CHARTE
« La Charte sera désormais une vérité. »
La Proclamation adressée le 31 juillet 1830 aux habitants de Paris par le duc d'Orléans, acceptant la lieutenance-générale du royaume, se terminait ainsi :
Les Chambres vont se réunir ; elles aviseront aux moyens d'assurer le règne des lois et le maintien des droits d& la nation.
La Charte sera désormais une vérité.
Ces mots affichés sur les murs de Paris produisirent d'abord dans le public un très vif mécontentement. On y voyait le maintien de la Charte de Louis XVIII, et, le pouvoir étant toujours entre les mains d'un Bourbon, le peuple croyait que, malgré la lutte sanglante dont il était sorti victorieux, il n'avait rien obtenu. C'est pour arrêter l'effet de cette mauvaise impression que l'on crut devoir modifier ainsi la dernière phrase dans les nouveaux exemplaires affichés :
Une Charte sera désormais une vérité.
Malgré cela, la Proclamation des députés présents à Paris, insérée dans le Moniteur du lendemain 1" août> reproduisait sous leur première forme les paroles de Louis-Philippe.
Le 2 août, le changement de la en une reparaît encore une fois dans le même journal.
Enfin, comme on s'était sans doute aperçu que cette rédaction n'avait aucun sens, le Moniteur du 3 août se rétractait dans l'entrefilet suivant (première page) :
Erratum. — C'est par erreur que la dernière phrase de