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AVIGNON ET LE CHATEAU DES PAPES

91 a i s o n h o m a n e de saint- a n t o n 1 Itarn-et-gahonne)

de la nef est contre-butée par «les fias côtés presque aussi élevés que la nef centrale, mais infiniment plus étroiis. Ces bas côtés ne comportent jamais de tribunes. La nef n'esl pas éclairée directement. L'abside n'est pas toujours embellie par un déambulatoire à chapelles rayonnantes. Dans aucune école on ne sent

davantage le poids

. . , ja Qécessit é ;

. dans aucune la

voûte ne semble peser plus lourdement sur les murs.

A l'intérieur tout a été sacrifié à la solidité. Mais le génie comprimé au -dedans s'épanouit à l'extérieur. Rien de plus riche que certaines façades poitevines. Celle de Notre-Dame la Grande à Poitiers ressemble à une œuvre d'orfèvrerie.

Un collï ei (le métal

dont toutes les parties seraient minutieusement ciselées semble en avoir été le modèle. D'innombrables accidents que le temps, en effritant la pierre, a encore multipliés, fonl jouer partout la lumière et l'ombre. Les portes des églises poitevines n'ont pas de tympan, de sorte que l'artiste a été amené à répandre la sculpture sur la façade, au lieu de l'enfermer dans le cercle étroit du portail. Celte éblouissante panne, d'ailleurs, ne doit pas être étudiée de trop près :

le ciseau du sculpteur apparaîtrait trop souvent hésitant et sans vigueur. L'ossature de l'église poitevine est si simple qu'on la trouve dans une foule d'églises de la vas'e région qui va de la Loire aux Pyrénées. Mais c'est seulement dans le Poitou el la Saintonge, à Poitiers, à Melle, à Saintes, qu'on peut admirer de riches façades.

L'expansion de l'école poitevine a été arrêtée du côté du sud-ouest par une école d'un caractère très original, qui est celle du Périgord. Par un phénomène encore inexpliqué, on voit surgir dans ces régions des églises à coupoles d'un aspect tout oriental. Quand, en approchant de Périgueux, on aperçoit les dômes de Saint-Front, éclatants de blancheur, on imagine que l'on va entrer dans nue ville d'Asie. Le. problème de la voûte fut résolu ici par la méthode byzantine de la coupolesur pendentifs. Saint- Front de Péiigueux ressemble trait pour trait à Saint- Marc de Venise, mais n'en dérive pourtant pas. C'est probablement Constantinnple qui a fourni le modèle de ces églises à coupoles disposées en croix grecque. L'église des

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de l'église abbatiale de souillac (lot)

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Saints-ApôtreS aujourdhuî détruite) paraît avoir é Le le prololype de Saint-Frdnl el de Saint-Marc* Saint-Marc éblouit par l'éclat Je ses mosaïques. La nudité de Saint-Fronl avait sa grandeur; niais l'église, restaurée de fond en comble sans nécessité, semble neuve aujourd'hui.

On a cru longtemps que toutes les églises à coupoles du Périgord dérivaient de Saint-Front. Ce système, d'ailleurs ingénieux, reposait sur une erreur chronologique. On admel aujourd'hui que

Saint-Front, I

d'être la plus ancienne de nos églises à coupoles, est au contraire une des plus récentes. Elle n'est pas du commencement du Xi" siècle, mais de la première moitié du xu". En reconnaissant cette vérité, on est obligé en même temps d'avouer qu'on ne peut plus expliquer clairement

la génération des églisesà coupoles de l'Ouest, si bien que certains archéologues son,t allés jusqu'à admettre que la coupole orientale sur pendentifs avail été inventée de nouveau par les architectes de ces régions. Les plus belles églises à coupoles s. .ni relies de Cahors, d'Angoulême, de Solignac cl enfin celle de Fontevrault, qui esl forl éloiguée de l'école à laquelle elle se rallachoi 'finîtes ces églises, d'ailleurs, sonl différentes de Saint-Fronl et "iil combiné la coupole mm pas avec la croix grecque, mais avec le plan de la basilique

lai .1 une seule nef.

