‹ Le musée d'artChapitre 72 sur 311 · I.A VIERGE TENANT I.' EN l'A NT · texte numérisé non relu

I.A VIERGE TENANT I.' EN l'A NT

rhol. Gircudon.

tympan de l'église s a i nt-p i e h u

suivant li Vthode romane sont des

e influence étrangère, s. Saint-Germain des Prés, à Paris,

aient sur la nef qu' ■ charpente.

surs de courte durée. Le Nord prit bientôt une éclatante

leva II C II e. Dès I es

premières années du

\U" siècle, les ai'Clli-

lectes de l'Ile-de- France et de la Picardie imaginèrent d'établir des voûtes sur des nervures appelées « croisées d'o-

giv m du même

coup créèrent l'architecture gothique; on peut dire que l'architecture de ces régions n'a pas traversé d'âge roman.

Les églises normandes, cependant, bien que dépourvues de voûtes, méritent d'être étudiées et présentent quelquesuns des caractères d'une école. Le plan offre une particularité curieuse : les bas cù!és se prolongeait

des deux côtés du chœur, mais s'arrêtent à l'abside et n'en font pas le tour. L'élévation de l'église normande a sa beauté ; les tribunes y sont fréquentes. Mais ce qui séduit le plus, c'est la

tour-lanterne qui ■ s'élève au carré du transept. llien de plus heureux que cette sorte de d i a d è m e lumineux qui empli' lechœurde clarté.

Uni' l'on song?

aux lourdes et sombres coupoles des églises ro mânes du sud de la Loire. La tour ouverte est l'invention de génie des architectes normands, elle fait toute la poésie de leurs églises.

Ils le sentiren' si bien qu'ils n'y renoncèrent jamais : jusqu'au xvr siècle leurs églises gothiques conse r ver ont celle belle couronne de lumière.

On s'étonneque des artistes aussi ingénieux et aussi hardis que les architectes normands aient reculé devanl la

VOÛle. Au xile siècle, ils continuent

à couvrir d'une charpente en bois la nef el les tribunes : seuls les bas côtés sont voûtés d'une série de voûtes d arêtes. El ce qu'il y a de plus singulier, c'est que l'église tout entière semble

PORTE n A RM O IRE Kragmeui.

l.E BAPTISTL11E, LA CATHEDRALE ET LA TOUR PEXC1 (xi' et xii* siècle.)

LA PIETE D ABEZZO

(xue siècle.)

faite pour recevoir des voûtes : murs •'■pais, robustes pilastres, contreforts, d.issereis tout prêts à porter l'arc-doubleau : rien n'y manque, aussi a-l-il été facile, à la lin du xir siècle, de voûter les vieilles églises romanes de daen à la mode gothique. Il y a donc une sorte île mystère aux origines île l'archileclure normande. Laut-il ad lire que les Normands, peuple de constructeurs «le bateaux et de charpentiers, soient restés instinctivement fidèles aux pratiques Scandinaves? — A l'extérieur, les églises normandes sont robustes el un peu niu s. La sculpture n'y lient presque aucune place. Mais les deux hautes tours qui encadrenl la façade ont une sorte de majesté féodale que l'on sent bien aux ruines de Jumièges.

L'art normand a conquis l'Angleterre.

Waltham Ahbey el la cathédrale de Peterborough sonl de pures églises normandes. Ces .Normands aventureux du m" el du

xii1' siècle portèrent leur art jusqu'en Sicile, comme le prouve la cathédrale de Cefalû.

L'arl roman esl surtout religieux. Cependant la puissante féodalité du xnc siècle a

aussi son architecture, (l'est à celte époque

que remôntenl nos plus anciens donjons, qui all'ectenl généralemenl la forme d'une tour carrée flanquée de contreforts. Tels sont les donjons normands; tels sonl aussi les donjons de la vallée de la Loire, Beaugency, Montbazon, Montrichard, Loches. Le vieux donjon de Loches, par sa simplicité et sa puissance, étonne comme un monument romain. Quant à l'architecture civile, elle n'a laissé que quelques vestiges. A Cluny, cinq ou six maisons ornées de colonnettes peuvent remonter à cette époque.

SI

LE STYLE ROMAN

L'hôtel de ville de Saint-Antonin présente tous les caractères d'une œuvre romani', mais pourrail bien être dû xni° siècle. Enfin, c'est dans les dernières années du xir siècle que fut construit le fameux pont d'Avignon. Ce grand ouvrage, le plus étonnant qu'on ait vu chez nous depuis l'antiquité, eul sa légende. Le petit berger Bénezet, qui l'entreprit sur un ordre du ciel, fui canonisé. Rapprocher les hommes par un pont, c'était pratiquer une des œuvres de miséricorde Dans la vallée du Rhône, les constructeurs de ponts formaient des confréries. L'art roman, même dans ses œuvres d'utilité publique, conservait son caractère religieux.

Nous n'avons rien dit encore des églises romanes de l'Italie. C'est que, là non plus, on ne sut pas résoudre le problème de la voûte. La basilique latine du ve siècle couverte d'une charpente est le modèle qu'on ne se lasse jamais d'imiter. La cathédrale de Pise, les églises de Lueques, l'église San Minialo de Florence n'uni dune pas de réelle originalité. Mais elles ont mille moyens de séduire. Comment oser l'aire le théoricien quand on arrive soudain dans la prairie déserte où s'élèvent le baptistère, le Campo santo, la tour penchée et la cathédrale de Pise! Les fines colonnettes, les revêtements de marbre, les fresques qui couvrent les murs de ces églises de la Toscane ou de l'Ombrie ont bientôt fait de triompher du pédantisme. On ne

songe plus qu'à jouir de tant de beautés. Il faut remonter jusqu'à la Lu m ha rit 1 1' pour trouver une véritable école d'architecture.

Mais là, connue en Normandie, la voûte n'apparaît qu'assez tard.

Cette voûte est déjà la voûte gothique à nervures.

Ainsi se présente l'église Saint- Ambroise de Milan, qui date peut-être du ixe siècle, mais qui ne fut voûtée qu'au xnc.

L'école lombarde, dont les principaux édifices se voient à Milan, à Pavie, à Parme, à Côme, a eu une singulière puissance de rayonnement. L'école du Rhin lui doit beaucoup. Le plan de la cathédrale de Spire, par exemple, où une travée de la nef correspond à deux travées des bas côtés, est celui de Saint-Ambroise de Milan. Chose étrange, ce plan lombard se retrouve à Saint-Étienne et à la Trinité de Caen. On y a vu l'influence de Lanfranc, qui était, comme on le sait, originaire de la Lombardie. La Bourgogne, la Provence n'ont pas échappé à l'influence lombarde. Pour dissimuler la nudité des murs, l'école du nord de l'Italie a recours à de longues bandes verticales que relient dans le haut de petites arcatures. Ce motif, auquel on a donné le nom de « bande lombarde », apparaît fréquemment dans les églises rhénanes, bourguignonnes, provençales. Les charmantes galeries ouvertes que nous avons admirées aux absides des églises du Rhin sont lombardes (l'on-

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