ÉPOUSER
Il ne tiendrait qu'à moi de rôpouser, si elle voulait.
C'est une de ces bonnes plaisanteries qui ont bien mérité de devenir proverbiales.
Elle est tirée d'une chanson de Vadé (1720-1757), le chantre des halles, créateur du genre poissard (le mot serait de Fréron), que Voltaire appelait volontiers « ce polisson de Vadé » (lettre à M""' Du Deffand du 7 septembre 1774), et auquel ses amis décernèrent le titre de € Téniers de la poésie ».
Une des fantaisies de Vadé a pour titre : Lettres de la Grenouillère, entre M, Jérôme Dubois^ pêchetcx du Gros-Caillou, et M""* Nanette Dubut, blanchisseuse de fin.
Dans une de ses missives, Jérôme envoie à son adorée une chanson qu'il vient de composer sur Tair :
Dedans Paris quelle pitié Devoir tant de filles pleurer.
Il peint sa flamme pour une brunette.
Belle comme Curpidon...
Aile a de T esprit fièrement, Tout comme un garçon de trente ans...
J'sais ben, dit le dernier couplet,
J'sais ben qu'i' n' tiendrait qu'à moi DU'épouser si aile voulait ;
Son sarviteur très humble
Attend sa volonté ;
Si ça se fait ben vite,
Fort content je serai.
(Œuvres complètes, 1785, t. V, p. 122.)