ESPRIT — ESSAI
quiou à l'Académie (5 juin 1784), M. Suard, chargé de lui répondre en sa qualité de directeur, avait lancé quelques traits peu flatteurs à l'adresse de Beaumarchais. Celui-ci, pour se venger de ce que Grimm appelle ce « petit soufflet donné à Figaro » [Correspondance littéraire, janvier 1785), répétant les expressions mêmes employées par M. Suard, écrivait à la fin de sa Préface :
Puisque j'ai promis la critique de ma pièce, il faut enfin que je la donne.
En général, son grand défaut est que je ne Vai point faite en observant le monde; qu'elle ne peint rien de ce qui existe, et ne rappelle jamais Vimage de la société où Von vit ; que ses mœurs basses et corrompues n'ont même pas le mérite d'être vraies. Et c'est ce qu'on lisait dernièrement dans un beau discours imprimé, composé par un homme de bien, auquel il n'a manqué qu'un peu d'esprit pour être un écrivain médiocre.
M. Suard se défendit (mal) d'avoir voulu désigner l'auteur du Mariage de Figaro, dans une lettre adressée à M. Le Noir.
On trouvera le discours de M. Suard et son aigre riposte dans la Correspondance de Grimm (juin 1784 et janvier 1785).