‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 251 sur 434 · ÉCRITURE — ÉDIFICE · texte numérisé non relu

ÉCRITURE — ÉDIFICE

nouvelles ; mais substituer à un mot d'usage un autre mot qui n'a que le mérite de la nouveauté, ce n'est pas enrichir la langue, c'est la gâter.

Voici enfin ropinion exprimée par un fin lettré, M. Emile Deschanel, dans les Déformations de la langue française (1898, p. 202) :

On veut du nouveau, quel qu'il soit. Si Ton ne sait pas le mettre dans les idées, on le met dans les mots. On «ntremôle des néologismes souvent mal faits et des archaïsmes mal entendus. Décalquant en français les vocables latins comme » l'écolier limousin » de Rabelais, on ne parait pas se douter que, si cette pédanterie était déjà risible il y a trois cents ans, elle l'est encore bien plus aujourd'hui. — Et voilà la prose nouvelle, faisant gloire d'employer des expressions « désuètes ».

Parmi les maîtres qui les premiers ont pratiqué récriture artiste, il faut assurément placer Victor Hugo, surtout à partir des Misérables (1862). Il y a dans ce beau roman, dans les Travailleurs de la mer^ dans VHomme qui rit, etc., nombre de phrases qui appartiennent à récriture artiste. Seulement le grand poète savait tout animer et ennoblir de son puissant génie.

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