Dans la vallée du lihoi I de la Saône,

nous retrouvons la voûte. L'école provençale ei l'école bourguignonne ont beaucoup de caractères communs. La plus hardie est l'Ecole bourguignonne. Bile a l'audace d'éclairer directement la grande nef en perçanl des fenêtres s.. us la voûte. Elle use. par conséquent, pour soutenir celte voûte, se passer de l'appui des bas côtés, qui ne peuvent plus titer assez liant pour la con-

tre-buter. Cette audace ne réussit pas toujours. En 1125, b s voûtes de la basilique de Cluny s'écroulèrent. Celles de Vézelay et celles de Beaune ne lurent maintenues en place que par l'artifice des tirants de fer et des arcs-boutanls. Les architectes gothiques, avec la croisée d'ogives, pouvaient seuls résuiidre | >1< -i iicin <-n I le problème posé par les architectes bourguignons. Pourtant il ne faut pas médire de cette école bourguignonne. Toutes ses églises ne s'écroulèrent pas : celles d'Auluri, de Saulieu, dé Paray-le-Monial,deSemur-en-Brionnais,ont un airde grandeur qui émeut. Dans toutes les églises de la Bourgogne, on sent le génie presque romain de Cluny. Cluny fut la vraie Home du haut moyen âge. Son église avec ses cinq nefs, ses deux transepts, son immense

narthéx et sa quintuple tiare de tours élailla plus vaslc- de la chrétienté et dépassait en majesté tout ce qu'on pouvail voir dans la ville des papes. Des barbares, de 181)1 à 1811, détruisirent celte merveille. L u bras de transept, encore debout et grand comme une

église, laisse deviner ce que fut le monstre. Les moines de Cluny portèrent leur art jusqu'en Orient. Les églises qu'ils élevèren t à Jérusalem et en Terre sainte, au tenipsdespremièrcs croisades, sont .les églises bourguignonnes. Dans ce pays de grands souvenirs el de grandes ruines, la France resta naïvement fidèle à son génie.

L'Ecole provençale est apparentée à l'école bourguignonne. En Provence comme en Bourgogne, on osa éclairer directement la nef; mais les fenêtres qui s'ouvrenl sous La mailidité de l'édifice n'en fut prudence dans les églises nonnes: en revanche

LES A P O r II e s

se de Vézelav.

tresse voûte sont si étroites que la pas compromise. Il y a donc plus < provençales que dans les églises bourgui

v a moins d<

randeur. Ajoutons d'une cxlrèim point de (b'an

que la région de l'abside esi simplicité el ne comporte bulatoire à chapelles rayon-

UN PROPHÈTE Bas-relief de leylisc de Soiulluc.

liantes. D'où \ ienl donc le charme des églises provençales? De la pâleur dorée de la pierre qui s'harmonise avec les guis légers de ces paysages virgillens; de l'aspect toul antique du décor : frontons triangulaires, pilastres

cannelés, oves, rais de cœur, corniches qui sein bien I arrachées à des ans de triomphe; enfin de la beauté de certaines façades. Les portails de Saint- Trophimc d'Arles et de Saint-Gilles, çoHverlsde bas-reliefs, sont des œuvres si magnifiques qu'on ose à peine s'en avouer les défauts : surcharge, mollesse d'exécution, gaucherie dans l'imitation de l'antique. Il esl impossible, dans l'étal de nos connaissances, de tracer les limites de l'école provençale. Il semble que la vaste région des Cévennes ait subi son influence; mais jusqu'à présenl la pi'euve n'en esl faite pie pour la Haute-Loire.

Pour Irouver une autre école vraiment digue de ce nom, il faut aller jusqu'au Rhin. L iv ide rhénane est probablement la dernière On date de toutes les écoles romanes, car il semMe ,| ne les églises de Spire, YVi u nis. Maycnce n'aient été voûtées qu'à une époque assez avancée du xu° siècle. Des traditions anciennes subsistaient aux bords du Rhin. Par exemple, certaines églises n'ont pas de façade, mais se terminent à l'ouest connue à l'est (1) par une abside, (les deux absides

(l ) Il importe de noter que (ou tes les égli.-cs du iiioxen agfcsont pvîjntiis I £bsicbest it I est laf-u'îde à I uest

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