FUSILLER
« Fusillez-moi tous ces gens-là ! »
On a bien souvent reproché à M. Challemel-Lacour d'être Tauteur de cette phrase malheureuse, qui, authentique ou non, est restée étroitement liée à son nom. On le lui a rappelé notamment au Congrès de Versailles, le 17 janvier 1895, lors de l'élection présidentielle de M. Félix Faure. Voici dans quelles circonstances le fait se serait produit :
Le 20 septembre 1870, un bataillon de mobiles de la Gironde, commandé par M. de Carayon-Latour, vint occuper Vénissieux, petit village des environs de Lyon.
Quelques jours après leur arrivée, ces jeunes gens enlevèrent un drapeau rouge que la municipalité de cette commune avait cru devoir arborer à la porte de la mairie.
Un rapport, conçu dans les termes les plus malveillants, avait été aussitôt adressé par le maire de Vénissieux à M. Challemel-Lacour, préfet du Rhône depuis le 5 septembre.
Ce rapport aurait été renvoyé au général Bressolles avec cette annotation de la main même du préfet : « Faites-moi fusiller tous ces gens-là. »
Un incident fut soulevé à ce sujet par M. de Carayon- Latour, à TAssemblée nationale de Versailles, le 30 janvier 1873, au cours d'une discussion sur les marchés de Lyon, conclus pendant la guerre. M. Challemel-Lacour répondit : « Je ne puis entrer dans la discussion d'un fait dont ma mémoire n'a gardé aucun souvenir.» Se-