FORCE
En 1854, M. Emile de Girardin, à la suite d'une polémique sur le Droit, en arrivait à cette conclusion :
La certitude que j'ai acquise, c'est qu'il n'y a qu'un seul droit au monde : c'est le droit du plus fort...
Après avoir cité l'opinion de quelques philosophes, et cette parole de M . Guizot :
Les droits ne sont rien où n'est plus la force de les faire valoir,
il ajoutait :
Ainsi, plus de doute, plus de vague, plus d'équivoque:
LA FORCE, c'est LE DROIT ; IL N'Y A PAS D'AUTRE DROIT QUE LA FORCE.
{Le Droit, p. 294 et 296.)
Ce n'était pas, bien entendu, un principe qu'il défendait, mais un fait brutal qu'il constatait.
M. de Bismarck a toujours attaché beaucoup d'importance à ce que la maxime qu'on lui attribue ne restât pas attachée à son nom. Par trois fois il s'est énergiquement défendu de l'avoir prononcée, dans ses discours au Reichstag des 12 mars 1869, 1" avril 1870 et !•' avril 1871.
« Nous avons tous assez de force pour supporter
les maux d'autrui. »
La Rochefoucauld. Réflexions ou Sentences et maximes morales, n° 19.
L'éditeur des Grands écrivains de la France rapproche de cette pensée le proverbe : c Mal d'autrui