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ANCÊTRE

alors, dans un salon à Paris, et au milieu d'invités assez nombreux : ]\fais de quoi donc ces gens-là sont-ils si fiers? et ayant reçu cette réponse : De leurs ancêtres, reprit avec énergie : Est-ce que je ne suis pas un ancêtre, moi?

Le même trait a été mis sur le compte de Junot, duc d'Abranlès (1771-1813) et du maréchal Lefebvre, duc de Dantzick (1755-1820).

Cette flère réponse d'un homme qui ne devait ses grades et son titre qu'à ses mérites personnels, rappelle un mot de Voltaire, qui, dans sa jeunesse, recherchait la société des grands, et qui n'eut pas toujours à s'en applaudir.

Vers 1725, dînant un jour chez le duc de Sully, il combattit peut-être un peu trop vivement Tavis du chevalier de Rohan-Chabot, homme dont la conduite passait pour peu digne de sa naissance. « Quel est, dit le chevalier, ce jeune homme qui parle si haut? — Je suis, aurait répliqué Voltaire, le premier de mon nom, et vous le dernier du vôtre, » [Biographie universelle de Michaud.) Le jeune poète paya son audace de quelques coups de bâton.

Il y a plusieurs versions de cette anecdote. Selon Tabbé Du Vernet, qui tenait le fait de Thiriot, Tami de Voltaire, celui-ci aurait dit moins brutalement : « M. le Chevalier, c'est un homme qui ne traîne pas un grand nom, qui fait honorer celui qu'il porte. » {La vie de Voltaire, Genève, 1786, p. 59.)

La réponse de Voltaire semble d'ailleurs inspirée de celle d'Iphicrate à Harmodius, telle que la donne Plutarque dans ses Apophthegmes des rois et des em^pereurs (Œuvres morales, Didot, 1868, t. I, p. 224).

On méprisait Iphicrate parce qu'on le croyait fils d'un obscur artisan. Comme Harmodius lui reprochait

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