ALPHONSE
jour, et, à la fin de la pièce, M"*® Guichard le repousse avec horreur en lui disant :
Tu peux garder tout ce que tu as reçu de moi. Et maintenant, file !
Il n'est pas besoin d'autres explications pour faire comprendre le sens infamant que Ton a attaché, en souvenir de cette comédie, au nom d'Alphonse. Il a remplacé avec avantage un autre mot emprunté à la faune maritime, et trop avili par le langage du trottoir pour qu'il soit permis de l'employer dans la bonne compagnie. Il est certain que ce nouveau terme a rendu de réels services en se prêtant à l'expression d'une idée répugnante que l'on ne pouvait rendre que difficilement sans le secours d'une périphrase.
Parmi les causes qui contribuèrent à populariser le nom d'Alphonse, il faut citer le succès d'une chanson licencieuse intitulée la Fainille Alphonse du Grot- Caillou, qui fut inspirée à M. Lacombe, artiste dramatique, par la pièce de Dumas, et la suivit de très près.
Elle ne fut imprimée qu'en 1888 et donna lieu à des poursuites contre l'auteur et l'éditeur (Police correctionnelle, 17 octobre 1888). On nous assure que le malheureux artiste en mourut de chagrin.
M. René de Pont-Jest a raconté gaiement, dans la Revue du Palais du l**" octobre 1898, comment, sans lui, la pièce de Dumas fils se serait appelée non pas Monsieur Alphonse, mais Monsieur Jules (Souvenirs judiciaires, p. 653).
Un jour que tous deux se rendaient à une des premières audiences du procès Bazaine (6 octobre-10 décembre 1873), Dumas lui exposa le sujet de sa comédie.