‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 109 sur 434 · BRULER · texte numérisé non relu

BRULER

transmises par Grégoire de Tours dans son Hisioria Francorum (livre II, chap. xxxi) :

Mitis depone colla, Sicamher : adora quod inceîidisti, incende quod adorastt (Éd. de la Société de l'Histoire de France, 1836, t. I, p. 218.)

Courbe humblement la tête, Sicambre : adore ce que tu as brûlé, etc.

On voit que la traduction classique : t Courbe ton front, fier Sicambre... » n'est pas d'une exactitude rigoureuse. On peut toutefois la justifier en considérant que la phrase, qui exprime Thumilité présente de Clovis, contient une allusion à sa fierté d'autrefois.

Mézeray, dans son Histoire de France, 6* livre, a donné cette autre traduction, relativement satisfais faisante :

Dépose ta fierté, Sicambre...

« Brûler n^est pas répondre. »

Le 7 janvier 1794, à la Société des amis de la Liberté et de VEgalité (club des jacobins), Camille Desmoulins, dénoncé pour la publication de son journal-pamphlet le vieux Cordelier, s'efforça en vain de justifier sa conduite. Robespierre, qui l'avait jusque-là soutenu comme son ami, se déclara obligé de tenir un langage plus sévère :

Camille, dit-il, est un enfant géiié qui avait d'heureuses dispositions, mais que les mauvaises compagnies ont égaré. Il faut sévir contre ses numéros que Brissot luimême n'eût osé avouer, et conserver Desmoulins au milieu de nous. Je demande pour l'exemple que les numéros, de Camille soient brûlés dans la société.

BRULER — BRUTUS lOT

— C'est fort bien dit, Robespierre, répliqua Desmoulins, mais je te répondrai, comme Rousseau : brûler n'est pas répondre,

[Moniteur du 21 nivôse an II, 10 janvier 1794, p. 446, col. 2.)

Rousseau avait pu le dire, notamment lorsque son Emile fut condamné au feu par le parlement de Paris (9 juin 1762), puis par le conseil de Genève (18 juin). Ce qu'on peut affirmer, c'est que, fort peu après cette époque, le mot était connu et employé. Grimm écrivait, H la date du 15 septembre 1762 :

Une petite brochure intitulée : Mes doutes sur la mort des jésuites j a été brûlée par ordre du parlement. L'auteur dit cependant que brûler n'est pas répondre...

D'après les Mémoires de Bachaumont (14 août), cette brochure a été attribuée à l'abbé de Caveirac.

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