FOI
décembre 1363, après la fuite de son fils le duc d'Anjou. D'après M. Edouard Fournier {l'Esprit dans VHistoire, V^ éd*, p. 113), cette attribution ne remonterait pas au delà de la fin du xvi* siècle, et le mot serait plus probablement du roi François P'. Il invoque à l'appui de cette opinion l'autorité du jésuite espagnol Balthazar Gracian (1584-1668), qui, dit-il, c avait pu l'apprendre à Madrid des gens qui avaient approché le roi chevalier dans sa prison » .
Cet écrivain dit, en effet, dans le 30°"** chapitre de son ouvrage : l'Esprit de saillie et l'art d'avoir de l'esprit, que les maximes royales expriment tantôt la bienfaisance, tantôt la loyauté (fidelidad), c comme cette parole de François P' de France, disant que si la loyauté se perdait, il faudrait la chercher dans le cœur d'un roi » . {Agudeza y Arte de ingenio, Huesca, 1649, in4' ; discurso xxx, p. 208 ou 213 selon l'édition.)
Le jésuite Michel Mourgues reproduit bien encore, en 1695, dans son Recueil d'apophtegmes ou bons mots, la version de Gracian ; mais, dix ans auparavant, Mézeray, dans son Histoire de France (t. III, p. 460), cite cette parole que le roi Jean II disait souvent : c Quand la foy et l'assurance seroient bannies du monde, elles devroient toujours demeurer dans la bouche des Princes. »
Dans un autre recueil ; le Dictionnaire des portraits historiques, (1768, t. II, p. 60 et 312), Lacombe de Prézel était peut-être dans le vrai en prêtant le même mot aux deux souverains, et en supposant que François V n'avait fait que le répéter à l'exemple de son prédécesseur.
Un texte antérieur au règne de François P' viendra peut-être un jour trancher définitivement la question.