FEUILLE
> Le succès mérité qu'obtint ce morceau nous engage à le citer entièrement :
— De ta tige détachée, Pauvre feuille desséchée, Où vas-tu ? — Je n'en sais rien.
L'orage a frappé le chêne Qui seul était mon soutien.
De son inconstante haleine, 'i Le zéphir ou F aquilon
Depuis ce jour me promène De la forêt à la plaine, De la montagne au vallon.
Je vais où le vent me mène.' Sans me plaindre ou m'effrayer, Je vais où va toute chose. Où va la feuille de rose Et la feuille de laurier.
(Edit. Bossange, Paris, 1820. Tome II, p. 39.)-
L'auteur nous apprend, dans une note, qu'il composa cette fable à la fin de 1815, alors que, forcé de fuir hors de France, il était réfugié à Bruxelles. Les journaux français, soumis à la censure, n'auraient pu imprimer l'ouvrage d'un proscrit. Aussi la fit-on d'abord circuler comme une pièce trouvée par les petits-enfants de M°* de La Sablière dans les papiers de leur grand'mère. Ceci explique pourquoi la paternité de la Feuille put être longtemps contestée à son auteur.
Quand vcas verrez tomber, tomber les feuilles mortes.
Premier vers du refrain de la romance les Feuilles Mortes. Paroles de M. Adolphe Porte, musique de M, Louis Abbadie.
ALEX.. Mus. de la Conv., I. 21