FORCE
La force prime le droit,
M. de Bismarck n'est pas, comme on le croit gêné* ralement, l'auteur de cette brutale maxime.
Le 23 janvier 1863, au cours de la discussion de l'adresse à la Chambre prussienne, M. le comte de Schwerin accusa M. de Bismarck de s'être appuyé, dans son discours du même jour, sur ce principe : la force yrime le droit {Macht geht vor Recht). Le ministre-président, absent au moment où ces paroles avaient été prononcées, répliqua en ces termes :
D'après ce que j'entends, Forateur m'aurait compris comme si j'eusse dit : la force prime le droit
Je ne me souviens pas d'avoir réellement employé de pareilles expressions, et, malgré les marques d'incrédulité avec lesquelles vous accueillez ma rectification, j'en appelle à votre mémoire.
L'orateur expliqua qu'il avait seulement conseillé un compromis entre la Chambre et la Couronne, afin de ne pas apporter de retard dans l'exercice du pouvoir.
[Les Discours de M, le comte de Bismarck, tome I p. 26.)
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La pensée que renferme cette formule est de celles qui ont été maintes fois exprimées.
Nous nous bornerons à rappeler la forme non moins heureuse que lui a donnée La Fontaine dans sa fable le Loup et V Agneau (liv. I, x) :
La raison du plus fort est toujours la meilleure.
M. Le Roux de Lincy signale dans un recueil d'Adages français (xvi* siècle) le proverbe : Force passe droit.