‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 193 sur 434 · CRAC · texte numérisé non relu

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taisie du savant allemand Rudolph Raspe, imprimée à Londres en 1785 sous le titre : Baron Munchausen's Narrative of his marvellous Travels and Campaigns in Russia,

Cet ouvrage a été traduit en allemand avec une préface du poète Bûrger (Gœttingue, 1788), et M. Théophile Gautier fils en a donné en 1862 une traduction française illustrée par Gustave Doré.

On croit que le livre de Raspe, qui à chaque édition s'enrichissait d'aventures nouvelles, avait pour principal objet de tourner en ridicule le véritable baron Jérôme-Charles-Frédéric de Munchhausen (1720-1797), qui s'était acquis une réputation de menteur fieffé par ses récits d'une extraordinaire invraisemblance.

Raspe n'avait d'ailleurs pas inventé toutes les prouesses qu'il prêtait à son héros. Il dut en prendre quelques-unes dans les Deliciœ academicœ, compilation due à Jean-Pierre Lange, publiée à Heilbronn en 1665. On trouve notamment dans le troisième livre de ce recueil, intitulé : Mensonges amusants et ridicules^ p. 123, l'aventure du cheval coupé en deux et celle du loup dont un chasseur retourne la peau comme un gant, et, p. 130, l'histoire du sanglier embroché, récits extraits des Facéties de Bebel (1508).

Un autre épisode de la vie du fameux baron paraît avoir une assez curieuse origine. On se souvient qu'un jour il voit s'épanouir sur la tête d'un cerf un magnifique cerisier, né d'un noyau avec lequel il a jadis tiré l'animal (p. 33 de la traduction Gautier).

Or, voici ce que nous lisons dans une Description

des villes de Berlin et de Potsdam, publiée à Berlin

en 1769, où se trouvent énumérées les curiosités du

musée de cette yille :

Parmi les singularités qu'on a coutume d'appeller des

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jeux de la nature, il y a uu bois de cerf trouvé dans la Lithuanie prussienne, tout à fait remarquable en ce que, sur la tôte de ce cerf avoit cru la tige d'un chêne, qui avoit environné cette tête de ses branches à travers lesquelles les cornes perçoient de toutes parts. (P. 331.)

On a pensé, non peut-être sans quelque raison, que le nom du célèbre Gascon se rattachait à l'arbre de Cracovie, qui se trouvait dans lo jardin du Luxembourg, et était un lieu de rendez-vous pour les nouvellistes. On disait qu'il avait été planté par la reine Marie de Médicis, à laquelle on doit le palais du Luxembourg. Il fut détruit dans les premières années du siècle dernier.

Il y eut encore deux autres arbres de ce nom à Paris, Tun aux Tuileries, et Tautre au Palais-Royal. Celui-ci, déjà en ruine en 1778, fut abattu en 1781.

(Voy. la Correspondance de Grimm, édit. M. Tourneux, t. XIII, p. 12, et le Chansonnier historique d'Emile Raunié, t. X, p. 9.)

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