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FARINE

« De même farine. »

C'est-à-dire : de même catégorie, de même acabit ; en latin : efusdem iarinœ.

Le mot farine, avec ce sens proverbial, paraît avoir été d'un usage assez ordinaire chez les Latins.

L'exemple suivant est emprunté à la cinquième satire de Perse (34-62 de J.-C), vers 115-117 :

Sin tu, quum fueris nostrœ paulo ante farinœ, PeUiculam veterem rétines, et, fronte politus, Astutam vapido servas sub pectore vulpem...

(Mais toi, qui étais il n'y a qu'un instant de la môme farine que moi, si tu ne fais pas peau neuve, et si, avec des dehors honnêtes, tu conserves dans ton cœur corrompu Tastuce du renard...)

Suétone, au chapitre iv de la vie d'Auguste, écrivait :

Materna tibi farina ex crudissimo Ariciœ pistrino... (Ta farine maternelle vient du très grossier moulin d'Aricie...)

Liltré signale l'expression « de même farine » dans la 1" édition du Dictionnaire de l'Académie (1694), et relève l'erreur de M°*** de Genlis, qui la fait dater de la Révolution. (Mémoires, t. V, 1825, p. 91.)

« Il n'y a plus une seule faute à commettre. »

Dans la séance du Corps législatif du 14 mars 1867, M. Thiers, prenant la parole au sujet d'une interpellation présentée par lui et par quatre de ses collègues

▲LEX., MU8. de la Conv.. I. 20

€ sur les affaires extérieures de la France, spécialement en ce qui concerne TAllemagne et l'Italie », insistait sur Tisolement de la France en Europe, ayant pour principale cause la politique c des grandes agglomérations ». Il reprochait en particulier au gouvernement l'attitude de la France dans l'affaire du Danemark.

Il soutenait que le gouvernement doit chercher non pas une popularité bruyante, mais une bonne et saine popularité, celle qu'on obtient en octroyant au pays de nouvelles libertés.

Selon lui, la politique de ceux qui gouvernent doit être confirmée par l'événement.

Son discours se terminait par ces paroles pleines de sagesse :

En finissant, messieurs, je vous en supplie, pour vous et pour le pays, rattachez-vous complètement à cette politique que j'appelle la politique du bon sens, car, je vous le déclare, il n'y a plus une seule faute à commettre.

(Le Moniteur universel du 15 mars, p. 295, col. 4.)

Deux jours après, le ministre d'Etat, M. Rouher, répondait par un long discours où il reprenait un à un tous les arguments développés par M. Thiers.

Passant en revue les résultats obtenus par la politique de l'empire, il ajoutait :

Nous avons réalisé ce programme de 1859... Nous avons fait une Italie libre des Alpes à F Adriatique...

Nous avons arrêté le vainqueur quand il voulait enlever à la Bavière 900 000 de ses habitants...

Ah ! il n'y a plus une faute à commettre ! Le mot peut être à la fois bien habile et bien dangereux ; je lui oppose la vérité : il n'y a pas eu une seule faute commise.

[Moniteur du 17, page 308, col. 5.) C'est dans la suite du même discours que M. Rouher

exposait sa fameuse théorie des trois tronçons^ dont nous parlons dans un article spécial.

La faute en est aux dieux Qui la firent si belle!

Vers du poète Jean de Lingendes, qui écrivait au commencement du xvu* siècle.

Ils font partie d'une suite de stances qui se chantaient sur la musique de Boësset :

Si c'est un crime de l'aimer, On n'en doit justement blâmer Que les beautés qui sont en elle, La faute en est aux dieux Qui la firent si belle.

Et non pas à mes yeux.

Ces jolis vers furent ainsi parodiés par Gresset, dans sa comédie du Méchant (1745; :

La faute en est aux dieux qui la firent si bête.

Acte II, scène vu ; rôle de Cléon (le méchant), cher* chant à perdre Chloé dans Tesprit de Valère, son prétendu.

On trouve la chanson de Jean de Lingendes dans le troisième volume du Recueil des plus belles pièces des poètes français (Barbin, 1692), p. 37.

L'éditeur ajoute :

Cette chanson plut si fort à M. le cardinal de Retz, qu^il la fit répéter plusieurs fois à Lambert qui la chantait devant lui.

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