‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 160 sur 434 · CIMETIÈRE — CITOYEN · texte numérisé non relu

CIMETIÈRE — CITOYEN

point de Téloquence humaine en s'écriant : « Vous ne voulez pas faire de la France une caserne ; prenez garde d'en faire un cimetière. »

(Tome III, 1896, p. 86.)

Le projet de loi sur le recrutement de Tarmée et la création de la garde mobile fut discuté au Corps législatif à partir du 19 décembre 1867, et adopté le 14 janvier 1868, malgré les efforts de l'opposition. M. Jules Simon, notamment, toujours plein de généreuses illusions, demandait la suppression des armées permanentes, comptant sur la levée en masse pour assurer la défense du territoire.

Appelez-vous messieurs, mais soyez citoyens.

Dernier vers d'une pièce de François Andrieux, intitulée : Dialogue entre deux journalistes, lue à Tlnstitut en séance publique le 15 vendémiaire an IV (6 octobre 1796).

Les deux interlocuteurs se disputent, Tun voulant être appelé « monsieur •, l'autre « citoyen •.

Le dialogue débute ainsi :

Bonjour, cher citoyen, — Monsieur, je vous salue.

On le trouve dans les Mémoires de l'Institut national des sciences et arts. Littérature et Beaux-Arts. Tome IV, p. 447.

A propos des mots messieurs et citoyens, nous rappellerons une anecdote assez piquante dont M. Antony Thouret, représentant du peuple pour le département

du Nord, fut le héros à TAssemblée législative, le 6 octobre 1849.

L^honorable membre demanda pourquoi la qualification de citoyen, après dix-huit mois d'existence, s'était trouvée tout d'un coup supprimée dans le compte rendu des séances.

J'ai eu l'honneur, ajouta-t-il, de déposer sur le bureau une pétition demandant l'enseignement gratuit et obligatoire, et vous savez que chacun de vous est dans l'usage de remettre en pareil cas une note à messieurs les sténographes du Moniteur, (Hilarité générale.)

Voix diverses : Ah I ah ! On vous y prend ! — Un gage \ (L'hilarité redouble.)

L'orateur, que ce succès imprévu ne démonte pas, se plaint de ce que, dans sa note, le mot monsieur a été substitué au mot citoyen, et demande au citoyen président s'il a donné Tordre de falsifier les notes remises aux sténographes.

Le citoyen président, qui était alors M. Dupin aîné, répondit :

La question a été tranchée par un vers de bon sens : Appelons-nous messieurs et soyons citoyens.

L'Assemblée, se rangeant à l'avis de M. Dupin, fit justice de cette niaiserie et vota la question préalable à une forte majorité.

Quelques jours après, le 13 octobre, on chantait aux Variétés, dans le 4® n° de la Foire aux idées, journalvaudeville de MM. de Leuven et Brunswick (acte r% scène v) :

Finissons-en avec les mots anciens ;...

Déjà du tutoiement on a proscrit l'usage... Appelons-nous monsieur, et soyons citoyen.

Roi citoyen.

Dans Soliman second ou les Trois sultanes^ comédie en trois actes, de Favart, représentée à la Comédie Italienne le 9 avril 1761, Roxelane, jeune Française destinée au sérail de l'empereur Soliman, se plaint de son sort et regrette sa patrie :

Point d'esclaves chez nous ; on ne respire en France

Que les plaisirs, la liberté, Faisance.

Tout citoyen est Roi, sous un Roi citoyen.

(Acte II, scène m.)

Qu'on nous permette ici une courte digression.

Roxelane (1505-1557), du mot persan roshan, qui signifie lumière, était en réalité d'origine russe. D'abord «sclave de Soliman, elle sut s'élever, tant par le pouvoir de ses charmes que par son intelligence et ses intrigues, au rang d'impératrice. Elle est restée célèbre par son petit nez retroussé (nez à la Roxelane), un de ces nez « dans lesquels il pleut », comme on dit vulgairement. Marmontel a insisté sur cette particularité de sa physionomie dans un de ses Contes moraux, intitulé Soliman II, où Favart a puisé le sujet de sa pièce (1761, t. I, p. 50 et suiv.).

. Pour en revenir à l'objet de cet article, nous rappellerons que, peu d'années avant l'époque où fut joué Soliman second, lord Rolingbroke avait tracé le portrait d'un roi patriote, patriot king, d'un roi qui se montre digne du pouvoir en gouvernant non pas en égoïste, mais avec l'unique pensée de faire le bonheur de son peuple. Sa lettre sur Vidée d'un roi patriote, datée du 1*' décembre 1738, fut publiée en anglais en

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