FÉMININ
FËMININ.
Li^èternel féminin.
La dernière scène de la seconde partie du Faust, de Gœthe, se termine par ces mots du « chœur mystique » :
Das Ewig-Weibliche Zieht uns hinan.
(L'éternel féminin nous élève au ciel.)
C'est en quelque sorte la conclusion de ce poème si extraordinaire que Gœthe appelait lui-même € un ouvrage de fou ». [Conversations recueillies par Eckermann, 10 janvier 1825.)
Ce mot résume la pensée •sublime qui plane sur Pœuvre entière : le salut de Faust, c'est-à-dire de l'homme en général, s'opérant par Tamour éternel.
Gœthe resta cinquante ans à méditer la seconde partie de son poème avant de commencer à l'écrire. Il ne se refusait pas à en reconnaître l'extrême obscurité, qu'il semblait même considérer comme une qualité :
Je suis, disait-il, de cette opinion que plus une œu\Te poétique est incommensurable et insaisissable pour IMntelligence, meilleure elle est. (6 mai 1827.)
Il disait une autre fois :
Le Faust est un sujet incommensurable, et tous les efforts que l'esprit ferait pour le pénétrer entièrement seraient vains... Cette obscurité même attire les hommes et ils se fatiguent à l'éclaircir, comme ils font pour tous les problèmes insolubles. (3 janvier 1830.)
. La belle expression de Gœthe a été maintes fois répétée et commentée. *