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Le musée de Colmar. Martin Schongauer et son école

critique d'art, a baptisée du nom de eolUeiionalffie, travaillent, après tout, dans l'intérêt de l'art, apis matinœ mare modoque. Leurs richesses, lentement amassées, patiemment exhumées de la poussière, finissent toujours, après un certain temps d'éclipsé, par venir grossir le butin archéologique qui s'étale dans les vitrines des musées publics.

Colmar doit à quelques bonnes fortunes de ce genre d'avoir vu grandir les fonds divers qui composent ses coUections de peinture, de sculpture, d'estampes, d'histoire naturelle, d'ethnographie et de numismatique.

La création d'ime Société d'histoire naturelle, sous le patronage d'hommes dévoués à la science, a puissanunent contribué à étendre le rayonnement de ce centre. Ces hommes ont été compris et, de tous côtés, ont afQué les dons et les souscriptions dont ils ont besoin pour faire prospérer leur œuvre, encouragée d'ailleurs par des subventions de l'État, du département et de la ville.

Mon intention, en écrivant ces lignes, n'est point de passer en revue toutes les œuvres exposées au musée. La tâche serait trop longue et, à quelques points de vue, trop aride. J'entends faire, d'abord, une petite excursion rétrospective dans le domaine des peintures du xv® siècle, si largement représentées sous ces voûtes gothiques, et résumer ensuite mes observations sur les œuvres modernes les plus importantes.

En peu d'années le monimient des UnterUnden est devenu un foyer qui reflète, bien que dans des proportions modesles, tous les côtés intéressants de l'art et de l'intelligence humaine. Les vastes salles de l'étage sont occupées par la bibliothèque de la ville qui renferme 40,000 volumes, par le médaillier qui compte plus de 10,000 pièces, dont un grand nombre fort rares, par une vaste collection d'estampes de choix formée en grande partie par feu M. Hugot, bibliothécaire-archiviste de la ville, l'un des plus ardents promoteurs de l'œuvre des Unterlinden. A côté de ces ressources précieuses pour l'étude vient se ranger le musée d'histoire naturelle où figurent les belles collections ethnographiques de la Chine, rapportées par M. Aug. Haussmann, du Logelbach, qui faisait partie du personnel de la mission de M. de Lagrenée en 1843; les collections des îles Marquises, données par M. le capitaine Rohr, de

Golmar; celles de la côte orientale d'Afrique et des Indes, rapportées par M. Kuhlmann, de Golmar, ancien consul de France à Zanzibar. Les galeries ogivales du cloître, qui entourent le préau d'un carré parfait, renferment les monuments gallo-romains trouvés dans le département, les fragments de sculptures gothiques et de la renaissance, quelques moulages de statues de la cathédrale de Strasbourg, première ébauche d'un musée spécial de la vallée du Rhin que rêvait M. Hugot. Comment citer ces belles galeries sans rendre hommage à la munificence de M. Hartmann, ce vaillant vieillard, qui , à l'âge de quatre-vingt-quatre ans , possédait encore cette verdeur agissante, cette jeunesse d'esprit qui font entreprendre une belle œuvre avec la volonté de l'achever? Son œuvre, réalisée à grands frais, ne se recommande-t-elle pas à la reconnaissance des artistes et amateurs, comme un bel exemple rarement imité et, par cela même, plus précieux?

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