règle, i'l cependant il n'est pas d'art qui soit conduit plus logiquement cl qui ait un plus parlait équilibre. L'orneme nlalion riche el capricieuse est toujours d'un goût savant et sûr, et le sens de l'harmonie dans les formes et dans la couleur se résout toujours en accords parfaits.

CAS TON Ail GS ON.

LE STYLE ROMAN

n désigne sous le nom de style roman l'ensemble des efforts qui se sont produits, dans l'Europe catholique, du xe au xne siècle environ, et qui, tout en offrant des nuances nombreuses, selon les climats ou le s* races, s'inspirent de principes communs. De môme que l'on appelle langues romanes les langues qui dérivent du latin — fiançais, i lalion, espagnol, portugais, roumain — de même .m a appliqué le l c rm e d e style roman aux rao-

numents qui procèdent plus ou moins directement de l'ail romain, line fois de plus, la chaîne de la tradition s'est renouée. Il n'a d'ailleurs pas fallu mains de cinq à six cents ans, à partir de l'invasion, pour permettre aux icfées de se tasser et aux instincts, longtemps confus, de se fixer en formules d'art. Sans cesser de mettre à contribution les modèles classiques, la civilisation nouvelle a trouvé sa voie propre. Moitié par goût, moitié par ignorance ou impuissance, elle a transformé des règles que l'on eût pu croire immuables.

Ses créations, esl-il nécessaire de le proclamer, ne sauraient rivaliser avec celles qu'elles étaient appelées à remplacer. La sculpture, la peinture, les arts mineurs, ne se sont pas relevés encore de l'abaissement où ils étaient tombés. Quanta l'architecture, si elle résout quelques problèmes négligés par ses devanciers, elle pèche trop souvent par la lourdeur.

Un grand sérieux, une somptuosité massive, des convictions profondes, mêlées parfois de terreurs qui se reflètent dans l'ornementation fantastique des églises, dans cette profusion de

INTÉRIEUR DU L ÉGLISE DE (lIAIJT E - M A H N E )

v i r. n o ii v

monstres faits pour remplir d'épouvante : tels sont les caractères essentiels de ce style, à qui l'on ne saurait refuser beaucoup d'estime, parfois même beaucoup d'admiration.

L' ARCHITECTURE

Commençons par définir la principale des créations de l'époque romane. L'église est une basilique dont la nef, au lieu d'être couverte d'une charpente, est couverte d'une voûte — voûte en berceau ou voûte d'arêtes.

A quelle époq ;ette combinaison nouvelle se produisit-elle

pour la première lois? Nous sommes obligés d'avouer que nous l'ignorons. Les plus anciennes églises romanes qui se soient conservées, Saint-Savin, Tournus, sont des premières années du xie siècle, et on a pu prétendre' que l'ai l roman était né précisément après l'an mille. La raison qu'on en a donné n'a pas de valeur. On a répété longtemps que la chrétienté, après l'an mille, joyeuse d'avoir échappé au grand jugement, s'était soudain revêtue « d'uni- blanche robe d'églises ». Les hommes, désormais sûrs de l'avenir, avaient voulu bâtir dos édifices indestructibles. Mais on sait aujourd'hui que les prétendues terreurs de l'an mille n'existèrent jamais que dans l'imagination de linéiques historiens modernes. A la veille de la date fatidique, des églises s'élevaienl dans huiles les parties de la France. En 999 l'église de Saint-Martin de Tours, un des plus illustres sanctuaires du monde chrétien, était en pleine reconstruction.

Faut-il faire remonter l'art roman jusqu'au x° siècle el dire que les basiliques couvertes en bois, dont les pirates normands avaient fait«un universel feu de joie», furent partout remplacées par do solides églises voûtées? L'art roman serait-il né tout simplement de la pour des incendies? La raison paraîtra peu convaincante si l'on songe que toute la France du Nord, c'est-àdire la région que les pirates Scandinaves ont le plus souvent dévastée, releva ses églises sans songer à les voûter. Au ku" siècle les églises de la fiance septentrionale n'ont pas encore de voûtes.

A vrai dire, l'art roman est né et s'esl développé au sud de la Loire, dans l'Aquitaine romaine el dans la vallée dû Rhône et de la Saône qui fut la grande voie antique, bordée d'arcs de triomphe, de temples et de tombeaux. Il semble que le secret de la voûte ne se soit, conservé' que clans ces vieux pays romains. Il est probable qu'il ne s'y est jamais perdu. De petits édifices comme la chapelle funéraire de Malebaude (près dé Poitiers . qui est peut-être antérieure à l'époque carolingienne, annoncent et préparent les grandes basiliques voûtées. 11 faut donc renoncer à assigner une date a la naissance de l'église romane. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il n'y a pas, à l'heure acluelle, une seule église

NOTRE-DAME DU PO.1T, A C L E H M O N T - K C n n A N I>

ïrieurc à l'an mil

voûtée dont on puisse affirmer qu'elle esl a Tous les types précurseurs oui disparu.

