‹ Le musée de la conversation: répertoire de citations françaises, dictons modernes, curiositésChapitre 345 sur 434 · FUSILLER · texte numérisé non relu

FUSILLER

Ion lui, une telle annotation était inadmissible, Terreur était évidente ; il fallait au moins produire la pièce originale.

Peu de jours après, le 17 février, M. de Carayon-Latour reparut à la tribune, et présenta à la Chambre, à défaut du document demandé, qu'on avait en vain recherché, une lettre du général Bressolles, datée du 8 février, qui contenait ces mots :

Je ne puis qu'affirmer votre récit purement et simplement. Sur un rapport adressé contre vous et votre bataillon, qui m'était envoyé par le préfet, se trouvait T annotation suivante : « Faites-moi fusiller tous ces gens-là I >» Signé : Challemel-Lacour. Je ne pouvais, ajoutait-il, prendre au sérieux une pareille note, que M. Challemel-Lacour n'avait pu écrire que par une exagération de sa pensée terriblement dangereuse, il est vrai.

M. Challemel-Lacour, sans contester la parole du général Bressolles, persista à croire à une méprise et, tout en rendant hommage à la valeur des mobiles de la Gironde, produisit un document émané de l'ancien conseil municipal de Vénissieux, dans lequel les faits étaient présentés sous un tout autre jour.

Selon sa version, les mobiles de M. de Carayon-Latour auraient, par leurs désordres et leurs orgies quotidiennes, donné de nombreux sujets de plainte à la population. C'est pour cela que la municipalité aurait demandé au préfet le changement du bataillon. Le maire, M. Balmont, aurait été arrêté par les mobiles et traîné à près de 1 400 mètres de son domicile. Si donc, pour réprimer ces désordres, M. Challemel-Lacour a invité l'autorité militaire à sévir, il n'a fait, dit-il, que son devoir. « Dans quels termes Tai-je fait?... C'est ce qui est et restera sujet à contestation, tant que nous n'aurons pas la pièce. »

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