CHARBONNIER
fauve, s'égara dans une forêt. Surpris par la nuit, il accepta l'hospitalité dans la loge d'un charbonnier. Celui-ci, sans le reconnaître, l'accueillit avec la plus grande cordialité, et lui offrit de partager son repas, mais il s'assit le premier à sa place ordinaire, alléguant que
Par droit et par raison Chacun est maître en sa maison.
Le lendemain seulement le roi se fit connaître, et témoigna sa reconnaissance au charbonnier en lui accordant le droit de chasse.
Quoiqu'on l'ait souvent affirmé, Biaise de Monluc n'a pas raconté cette anecdote dans ses Commentaires. Il y a seulement fait allusion en citant la réponse du charbonnier à François I" : « Chacun est roy en sa m,aison,9
(Voy. Téd. publiée par A. de Ruble pour la Société de l'histoire de France, t. III, 1867, p. 482.)
Si l'on en croit le Dictionnaire lyrique de Clément, ce proverbe aurait paru pour la première fois, sous la forme généralement adoptée, dans la Belle Arsène, opéra-comique de Favart, musique de Monsigny, joué à Fontainebleau le 6 novembre 1773 (acte IV, scène ii).
En réalité, il circulait depuis longtemps sous une forme à peu près identique. On le trouve cité ainsi par Corbinelli, dans une lettre de M""* de Sévigné à sa fille, en date du 8 avril 1676 : « Le charbonnier est maître à sa maison. »