POHTAIL DE LA CATHEDRALE DE RATISBONNE
âtis- masses ruinées qui jalonnent encore le sol de la France de leurs Les silhouettes imposantes, celles qui racontent de façon si éloquente
les luttes des croisés en Palesl i ne, à Rhodes, en Syrie, témoignent de la grandeur el de la puissance de celle architecture. Viollet-le-Dur a écrit silice sujet des pages admirables et savamment renseignées.
Ceci posé, il faut dire quelques mots de la diffusion de l'art gothique hors de son pays d'origine. La propagation s'opéra de proche en proche, durant la seconde moitié du xne siècle. Deux facteurs principaux de transmission sont à retenir : les évèques, d'une part, et l'ordre îles cisterciens, de l'autre. On pourrait ajouter une troisième in fluence, moins directe, celle de celte grande Université d< Paris, alors toute-puissante, où venaient s'instruire les clercs, les lettrés du inonde entier. Les évèques, nous les avons vus à Saint-Denis, venant assister à la consécration du chœur de Suger; d'autres présidèrent à la consécration d'églises fameuses el devinrent les porteurs de la parole nouvelle ; on cite l'exemple du
primat d'Cpsal faisant venir Pierre Bonneuil pour lui faire construire une somptueuse basilique; il en est de môme de celui de Cracovie. Les évêques de Tolède et de Burgos, au moment qui nous occupe, étaient d'anciens étudiants de l'Université de Paris. Quant aux cisterciens, ils jouèrent le rôle de véritables pionniers. Ils étaient par principe et par éducation d'excellents constructeurs, amenant avec eux et partout leur style et leurs métbodes; et comme, dès le premier jour, ils étaient devenus les adeptes de la voûte nervée, on voit d'ici l'importance que prit dans le mouvement le génie organisateur de ce grand ordre, le-plus puissant et le plus expansif des ordi es monastiques.
L'Angleterre fui le premier pays attaqué. Guillaume de Sens y avait été appelé, sans doute à l'instigation de Thomas lieckrt, à la suite des relations nouées à Sens même avec l'illustre prélat. En 117:;, il avait été choisi pour réparer 1rs dégâts causés par l'incendie au chœur de la cathédrale de Canterbufy. Le chroniqueur anglais, Gervais de Canterburyj nous a Laissé un récit détaillé des travaux exécutés par Guillaume de Sens de 1175 à 1178. Entre le chœur de Sens et celui de Canterbury, il y a la plus étroite similitude; on retrouve dans l'édifice anglais ce beau parti de colonnes accouplées et tous les détails de profils <* ( de sculplir res qui constituenl l'originalité de Saint Etienne de Sens.
L'œuvre supei be de Guillaume de
Sens fut immédiatement imitée sur d'autres points. Les cisterciens bâtissaient peu après l'abbaye de Fountain sur le modèle de l'abbaye mère de Pontigny. Un architecte de Blois, du nom de CeofTïoy des Noyers, était chargé de reconstruire le chœur de la cathédrale de Lincoln. L'impulsion était donnée. Dès le commencement du xiu» siècle, l'Angleterre devenait pour le style
gothique un pays d'élection. L'école anglaise, prompte ni
constituée, a produit, aux x 1 1 1 c ef xiv° siècles, des œuvres infiniment nombreuses, à York, à Ely, à Chesfer, à Lichfield, etc.,.que leur bel état d'entretien, leur propreté toute britannique e1 leur extrême richesse d'aspect ont rendues célèbres auprès des touristes, malgré que la sécheresse relative de leurs formes, issues du style normand, les rende très inférieures aux œuvres françaises. Le style Tudor, qui leur a succédé, demeure également fort au-dessous de l'élégance de notre flamboyant.