EGLISE SAINT-MICHEL, A LUCQUES
(xne siècle.)
gine. Le midi de la France nous en offre un exemple à Saint- Guilhem-du-Désert.
LA SCULPTURE
Le secret de la sculpture qui semble se perdre à la fin du monde antique est retrouvé au xi° siècle. La sculpture ornementale apparaît alors avec plus ou moins de richesse dans toutes les écoles. Les éléments de cet art décoratif sont extrêmement cu-
FONTS BAPTISMAUX DU BAPTISTE II E DE PAUME (xm" siècle.)
Phot. Aliuari.
CATHÉDRALE d'aMALFI (RESTAURÉE) (Xe siècle.)
Lft MUSÉE D'ART
ornements de ces tissus furent jadis symboliques et. exprimèrent d'anciennes croyances. Le Ceu allumé sur un aulel que gardent des lions est, on né saurait «mi douler, le Feu sacré îles Parais; et l'arbre où sont enchaînés deux monstres est le «nom ». l'arbre divin de la Perse. N'èst-il pas curieux de retrouver ces vieux Symboles orientaux srulptés aux chapiteaux de nos églises de France par des artistes qui assurément ne les comprenaient pas?
Ou voit combien, à l'âge roman, la sculpture décorative est complexe. Le génie de Rome, le génie du Nord, le génie de l'Orient s'y mêlent.
Mais n'oublions pas le génie du moyen Age lui-même. Il sort
UNE F n I S E IlO M A N E
Porto <lo l'église Saint-Juste,
à l.UCIjtlON.
lieux. Plusieurs motifs sont empruntés à l'art antique. On trouve dans les églises de la Provence et du Languedoc les oves, les rais de cœur, les rosaces des monuments gallo-romains.
Le chapiteau corinthien est un modèle que les sculpteurs r ans
on (souvent sous les yeux, mais qu'ils déforment presque toujours. Mais, à vrai dire, les motifs classiques sont les plus rares. L artiste roman préfère un décor compliqué, bizarre, où ne se retrouve plus la symétrie du génie antique. Ce sont des cordes entrelacées dont on apeineà débrouiller le réseau : ce sont des méandres sans fin où se poursuivent des guerriers et des monstres. Ce sont, comme à
Moissac ou à Souillac, des lions entrelacés, des hon is, des
oiseaux, îles êtres sans nom qui se dévorent. I. artiste qui a conçu ces œuvres n'obéissait évidemmen.1 pas au génie harmonieux 'des rai es du Midi. On sent ici le monde du Nord et l'imagination barbai'e. Et, en effet, ers entrelacs, ces méandres ornaient déjà les boucles de ceinturon des Germains qui envahirent la Gaule. Qùanl aux luttes d'hommes et de nslres,
elles se rencontrent dans les dessins des plus vieux manuscrits anglo-saxons. L'Orient enfin apporta aussi ses modèlesà cet art si complexe du haut yen âge. Les sculpteurs copièrent sou- Vent les dessins di s étoiles de soie qui venaient de C.onstantïnople ou de la Perse. Ce sont presque toujours des oiseaux affrontés, des lions symétriques séparés par un arbre ou unellamme. Les
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