‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 340 sur 434 · FRÈRE · texte numérisé non relu

FRÈRE

M. Putois, dans les Annales de V Académie de Mâcon (1875, p. 119).

Longtemps avant Emile Deschamps et M. Putois, Tallemant Des Réaux racontait ceci dans ses Historiettes (2' éd., tome X, p. 185) :

On demandait à un Saintongeois : « Est-ce toi ou ton frère qui est mort ? — Ce n'est pas moi, dit-il ; mais j'ai bien été plus malade que lui. »

Remarquons que cette plaisanterie renferme une idée parfaitement juste : sur deux frères, il y en a presque toujours un qui est « M. Un Tel », et Tautre qui n'est que « le frère de M. Un Tel ».

« Un frère est un ami donné par la nature. »

G. Legouvé. La Mort d'Ahel (1792) ; acte III, scène m, vers 9* avant-dernier. Rôle de Gain qui vient de tuer son frère.

On a fait très justement observer que cette parole était assez mal placée dans la bouche de Gain, à une époque où Ton ne pouvait guère choisir d'autres amis que ceux donnés par la nature, Legouvé avait emprunté ce vers à Démétrius, tragédie d'un certain Beaudouin Taîné, épicier-droguiste de Saint-Germain-en-Laye, qui, vers 1784, s'était mis en tête d'écrire pour le théâtre. Démétrius fut joué à Saint-Germain par les acteurs du Théâtre-Français le 8 décembre 1785. Le vers en question se trouve dans le rôle de Philippe II, roi de Macédoine, au V* acte, scène ii. L'auteur avait autorisé cet emprunt.

ALEX., Mus. de la Conv., I. 23

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