FRISSONNER
« Il frissonne, il chancelle... »
Qui ne se souvient d'avoir entendu chanter au II* acte de Guillaume Tell, scène iv, dans l'admirable trio des conjurés, Guillaume, Arnold et Walter :
Il frissonne, il chancelle, à peine il respire.
Au IIP acte de la Belle-Hélène, les acteurs des Variétés, parodiant le fameux trio, chantaient au roi Ménélas cette amusante contre-petterie des paroles de la partition de Rossini :
Il frisselle, il chansonne...
C'est dans une œuvre médiocre d'un de nos grands classiques qu'il faut aller chercher l'origine de cet agréable cliché. Au cinquième acte d'Attila (1667), scène VI, Corneille fait dire à Valamir, roi des Ostrogoths, retraçant les derniers moments du redoutable chef des Huns :
Il frissonnCy U chancelle y il trébuche, il expire...
(Vers 1766.)