L'architecture nouvelle esl toute monastique. Les plus belles églises romanes qui subsistent sonl des églises d'abbaye. D'autre part, les quelques artistes du xr siècle dçnl le i i esl parvenu jusqu'à nous se trouvent être des moines. Rien n esl moins surprenant. !>'• la Qn du nde ro

main jusque vers le milieu du mi" siècle, il n'y eul pas d'autre école d'arl que les monastères. L'ordre de Saint-Benoîl fui l'héritier de la culture antique. Une grande abbaye bénédictine ressemblait à une villa gallo-romaine, comme le moine bénédictin avec son manteau à capuchon ressemblai!

à un artisan gallo-romain. La cour centrale de la villa, avec ses portiques, c'élail le cloîlre avec sa colonnade. Toul autour se

groupaient, dans l'abbaye c ne dans la

villa, les celliers, les greniers, les ateliers. Une abbaye se suffisait à elle-même : elle n'avail pas seulement ses forgerons et ses charpentiers, mais aussi ses orfèvres, ses enlumineurs, ses verriers, ses peintres. Le laineux traité des arts décoratifs du xi1' siècle, la Schedula tlicersarum arlimn de Théophile, a été écrit par un moine pour îles moines, 'fous les ai ls, toutes les sciences qui avaient pu être sauvés, s'enseignaient dans l'abbaye, à l'abri de ses fortes murailles. Au dehors commençai.! la barbarie L'abbaye apparaissait conirne un lieu de sécurité profonde, comme un port. Les moines donnaient à leurs couvents des noms mystiques d'où

se dégage une impression de paix : ils les appclaienl Beaulieu, Cberlieu, Bonport, Valbenoite. L'enceinte du monastère enfermait à la fois la vie et la mort. Le plan de Saint-Gall nous montre un grand jardin d'arbres fruitiers et de plantes médicinales où on enterrait les religieux. — Ce recueillement fut favorable à l'art. Les œuvres sor lies de la main des moines lém oignent presque toujours d'une conscience scrupuleuse, d'une application que rien ne lasse. Ils d enl Ions leurs soins à une église

de village et en font un chef-d'œuvre «le convenance, de goût, de sincérité. Ils sculptent la pierre avec autant de patience que s'ils fouillaient l'ivoire. Le musée de Toulouse, le cloîlre de Moissac nous monlrenl les plus merveilleux chapiteaux romans. On sent que chacun d'eux fut l'œuvre d'un moine qui ne comptait pas les heures. L'art du XIIIe siècle est infiniment plus vivant que Cet arl des cloilrcSi mais il esl moins parfait. Les maîtres laïques du xur siècle sentaient mille choses que le moine ne comprit jamais, mais le moine était un meilleur ouvrier. Que l'on compare un vitrail du mt siècle (Saint-JDcnis) avec un vitrail du sur sainle Chapelle . ei l'on sentira la différence.

L'ordre monastique a qui l'arl roman doit le plus est assurément celui de Cluny. Cette pau\ re petite ville de Saône-et-Loire, si insignifiante aujourd'hui, lui, au xi" siècle, l'école de la chrétienté. Les abbés de Cluny avaient une noblesse d'imagination toul antique, nu retrouve dans l'arl qu'ils ont l'ail naître autour d'eux quelque chose de la grande manière des anciens. Cluny axait (b s prieurés dans Imite l'Europe. C'est une question de savoir si l'arl de l'abbaye mère a réellement rayonné sur la fiance, I Espagne, l'Italie, l'Allemagne. On l'a affirmé, puis nié'. A vrai dire, le problème n'a pas été étudié comme il devrait l'être et ne saurai! encore recevoir de solution.

La magnificence des églises clunisiennes avait de bonne heure choqué saini Bernard. Cette âme tendre, éprice de perfection intérieure, eùl cm trahir l'Evangile eu donnant quelque chose aux sens. Il imposa comme règle aux architectes de son ordie la parfaite simplicité' Les moines de Cîteaux, fidèles à l'esprit du grand réformateur, ont répandu dans toute l'Europe un arl austère et nu. Ces églises sévères ne sonl pourtant pas tristes : elles ont une sorte <le beauté mathématique qui leur vient île l'harmonie des proportions. Les cisterciens adoptèrent le liés bonne heure l'art gothique et, les premiers, le firent connaître à l'Italie, à l'Allemagne, aux pays Scandinaves.

La première chose qui doil attirer l'attention dans une église romane, c'esl la Voûte qui couvre la nef. On peut dire que c'est eeiie voûte qui crée tout 1 édifice. Comme il est difficile de con-

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